Herzog : « Je m’oppose aux propos offensants envers les responsables américains, Trump est un partenaire fiable »

Dans un contexte de tensions croissantes entre certains membres du gouvernement israélien et l’administration américaine autour de l’accord négocié entre Washington et Téhéran, le président de l’État Yitzhak Herzog a pris la parole ce lundi matin lors de la conférence de politique internationale du JNS pour réaffirmer, avec une clarté inhabituelle, la solidité de l’alliance israélo-américaine.

« Trump est un partenaire fiable d’Israël, un ami loyal et un allié important », a déclaré Herzog. « En tant que chef du monde libre et président des États-Unis, il a agi avec détermination contre l’empire iranien et a favorisé la stabilité au Moyen-Orient. » Une prise de position directe, au moment même où des voix au sein du cabinet — et jusqu’au Premier ministre Netanyahou lui-même — émettent des critiques à peine voilées à l’égard de la Maison-Blanche sur le dossier libanais.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

La veille, lors de ce même congrès, Netanyahou avait utilisé une métaphore frappante pour illustrer la position israélienne au Liban : « Imaginez que de l’autre côté de la frontière américaine, des milliers de terroristes vous menacent chaque jour, tirent des roquettes, des missiles balistiques et des drones sur vos villes et tuent vos soldats, vos civils, vos enfants. Qu’est-ce que l’Amérique aurait dit ? ‘Arrêtons et attendons’ ? » Il avait ajouté : « Elle aurait tué les terroristes et éliminé la menace. C’est ce qu’elle aurait fait, et c’est ce que nous appliquons. »

Un recadrage clair des excès verbaux

Mais le discours de Herzog ce matin avait aussi un autre destinataire que le public international du JNS : les ministres israéliens dont les déclarations hostiles envers des responsables de l’administration américaine ont provoqué des remous ces derniers jours. « Je rejette totalement les propos offensants adressés aux hauts responsables de l’administration américaine », a-t-il martelé. Sans nommer personne, le message était limpide.

Herzog a insisté sur le fait qu’Israël appréciait la position claire de l’administration américaine concernant le programme nucléaire iranien et les activités régionales de Téhéran. Il a rappelé que les deux pays partagent des valeurs et des intérêts communs, et que la coopération entre eux est indispensable pour faire face aux défis régionaux.

Sur la question iranienne, le président a adopté une ligne nuancée qui se distingue du ton guerrier de certains membres du gouvernement. « Israël ne s’oppose pas à une solution diplomatique à la guerre. Au contraire — nous aspirons à la paix. Nous rêvons de paix sur toutes nos frontières. » Il a cependant posé une condition ferme : tout accord futur doit impérativement empêcher l’acheminement de ressources vers les organisations terroristes et les activités militaires de l’Iran.

Le Liban ne se règle pas avec Téhéran

Sur le dossier libanais, qui cristallise en ce moment les frictions les plus aiguës entre Jérusalem et Washington, Herzog a formulé une position de principe : « Le conflit entre Israël et le Liban doit être résolu par des négociations directes entre les deux États — et non par le chantage iranien. » Il a ajouté que le désarmement du Hezbollah doit constituer « une partie intégrante de toute solution au Liban » et qu’il n’appartient pas à l’Iran de dicter l’avenir du pays des Cèdres.

Cette déclaration intervient alors que les médiateurs qataris et pakistanais venaient d’annoncer la création d’une « cellule de prévention des frictions » au Liban — dans laquelle ni Israël ni le Hezbollah ne sont nommés — à l’issue des discussions de Bürgenstock. Israël avait rejeté publiquement dimanche toute exigence de retrait du sud du Liban, avant de s’enfermer dans un silence éloquent après la publication du communiqué des médiateurs.

Le discours de Herzog s’inscrit ainsi dans une double logique : rassurer Washington sur la loyauté de l’État d’Israël à l’égard de l’alliance, tout en traçant une ligne rouge diplomatique sur le Liban — celle d’un règlement qui passerait par des pourparlers directs israélo-libanais, et non par une formule imposée depuis Genève ou Doha sous influence iranienne.

Pour comprendre la stratégie de Trump face à l’Iran et ses implications pour Israël, lire :
👉 Le jeu dangereux de Trump face à l’Iran — et quel est le lien avec Israël ?

Et pour suivre l’évolution des négociations en cours en Suisse :
👉 Vance toujours en Suisse, les Iraniens sont partis : mises à jour des négociations et le silence d’Israël face à la nouvelle proposition

Banniere Israel Hai