Les États-Unis attaquent l’Iran, qui promet une riposte « aujourd’hui »

Le président Donald Trump avait prévenu la veille au soir : « Ils savent qu’on va attaquer aujourd’hui, c’est notre tour. On va les frapper fort — ils nous ont demandé de ne pas le faire. » Plus tôt dans la journée, il avait déjà averti Fox News que les États-Unis allaient « frapper l’Iran fort » et « leur défoncer la carrure ». Quelques heures plus tard, un haut responsable américain confirmait que l’armée des États-Unis avait bel et bien ouvert des vagues de frappes contre la République islamique.

Washington passe à l’action

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Ces frappes constituent les premières attaques américaines directes contre l’Iran depuis que Trump avait suspendu les bombardements vendredi dernier, pour laisser une nouvelle chance à la négociation. Elles interviennent en représailles à l’attaque de missiles iraniens contre une base américaine en Jordanie, survenue la nuit précédente. Vers 3h37 du matin, l’armée américaine confirmait avoir ouvert le feu en réponse aux tirs essuyés par ses forces. Peu après, l’agence iranienne Tasnim rapportait trois explosions sur l’île de Qeshm, affirmant que des missiles avaient touché des zones résidentielles, tandis que des déflagrations étaient également signalées à Bouchehr et dans plusieurs localités du sud du pays. À 5h30, l’armée américaine annonçait avoir achevé cette vague de frappes, au cours de laquelle des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution avaient été visées à l’aide de moyens du Centcom déployés dans la région.

Le Wall Street Journal a par ailleurs révélé, selon des sources proches du dossier, que le commandant du Centcom, l’amiral Brad Cooper, avait préparé une option de campagne aérienne pouvant s’étendre sur deux semaines. Ce plan prévoirait des frappes aériennes intensives de dix à quatorze jours, destinées à paralyser durablement les capacités balistiques de l’Iran. Selon un responsable de l’administration américaine, Trump serait actuellement dans un « état d’esprit d’escalade », tout en continuant de peser « la profondeur de la réponse » à apporter, hésitant depuis des semaines entre la voie diplomatique et l’intensification des frappes.

La veille au soir, une source américaine avait indiqué au New York Times qu’environ vingt conseillers iraniens avaient été tués lors de frappes américano-saoudiennes contre des milices pro-iraniennes en Irak, les sites visés ayant été choisis en raison de la présence de ces conseillers et dans le but de réduire la capacité des milices à tirer des missiles et des drones.

Téhéran hausse le ton

En réaction, l’Iran a riposté par deux vagues de tirs de missiles vers la Jordanie, vers 7h17 du matin. Des explosions ont été entendues sur la base américaine déjà visée la veille, et les autorités jordaniennes affirment avoir intercepté cinq missiles.

Les Gardiens de la révolution ont de leur côté revendiqué un contrôle effectif du détroit d’Ormuz. Selon leur version des faits, deux pétroliers auraient tenté, dans la nuit, encouragés par des appareils américains, d’emprunter une route jugée non sécurisée dans le sud du détroit. Un incendie s’étant déclaré sur l’un des deux navires, ils auraient fait demi-tour précipitamment. Les Gardiens de la révolution ont affirmé : « Nous ne laisserons aucun acteur étranger venu de milliers de kilomètres intervenir. L’agresseur sera puni aujourd’hui même. Les pays impliqués dans le soutien à l’agresseur, s’ils ne changent pas de comportement, recevront une réponse sévère. Le détroit d’Ormuz ne s’ouvrira pas tant que persisteront les provocations et les menaces de la part d’acteurs américains, ainsi que les ingérences dans les opérations maritimes de la région. Les menaces et les ingérences ne feront que compliquer et aggraver la situation. »

Enfin, dans la matinée, deux sources iraniennes ont indiqué au New York Times que l’explosion survenue la veille dans le port égyptien de Damiette résultait d’une attaque de drones, « destinée à démontrer que le transport maritime mondial et l’approvisionnement énergétique pourraient être affectés de manière beaucoup plus large si l’Iran choisissait d’intensifier l’affrontement ». Ces sources n’ont pas précisé si l’Iran lui-même ou une milice régionale soutenue par Téhéran se trouvait derrière cette attaque, ni depuis quel endroit elle avait été lancée.

La situation reste évolutive à l’heure où ces lignes sont écrites, entre menaces croisées, frappes confirmées et incertitude persistante sur l’ampleur que pourrait prendre la réponse américaine dans les jours à venir.

Pour approfondir le sujet, retrouvez également sur infos-israel.news notre analyse sur les accusations iraniennes visant l’implication de l’OTAN dans les frappes américano-israéliennes, notre article sur la carte officielle du détroit d’Ormuz publiée par l’Iran, ainsi que notre décryptage des démentis du Centcom face aux affirmations iraniennes.