C’est l’une des expĂ©riences les plus choquantes et les plus transformatrices qui m’a touchĂ© vers la fin du mois d’octobre 2003, lorsque j’ai eu la chance de visionner la sĂ©quence originale non reproduite qu’un cameraman palestinien avait tournĂ©e trois ans plus tĂ´t au carrefour Netzarim, le 30 septembre 2000. C’était un coup d’œil pour Talal Abu Rahma, le cameraman palestinien qui a filmĂ© ce que les journalistes ont dĂ©crit plus tard comme une journĂ©e d’Ă©meutes qui a tuĂ© beaucoup de personnes dans la bande de Gaza, y compris le garçon de 12 ans, Muhammad al Durah.
Charles Enderlin, correspondant en chef de France 2, a retransmis le film en reprenant le rĂ©cit de son camĂ©raman: un garçon palestinien innocent, pris pour cible par les FDI, abattu par balle alors que son père implorait les IsraĂ©liens d’arrĂŞter de tirer. C’est devenu instantanĂ©ment une sensation mondiale, enrageant le monde musulman et provoquant des manifestations de colère oĂą des progressistes occidentaux et des musulmans militants se sont unis pour assimiler IsraĂ«l aux nazis. Ironiquement, pour la première fois depuis l’Holocauste, «Mort aux Juifs» a Ă©tĂ© entendue dans les capitales europĂ©ennes. Ă€ partir de ce moment-lĂ , pour beaucoup, IsraĂ«l Ă©tait Ă blâmer pour toute violence, comme un État paria.
MĂŞme si l’enfant Ă©tait mort dans un Ă©change de tirs, en imputant sa mort Ă une action israĂ©lienne dĂ©libĂ©rĂ©e, c’était une diffamation de sang classique: un garçon gentil meurt; les Juifs sont accusĂ©s d’avoir planifiĂ© le meurtre; des foules violentes, invoquant le martyr attaquent les Juifs. En Europe, les attaques provoquĂ©es par la diffamation d’Al Durah Ă©taient principalement de propriĂ©tĂ© juive. Au Moyen-Orient, une nouvelle vague d’attentats suicides, « vengeant le sang de Muhammad al Durah », a visĂ© les enfants israĂ©liens et a reçu l’approbation Ă 80% de la population palestinienne . C’Ă©tait en fait la premiere diffamation de sang post-moderne. La première diffamation pour sang annoncĂ©e par un juif (Enderlin), diffusĂ©e par les mĂ©dias modernes (MSNM) et diffusĂ©e dans le cyberespace Ă un public mondial. Il s’agissait de la première «fausse nouvelle» du 21e siècle, qui a connu un vif succès et, en tant que icĂ´ne de la haine , il a fait des dĂ©gâts immenses.
Mais ça empire. Les Ă©lĂ©ments de preuve ont non seulement dĂ©montrĂ© que les IsraĂ©liens n’auraient pas pu tirer les coups de feu qui ont touchĂ© le garçon et son père, mais tout ce qui se trouve dans le film suggère que la scène a Ă©tĂ© mise en scène. Il n’y avait pas de sang sur le mur ou le sol et des images jamais montrĂ©es au public semblaient montrer que le garçon bougeait après avoir Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© mort. Je me suis mis Ă explorer cette hypothèse mise en scène, soulevĂ©e pour la première fois par Nahum Shahaf et exposĂ©e au public anglophone par James Fallows en 2003.
Et cela m’avait amenĂ© Ă voir ces rushes, les images brutes non Ă©ditĂ©es tournĂ©es ce jour-lĂ en septembre 2000 au carrefour Netzarim. Le film Ă©tait en possession de Charles Enderlin, journaliste franco-israĂ©lien de premier plan et correspondant principal de France 2, employeur du camĂ©raman, Abu Rahma. Il Ă©tait connu pour ne montrer que les rushes aux enquĂŞteurs « de son cĂ´té » mais venant sur la recommandation d’un ami, Enderlin supposait que j’Ă©tais sympathique. Pour le visionnage, j’avais Enderlin Ă ma gauche et Ă ma droite un camĂ©raman israĂ©lien travaillant pour France 2, qui Ă©tait avec Enderlin Ă Ramallah le jour du tournage.
Ce que j’ai vu m’a Ă©tonnĂ©. Scène après scène, les Palestiniens ont mis en scène des scènes de bataille, de blessures, d’Ă©vacuation d’ambulance et de vol paniquĂ©, filmĂ©s dĂ©libĂ©rĂ©ment par le camĂ©raman, tout en restant devant la position israĂ©lienne, sans aucune crainte. A en juger par les 21 minutes de film d’Abou Rahma et les deux heures d’un cameraman de Reuters, au carrefour Netzarim en ce mois de septembre, le «troisième jour de l’Intifada», a Ă©tĂ© le théâtre de plusieurs scènes de fortune sur lesquelles des cameramen, la plupart palestiniens, certains Ă©trangers, ont filmĂ©s des «sĂ©quences d’action» avec des militaires armĂ©s d’armes Ă feu .
Ă€ un moment de notre visionnage, un très grand homme a saisi sa jambe et a commencĂ© Ă boiter lourdement. Peut-ĂŞtre n’avait-il pas feint sa blessure de manière convaincante, peut-ĂŞtre que sa taille dĂ©courageait quiconque de le prendre. En tout cas, seuls les enfants rassemblĂ©s autour de lui, qu’il a chassĂ©s, et, après avoir remarquĂ© que personne ne venait, il est parti sans boiter.
Le cameraman israélien de France 2 a reniflé.
«Pourquoi ris-tu?» Ai-je demandé.
«C’est tellement faux, a-t-il rĂ©pondu.
« Je sais », dis-je en me tournant vers Enderlin, « tout cela semble faux. »
«Oh, ils font ça tout le temps. C’est une affaire de culture » a rĂ©pondu le correspondant principal.
«Alors pourquoi n’ont-ils pas pu faire semblant avec Al Durah?
«Ils ne sont pas assez bons», a déclaré Enderlin. « Ils ne peuvent pas me tromper. »
L’autre chaussure Ă©tait tombĂ©e. Lors de prĂ©cĂ©dentes sĂ©ances avec Nahum Shahaf, le premier enquĂŞteur israĂ©lien (« officieux ») sur l’affaire al Durah, engagĂ© par le commandant sud de Tsahal, Yom Tov Samia, j’avais visionnĂ© plus de deux heures de vidĂ©o de ce jour. Cette sĂ©quence, filmĂ©e par un cameraman palestinien travaillant pour Reuters, m’avait familiarisĂ© avec la pratique palestinienne de la mise en scène, dont la sĂ©quence de base est la suivante: simulez une blessure grave, rassemblez les gens autour de vous, vous relève (souvent brutalement, sans brancards) et vous prĂ©cipite vers une ambulance, des aides saisissant avec impatience les blessĂ©s en fuite, afin de passer Ă la camĂ©ra. Ceux qui portent les blessĂ©s le jettent ensuite Ă l’arrière de l’ambulance, claquent les portes Ă clĂ© et le chauffeur dĂ©colle, les sirènes retentissant. Ce soir-lĂ , vous rentrez chez vous et voyez combien de fois vous avez annoncĂ© la nouvelle.
Je savais dĂ©jĂ que les Palestiniens simulaient des images, mais ce que je comprenais maintenant, c’est que les principaux mĂ©dias, dont le premier impĂ©ratif Ă©tait de filtrer une propagande aussi flagrante, l’avaient acceptĂ©e comme une pratique normale et utilisaient les fakes news pour raconter la «vraie» histoire. Les normes professionnelles applicables aux journalistes occidentaux peuvent rendre mĂŞme la mise en scène de B-roll problĂ©matique. Mais apparemment, au Moyen-Orient, les journalistes occidentaux ont peu de problèmes avec la mise en scène A-roll tant qu’ils peuvent la rĂ©duire en sites crĂ©dibles d’agression israĂ©lienne et de victimisation palestinienne. Le correspondant du vĂ©tĂ©ran des 60 Minutes, Bob Simon, dĂ©crira plus tard le carrefour Netzarim comme le point focal de la nouvelle guerre israĂ©lo-arabe, dans laquelle « plus de 30 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et des centaines d’autres blessĂ©es ».
Pour quiconque est familier avec les normes journalistiques au Moyen-Orient, la pratique de la mise en scène comme une tactique dans la guerre idĂ©ologique et narrative ne doit pas surprendre. En effet, la charte islamique des mĂ©dias de masse adoptĂ©e lors de la première confĂ©rence internationale des mĂ©dias islamiques en 1980 Ă©nonce clairement sa mission: «Combattre le sionisme et sa politique coloniale de crĂ©ation de colonies de peuplement ainsi que sa rĂ©pression impitoyable du peuple palestinien». Ailleurs, la charte dĂ©clare que «les hommes de mĂ©dias islamiques devraient censurer tout matĂ©riel diffusĂ© ou publiĂ© afin de protĂ©ger la Oummah des influences prĂ©judiciables au caractère et aux valeurs de l’Islam et de prĂ©venir tout danger.» Un autre document, Arab Information Charte d’honneur, Ă©laborĂ© en 1978 par le Conseil des ministres arabes de l’information au Caire affirme ce qui suit:
Les mĂ©dias arabes doivent s’intĂ©resser Ă la solidaritĂ© arabe dans tous les documents prĂ©sentĂ©s Ă l’opinion publique intĂ©rieure et extĂ©rieure. Ils doivent contribuer de toutes leurs capacitĂ©s Ă la comprĂ©hension et Ă la coopĂ©ration entre les pays arabes. Il devrait Ă©viter ce qui pourrait nuire Ă la solidaritĂ© arabe et s’abstenir de campagnes personnelles.
En effet, comme l’a souligné un éditeur jordanien, les États arabes ont été les innovateurs de la fausse nouvelle .
Seul un chauvin occidental pourrait imaginer un cameraman palestinien basĂ© Ă Gaza comme Abu Rahma et ne considĂ©rerait pas les scènes mises en scène comme une forme de journalisme acceptable. En fait, Rama a facilement menti Ă la presse et a souri avec charme quand il a Ă©tĂ© attrapĂ©. Il a formulĂ© sous serment des accusations gravissimes contre les FDI, puis les a niĂ©es par tĂ©lĂ©copies inopinĂ©es. Il proclame fièrement sa participation Ă la lutte pour la Palestine et sa dĂ©termination à « continuer Ă se battre avec ma camĂ©ra », comme l’avait fait Rahma en 2001 lors d’une cĂ©rĂ©monie de remise des prix Ă DubaĂŻ.
Quand Esther Schapira, dans son documentaire Trois balles et un enfant mort, a demandĂ© Ă un responsable de la tĂ©lĂ©vision de l’ AutoritĂ© palestinienne pourquoi il avait fusionnĂ© avec le film Al Durah un tir d’un IsraĂ©lien visant son arme (contre la foule en Ă©meute Ă cause du film Al Durah faisant croire qu’il « ciblait » al Durah, il rĂ©pondit:
Ce sont des formes d’expression artistique, mais tout cela sert Ă transmettre la vĂ©rité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques supĂ©rieurs auxquels nous nous engageons Ă raconter la vĂ©ritĂ© et rien que la vĂ©ritĂ©.
Il est plus difficile d’obtenir une expression plus rĂ©vĂ©latrice du vaste fossĂ© qui sĂ©pare (en principe) les attitudes journalistiques professionnelles modernes occidentales Ă l’égard de la «vĂ©rité» et des attitudes prĂ©modernes palestiniennes prĂ©dominantes dans lesquelles la manipulation de preuves pour accuser de meurtre par une vĂ©ritĂ© supĂ©rieure. C’est la distinction entre un monde prĂ©moderne dans lequel les propagandistes ont vendu des diffamations de sang et un monde moderne dans lequel les engagements professionnels sont censĂ©s interdire aux journalistes un tel comportement. La distinction est devenue encore plus complexe Ă mesure qu’une attitude postmoderne s’est enracinĂ©e en Occident, ce qui s’allie au prĂ©moderne qui traite de notions d’«objectivité» avec suspicion et dĂ©dain.
Cet Ă©pisode de Enderlin en 2003 Ă©tait la première fois que je recevais la rĂ©ponse d’un journaliste occidental Ă la falsification assez Ă©vidente: « Mais ils le font tout le temps ».
Quelques mois plus tard, lorsque la mĂŞme sĂ©quence a Ă©tĂ© visionnĂ©e Ă Paris avec trois journalistes «indĂ©pendants» de la MSNM française , ils ont Ă©galement fait remarquer la vaste mise en scène et ont obtenu une rĂ©ponse similaire: « Oui Monsieur, mais vous savez, c’est toujours comme ça , a dĂ©clarĂ© Didier Eppelbaum, le patron d’Enderlin. Ce Ă quoi un des journalistes, respectant son engagement d’intĂ©gritĂ© (mais pas pour longtemps), a rĂ©pondu avec indignation: «Vous le savez peut-ĂŞtre, mais le public ne le sait pas.» En effet, mĂŞme si Enderlin et son patron admettent pense que ce sont des portes closes, Ă ce comportement très peu professionnel pratiquĂ© «tout le temps», selon le dossier, elles affirment exactement le contraire. “ Talal abu Rahma, Enderlin a assurĂ© Esther Schapira en 2007,“Est un journaliste comme moi; c’est un tĂ©moin prima facie. Il m’a dit ce qui s’est passĂ©. Je n’ai aucune raison de ne pas le croire . » Trois ans plus tard, dans son livre qui se justifiait, il expliquait: « Ne manquant jamais de professionnalisme, Talal est une source crĂ©dible et employĂ© par France2 depuis 1988. »
Ce secret public sur la mise en scène gĂ©nĂ©ralisĂ©e d’actualitĂ©s de presse a tellement envahi les cercles journalistiques français qu’un commentateur, Clement Weill-Raynal, l’a invoquĂ© pour Ă©carter les critiques de France2 de l’analyste des mĂ©dias français, Philippe Karsenty. (Enderlin a poursuivi Karsenty pour diffamation de caractère, une affaire qui a pris des annĂ©es.)
Selon Weill-Raynal:
Karsenty est tellement choqué que de fausses images aient été utilisées et montées à Gaza, mais cela se produit partout à la télévision et aucun journaliste de télévision sur le terrain ou éditeur de film ne serait choqué.
Les implications de cette remarque sapent son utilitĂ© mĂŞme dans son argumentation: comment Karsenty peut-il diffamer Enderlin en l’accusant d’utiliser des images mises en scène alors que, comme le reconnaĂ®t ClĂ©ment Weill-Raynal, tout le monde le fait? Ou, Ă©tant donnĂ© qu’il Ă©tait aussi critique envers Enderlin, s’agissait-il d’un commentaire dĂ©libĂ©rĂ©ment sarcastique sur une attitude rĂ©pandue et malhonnĂŞte qui protĂ©geait Enderlin de la critique?
Quoi qu’il en soit, le commentaire rĂ©vèle une situation dans laquelle les mĂ©dias d’information tĂ©lĂ©visĂ©s Ă©taient «dans» un secret qu’ils ont gardĂ© secret. Les Palestiniens ont simulĂ© des scènes et les journalistes ont rĂ©gulièrement Ă©ditĂ© ces images, prenant des petites phrases fiables et crĂ©dibles et les liant pour prĂ©senter le rĂ©cit palestinien de la victimisation par Goliath l’israĂ©lien. En effet, plus d’un commentateur occidental a adoptĂ© le mĂŞme argument «tirĂ© d’une vĂ©ritĂ© supĂ©rieure, utilisĂ© par le propagandiste du PATV. Voici par exemple Adam Rose qui tente de rĂ©futer l’article de James Fallows sur les Ă©vĂ©nements du carrefour Netzarim:
En d’autres termes, au-delĂ des vĂ©ritĂ©s «historiques» de ce qui se passe rĂ©ellement dans des Ă©vĂ©nements «singuliers» particuliers, il existe des vĂ©ritĂ©s «philosophiques» sur ce qui se passe «probablement ou nĂ©cessairement» «universellement» dans certains types d’évĂ©nements… le [le faux] est un authentique symbole de l’occupation israĂ©lienne « .
Ou alors que les manchettes du New York Times défendent les fausses lettres de Dan Rather, commandées par le commandant de George Bush au sein de la Garde nationale, publiées juste avant les élections de 2004, «Les mémos sur Bush sont des faux , des exactes , précise le typiste. «Lorsque la« vérité supérieure »est primordiale, les faits banals et les engagements professionnels cèdent la place.
Et il en a Ă©tĂ© de mĂŞme pour cette sĂ©quence produite par les cameraman de la rue et coopĂ©ratifs palestiniens, dont la plus haute vĂ©ritĂ© est la victime palestinienne. Ainsi, des journalistes talentueux et respectĂ©s comme Enderlin, peut-ĂŞtre inconscients, peut-ĂŞtre indiffĂ©rents, ravis d’avoir du matĂ©riel, pourraient raconter des heurts entre des enfants palestiniens jetant des pierres et des soldats israĂ©liens armĂ©s jusqu’aux dents, et les Ă©maillant d’un grand nombre de victimes victimes, tous Ă ces images de fond de blessure et d’Ă©vacuation. En d’autres termes, B-roll pour les rĂ©cits mortels palestiniens. Et pour Enderlin, l’histoire d’Al Durah Ă©tait crĂ©dible prĂ©cisĂ©ment parce qu’elle « correspondait Ă la situation en JudĂ©e Samarie et dans la bande de Gaza Ă l’Ă©poque ». En d’autres termes, la situation n’Ă©tait pas comme le pensait Enderlin:
En quittant le bâtiment, toujours sous le choc de la rĂ©ponse d’Enderlin – il utilisait le camĂ©raman depuis douze ans, apparemment, il ne le rĂ©primandait jamais pour son comportement peu professionnel! – en pensant Ă la symbiose profonde de la mise en scène palestinienne et des informations occidentales. «C’est une industrie», pensai-je, «une industrie« nationale », comme Hollywood ou Bollywood… c’est Pallywood .
Enderlin avait-il eu le courage de rĂ©agir Ă Al Durah, la propagande mortelle d’Abu Rahma, en le licenciant, et en prĂ©sentant un article sensationnel sur la façon dont son cameraman palestinien avait tentĂ© de le tromper pour qu’il diffuse une scène mettant en scène une diffamation potentiellement meurtrière… il a mis en garde ses collègues journalistes contre le danger pour leur intĂ©gritĂ© professionnelle de faire tourner des sĂ©quences filmĂ©es par des Palestiniens sans vĂ©rifier soigneusement… le cours du Jihad d’Oslo et, avec lui, l’avenir de la sociĂ©tĂ© civile au XXIe siècle aurait pu ĂŞtre très diffĂ©rent.
Ce que j’ai vite dĂ©couvert, c’est cependant l’immense rĂ©sistance de tous, mĂŞme les IsraĂ©liens, Ă tout effort visant Ă changer le rĂ©cit. Mis Ă part quelques sionistes … Comment puis-je espĂ©rer convaincre tous ceux qui doivent veiller Ă sa crĂ©dibilitĂ© que le 21ème siècle a commencĂ© avec une injection massive de fausses nouvelles dans la sphère publique occidentale? Beaucoup moins leur faire penser aux dĂ©gâts causĂ©s par la catastrophe (en cours)… y compris la propagation de fausses informations aux diffĂ©rentes parties d’un MSNM de plus en plus divisĂ©es sur les questions intĂ©rieures…
Presque deux dĂ©cennies plus tard, nombreux sont ceux qui, autrement, seraient d’accord avec mon analyse, considèrent l’histoire comme «une histoire ancienne». Sauf que ce n’est pas; non seulement la collusion Pallywood-MSNM persiste, mais elles se sont propagĂ©es comme une maladie.
Comme David Collier l’a rĂ©cemment notĂ© :
La diabolisation du peuple juif, via une campagne de dĂ©sinformation anti-israĂ©lienne colossale, a infectĂ© toutes les autoritĂ©s locales et tous les Ă©tablissements d’enseignement en Europe. Une tendance antisĂ©mite Ă l’échelle du continent, 70 ans seulement après l’extermination de six millions de Juifs par les EuropĂ©ens. Vraiment Ă©coeurant.
Et ce ne sont pas seulement IsraĂ«l et les Juifs qui souffrent de cette campagne de dĂ©sinformation; comme l’histoire l’a montrĂ© depuis longtemps, la deuxième victime de l’antisĂ©mitisme sont les antisĂ©mites. Si au 20ème siècle, Isaiah Berlin pouvait crier: « L’antisĂ©mitisme dĂ©teste les Juifs plus qu’il n’est absolument nĂ©cessaire », la version du 21ème siècle est « L’antisionisme hait IsraĂ«l mĂŞme quand il vous blesse. » Quoi qu’il en soit, la clĂ© pour rĂ©soudre les dysfonctionnements et la folie qui semblent avoir envahi les sphères publiques occidentales et arabo-musulmanes au XXIe siècle consiste Ă reconsidĂ©rer ce premier cas soutenu de fausses nouvelles au XXIe siècle. Combien de dommages ce flĂ©au doit-il causer avant que les personnes soucieuses de la dĂ©mocratie ne dĂ©crochent? Vous vous ĂŞtes rĂ©veillĂ©?
Ce n’est ni Nihad Awad du Conseil sur les relations amĂ©ricano-islamiques (CAIR), qui a cĂ©lĂ©brĂ© ce 18e anniversaire de ce simulacre calamiteux par un tweet respectueux : En souvenir du #MohamedAlDurrah, un garçon palestinien assassinĂ© par des soldats israĂ©liens il y a 18 ans. #Palestine »
*Richard Landes, historien installĂ© Ă JĂ©rusalem, est prĂ©sident du Conseil des Ă©rudits du SPME . Il est l’auteur de Heaven on Earth: Les variĂ©tĂ©s de l’expĂ©rience millĂ©naire et Ă©crit actuellement. Ils sont tellement intelligents parce que nous sommes tellement stupides: un guide mĂ©diĂ©val du 21ème siècle . Il blogue aux Ă©curies Augean . Son fil Twitter est @richard_landes . Source anglaiseÂ
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Il faut admettre que dans leur esprit « ce qui est utile devient vrai ».
Ainsi, s’il est utile qu’Arafat soit mort au combat, plutĂ´t que d’une maladie dĂ©licate Ă expliquer, alors il devient vrai qu’il a Ă©tĂ© assassinĂ© au polonium, quand bien mĂŞme aucun membre de l’Ă©quipe soignante de Paris, ceux de radiologie Ă©tant pourtant Ă©quipĂ©s de dĂ©tecteurs très sensibles de radioactivitĂ©, n’ayant Ă©tĂ© contaminĂ©.
Est ce possible encore aujourd’hui de diffuser les rushs