Alors que des pourparlers trilatĂ©raux entre IsraĂ«l, le Liban et les États-Unis sont prĂ©vus cette semaine Ă Washington, une information de CNN publiĂ©e ce lundi matin ouvre une brèche inattendue dans la position israĂ©lienne officielle : selon une source israĂ©lienne, IsraĂ«l envisage d’annoncer des retraits « symboliques » de certaines zones du territoire qu’il occupe au sud du Liban. Ces retraits incluraient le repli de certaines forces de secteurs situĂ©s le long de la Ligne jaune — la dĂ©marcation militaire israĂ©lienne Ă©tablie en avril, après la cessation des hostilitĂ©s qui avait mis fin Ă la première vague d’opĂ©rations intenses.
L’idĂ©e aurait Ă©tĂ© discutĂ©e en amont de trois jours de nĂ©gociations devant se tenir sous les auspices de l’administration Trump. Selon la source de CNN, IsraĂ«l envisage ce retrait limitĂ© comme un « geste » envers le gouvernement libanais, dans le but de favoriser la dynamique diplomatique et de dissocier le dossier libanais des nĂ©gociations entre les États-Unis et l’Iran Ă BĂĽrgenstock.
La Ligne jaune : qu’est-ce que c’est ?
La Ligne jaune est une dĂ©marcation que Tsahal a Ă©tablie unilatĂ©ralement en avril 2026 pour dĂ©finir les contours de la zone de sĂ©curitĂ© qu’il entend maintenir dans le sud du Liban, Ă l’image du dispositif dĂ©jĂ mis en place Ă Gaza. Elle s’Ă©tend sur environ dix kilomètres au nord de la frontière israĂ©lo-libanaise et dĂ©limite un territoire oĂą les habitants libanais ne peuvent pas retourner, et oĂą Tsahal maintient une prĂ©sence active. Cette ligne est venue dĂ©finir la rĂ©alitĂ© de l’occupation israĂ©lienne après que l’armĂ©e a lancĂ© son offensive terrestre en mars 2026, suite Ă la reprise des hostilitĂ©s avec le Hezbollah dans le contexte de la guerre contre l’Iran.
Les retraits symboliques envisagés constitueraient donc un repli depuis certaines positions situées au-delà de cette Ligne jaune — et non un retrait de la zone de sécurité elle-même.
Une contradiction avec les déclarations officielles
Cette information de CNN contraste fortement avec la position publique affichĂ©e jusqu’ici par les responsables israĂ©liens. Dimanche encore, le ministre de la DĂ©fense Israel Katz dĂ©mentait tout retrait du château de Beaufort, l’un des points les plus stratĂ©giques et les plus disputĂ©s de l’occupation actuelle, situĂ© sur une crĂŞte qui a Ă©tĂ© le théâtre de certains des combats les plus intenses depuis mars. Katz et le Premier ministre Netanyahou ont rĂ©pĂ©tĂ© Ă plusieurs reprises qu’IsraĂ«l n’abandonnera pas ce qu’ils dĂ©crivent comme la zone de sĂ©curitĂ© protĂ©geant les communautĂ©s du nord.
Le chef d’Ă©tat-major de Tsahal, le gĂ©nĂ©ral Eyal Zamir, et le commandant des forces armĂ©es libanaises, le gĂ©nĂ©ral Rodolphe Haykal, avaient tous deux visitĂ© le sud du Liban dimanche — deux dĂ©placements parallèles qui illustrent l’intensitĂ© des prĂ©paratifs diplomatiques et militaires de part et d’autre.
Le contexte international pèse lourd sur la marge de manĹ“uvre israĂ©lienne. L’accord de mĂ©morandum signĂ© Ă BĂĽrgenstock entre Washington et TĂ©hĂ©ran a conduit les mĂ©diateurs qataris et pakistanais Ă annoncer la crĂ©ation d’une « cellule de prĂ©vention des frictions » au Liban — mĂ©canisme visant Ă mettre fin aux opĂ©rations militaires dans le pays, sans nommer explicitement ni IsraĂ«l ni le Hezbollah. L’Iran a posĂ© comme condition prĂ©alable Ă toute avancĂ©e dans les nĂ©gociations nuclĂ©aires le retrait israĂ©lien du Liban — une exigence qu’IsraĂ«l rejette catĂ©goriquement depuis le dĂ©but. Le geste symbolique envisagĂ© par JĂ©rusalem pourrait donc ĂŞtre lu comme une façon de concĂ©der le minimum nĂ©cessaire pour maintenir la dynamique des pourparlers de Washington sans reculer sur l’essentiel.
Pour comprendre la construction de la zone de sĂ©curitĂ© israĂ©lienne au Liban : 👉 Discours de Netanyahou Ă la sortie du Chabbat : l’Iran sans bombe, le Hezbollah sous pression, le Hamas dans le viseur
👉 Golani quitte Gaza et monte au Nord — Tsahal redéploie ses forces sur le front libanais






