Week-end prolongĂ© aux Emirats : que pensez-vous d’une semaine de travail de 4 jours et demi ?

Ă€ partir de ce week-end, les Émirats arabes unis commenceront Ă  mettre en Ĺ“uvre le nouveau plan de vacances hebdomadaires, et il semble que les travailleurs vont rĂ©aliser des bĂ©nĂ©fices : samedi et dimanche seront des jours sabbatiques dans tout le pays. Le vendredi, jour oĂą vous vous rendez dans les mosquĂ©es, sera dĂ©fini comme une demi-journĂ©e de travail de 4h30, jusqu’Ă  12h00. Chez les princesses de Sharjah, la troisième plus grande et plus conservatrice, elles ont augmentĂ© pour faire du vendredi un jour de sabbat, c’est-Ă -dire quatre jours ouvrables et trois jours de sabbat.

Le grand objectif des Ă©mirats, du moins comme ils le dĂ©clarent, est d’adapter l’Ă©conomie locale aux Ă©conomies mondiales, en particulier les Ă©conomies occidentales, dont le jour du sabbat est le dimanche. La nouvelle semaine de travail s’appliquera au secteur gouvernemental. Qu’en est-il du secteur privĂ© ? Les Ă©mirats disent qu’il y aura une flexibilitĂ© Ă  ce sujet pour que chaque entreprise privĂ©e ajuste son congĂ© sabbatique en fonction de ce qui conduira Ă  la plus grande croissance. Dans la pratique, on peut supposer que le secteur privĂ© s’alignera Ă©galement en grande partie sur la nouvelle semaine de travail, en raison de la dĂ©pendance Ă  l’Ă©gard des facteurs gouvernementaux.

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Au-delĂ  de la rivalitĂ© avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis parviennent Ă  se positionner comme le fer de lance de la rĂ©gion, Ă©galement au niveau politique – Ă  l’instar de la normalisation des relations avec IsraĂ«l
Et maintenant, question importante, les travailleurs Ă©trangers qui constituent la majoritĂ© des rĂ©sidents seront-ils inclus dans le schĂ©ma ? Rappelons que dans les Ă©mirats il y a près de 10 millions d’habitants, dont entre un million et un million et demi sont des Ă©miriens. En supposant que le nouveau schĂ©ma ne s’appliquera qu’au secteur public, moins de travailleurs Ă©trangers en bĂ©nĂ©ficieront, car la plupart d’entre eux travaillent dans le secteur privĂ©.

Au-delĂ  de cette question, il y a ici un point encore plus fondamental : que veulent vraiment les Emirats suite Ă  cette dĂ©cision au-delĂ  de la question Ă©conomique ? En fait, ce que le riche État du Golfe a fait l’annĂ©e dernière en particulier, et ces dernières annĂ©es en gĂ©nĂ©ral, c’est de dĂ©passer ses sĹ“urs du Golfe et ses amis du monde arabe.

Ainsi, derrière les grandes lignes des vacances hebdomadaires, se cache une rivalitĂ© non dĂ©clarĂ©e avec la grande sĹ“ur saoudienne qui cherche aussi Ă  attirer les investisseurs, diversifier son Ă©conomie et ne pas se contenter de miser sur l’or noir qu’est le pĂ©trole. Les Saoudiens s’efforcent d’attirer des entreprises et des marques internationales afin qu’elles puissent ouvrir des succursales avec elles – et Ă  travers la nouvelle semaine de travail, les dĂ©clarations indiquent : « C’est mieux pour vous avec nous ».

Au-delĂ  de cette rivalitĂ© avec les Saoudiens il faut comprendre que les Emirats, pays situĂ© Ă  la pĂ©riphĂ©rie du Moyen-Orient, parviennent dans un vide moyen-oriental Ă  conduire des processus et Ă  se positionner comme le fer de lance de la rĂ©gion. Le niveau Ă©conomique est Ă©vident, et la modification de la semaine de travail est l’un de ces piliers, mais cela concerne aussi le niveau politique – les accords abrahamiques et la normalisation des relations avec IsraĂ«l par exemple, et les niveaux social et culturel – des rĂ©formes importantes dans le domaine personnel lois sur le statut, jusqu’ici assez conservatrices : alcool, relation hors mariage et mariage civil.

Et pourtant, Ă  ne pas confondre, Ă  cĂ´tĂ© de tous ces beaux changements destinĂ©s aux oreilles occidentales, il s’agit d’une sociĂ©tĂ© tribale patriarcale dans la rĂ©alitĂ© est un peu moins pĂ©tillante…