Des centaines de juifs ont cĂ©lĂ©brĂ© la fĂŞte de Lag Baomer dans la synagogue Al Gribha sur l’Ă®le tunisienne de Djerba, considĂ©rĂ© comme la synagogue la plus ancienne en Afrique du Nord, dans une atmosphère de joie extrĂŞme.
Les hymnes traditionnels, les processions et les rĂ©unions des Juifs de Tunisie sont arrivĂ©s partout dans le monde et en particulier d’IsraĂ«l et de France, la plupart ont « bu beaucoup d’alcool », a dĂ©clarĂ© Maria Tozri, l’un des participants.
Tozri, est tisserand de laine artisanale et vit sur l’Ă®le et collabore avec de jeunes potiers qui rĂ©novent la cĂ©lèbre cĂ©ramique de l’Ă®le, depuis la grande affluence de pèlerins juifs, qui a triplĂ© le nombre par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.
« Cette année, nous avons célébré la fête comme depuis de nombreuses années, avec un grand nombre de personnes qui ont participé à diverses activités, il y a eu des cérémonies religieuses. Nous avons chanté, allumé des bougies et marché dans les environs de la Gribha «
« Et nous avons aussi mangé les fameux œufs frits enveloppés dans des feuilles de brik et de la liqueur de figues autrement nommé Bokha, » dit-il avec son grand sourire.
Jean de la Goulette, un jeune tunisien rĂ©novateur, a dĂ©clarĂ©, quant Ă lui, que « l’augmentation de la participation est due en partie Ă l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© en gĂ©nĂ©ral et en particulier sur l’Ă®le.
« La police sur place a imposé des imposants contrôles en tout lieu et heure de la journée, devenant quelque chose de lourd pour la présence des visiteurs, » .
Les contrĂ´les ont Ă©tĂ© particulièrement important ce dimanche, le jour oĂą le Premier ministre tunisien Yusef CAHED, accompagnĂ© des ministres du Tourisme, Salma Elloumi, et de l’IntĂ©rieur, Hedi Majdoub se sont rendus sur les lieux.
Dans un bref discours aux autorités juives et pèlerins, le chef du gouvernement tunisien a déclaré que « la Tunisie restera un pays ouvert et où les religions peuvent cohabiter ».
ConsidĂ©rĂ© comme la plus ancienne en dehors d’IsraĂ«l, la synagogue la Gribha est le temple de la plus grande communautĂ© juive en Afrique pouvant faire entrer entre 700 et 800 personnes, a rappelĂ© Yaakov Lelouche, directeur de la fondation « Donnez Ă la  Gribha » ou « Maison mĂ©moire « .
Un temple qui faisait partie du réseau de 600 synagogues répartis dans tout le pays au début du XXe siècle et dont beaucoup ont disparu.
Yaakov a prédit que si le niveau actuel de pèlerinage et les mesures de sécurité continue à croître dans les années à venir, le nombre de personnes qui combinent le tourisme religieux pour des vacances à Djerba sera aussi trés élevé.
La plupart des Juifs qui habitent les deux grands quartiers juifs restent dans cette île touristique.
Une communautĂ© très conservatrice, attachĂ©e aux traditions, qui diminue chaque annĂ©e et reste en partie grâce Ă l’argent qu’il recueille Ă Lag Baomer et par les associations de bienfaisance tels que « Le comitĂ© Jewish Joint Distribution-amĂ©ricain« basĂ©e Ă New York.
Bien que beaucoup partagent l’espace dans le shouk avec leurs collègues musulmans, il y a peu de progrès en matière d’intĂ©gration dans des institutions telles que l’Ă©ducation et la santĂ©, oĂą le contact au cours des dernières dĂ©cennies est respectueux, mais limitĂ©.
Selon les historiens, la prĂ©sence juive sur l’Ă®le de Djerba remonte Ă l’Ă©poque de la première Ă©migration, en 586 avant JC.
En 1948, selon les chiffres du professeur Sergio de la Pergolla, de l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem, 150.000 Juifs vivaient en Tunisie, principalement dans la capitale, la ville voisine de la Goulette et Djerba, mais aussi dans d’autres rĂ©gions du nord, comme Kef et MĂ©denine -limĂtrofe avec l’AlgĂ©rie, dans le sud.
Aujourd’hui, il y a plus de 6000 juifs: la plupart ont Ă©migrĂ© en France et en IsraĂ«l dans les annĂ©es 60, poussĂ©s par la persĂ©cution dĂ©chaĂ®nĂ©e par la population musulmane après la dĂ©faite arabe dans la guerre d’indĂ©pendance d’IsraĂ«l en 1948, en 1956 dans le SinaĂŻ et 1967 lors de la guerre des Six jours avec l’Egypte, la Syrie et la Jordanie.




