Une cellule Daech a planifié des attentats à la fusillade, à la voiture-bélier et aux explosifs à Jérusalem et en Judée-Samarie

 

Le Parquet du district de Jérusalem a déposé des actes d’accusation devant le tribunal de district de la ville contre quatre individus — trois adultes et un mineur — soupçonnés d’appartenir à une cellule terroriste opérant sous l’inspiration idéologique de l’organisation État Islamique (Daech). Les prévenus sont Majed Halayela, 31 ans, Mohammad Sabbah, 22 ans, Omar Abu al-Amal, 26 ans, et un adolescent d’environ 16 ans. Le Parquet demande au tribunal de les placer en détention provisoire jusqu’à l’issue des procédures judiciaires.

Les actes d’accusation, présentés par l’avocat Ariel Elouz du Parquet du district de Jérusalem, dressent le tableau d’une cellule structurée qui avait progressé au-delà du simple discours radical pour entrer dans une phase de préparation concrète d’attentats.

Une radicalisation par les contenus, suivie d’une structuration opérationnelle

Selon l’accusation, les membres de la cellule ont été exposés à des contenus terroristes extrémistes diffusés par l’organisation Daech — notamment des vidéos documentant des actes de violence et des tutoriels de fabrication d’engins explosifs. Cette exposition a débouché sur une adhésion idéologique au mouvement, et pour certains d’entre eux, sur une intégration formelle à l’organisation et des démarches actives de recrutement de nouveaux membres.

En parallèle, les prévenus ont élaboré des projets d’attentats par fusillade, par véhicule-bélier et par engins explosifs à Jérusalem et en Judée-Samarie — avec des cibles identifiées dans la zone de la Porte de Damas (Sha’ar Shechem) et à Kiriat Arba. Ces attentats étaient destinés à frapper des civils et des forces de sécurité.

Une planification dans le détail

Ce qui distingue cette affaire d’une simple radicalisation en ligne est le degré de préparation matérielle et logistique documenté dans les actes d’accusation. Les membres de la cellule se sont réunis à plusieurs reprises, ont visionné ensemble des contenus de Daech, et ont travaillé à la mise au point de leurs modes opératoires — including la fabrication d’engins explosifs et les techniques de tir. Des séances d’entraînement militaire avaient été planifiées dans le cadre de leur préparation aux attentats.

Plus encore, certains membres avaient reçu une formation pratique à la fabrication d’engins explosifs, collecté des renseignements sur des cibles potentielles et procédé à une reconnaissance physique d’infrastructures sécuritaires dans le cadre de leur préparation opérationnelle. Les actes d’accusation précisent que plusieurs scénarios d’attentats différents avaient été effectivement planifiés.

Les chefs d’accusation

Les prévenus se voient notamment reprocher : appartenance à une organisation terroriste, recrutement de membres pour une organisation terroriste, préparation et complot en vue d’actes terroristes, et complot en vue de meurtre aggravé. Ce dernier chef d’accusation — le meurtre en circonstances aggravées — indique que les cibles visées avaient été identifiées avec une précision suffisante pour qualifier l’intention de meurtre prémédité au sens du droit pénal israélien.

L’affaire illustre une dynamique préoccupante : la présence d’une idéologie djihadiste de type Daech opérant indépendamment des organisations terroristes palestiniennes classiques — Hamas ou Djihad islamique — dans les territoires sous contrôle israélien. Si Daech n’a jamais réussi à s’implanter durablement en Israël ou dans les Territoires, des cellules inspirées par son idéologie ont occasionnellement émergé, recrutant parmi des individus marginalisés ou en rupture avec les mouvements islamistes locaux.

La combinaison de modes opératoires — fusillade, véhicule-bélier, explosifs — rappelle précisément les méthodes privilégiées par Daech dans ses attentats en Europe entre 2015 et 2019 et trahit une familiarité avec les manuels opérationnels de l’organisation, diffusés massivement en ligne. La cellule n’avait pas encore frappé, mais les actes d’accusation suggèrent que la barrière entre planification et passage à l’acte était mince.


Cette affaire s’inscrit dans un contexte documenté de démantèlement de cellules terroristes en Israël : Un attentat kamikaze à Tel Aviv et à Jérusalem, et une attaque à la bombe à Itamar ont été évités. Sur la dimension internationale du terrorisme djihadiste visant Israël : Le Mossad dévoile un vaste réseau terroriste iranien : de Téhéran à Sydney, la traque mondiale des tueurs de la République islamique.


 


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