La communauté juive de Pittsburgh choquée par le massacre: « Il faudra du temps pour digérer le désastre »

La communautĂ© juive de Pittsburgh, en Pennsylvanie, aux États-Unis, a Ă©tĂ© choquĂ©e par le massacre de la synagogue Etz Hahaim dans lequel 10 personnes ont Ă©tĂ© assassinĂ©es et de nombreux blessĂ©s. Fred Rabner, l’un des fidĂšles de la synagogue, a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait d’une « communautĂ© soudĂ©e » dont les membres ont tĂ©lĂ©phonĂ© pendant la journĂ©e pour s’assurer que leurs proches Ă©taient en vie. « Tout le monde est choquĂ© et tendu », a-t-il ajoutĂ©. « C’est terrible, c’est juste terrible. »

Le tireur, Robert Bowers, a fait irruption dans la synagogue conservatrice du quartier juif de Squire Hill et a ouvert le feu sur les fidĂšles en criant :  « Tous ces Juifs devraient mourir. » Puis il est sorti, a Ă©changĂ© des coups de feu avec la police et il est rentrĂ© dans le bĂątiment oĂč il s’est barricadĂ© et a nĂ©gociĂ© avec lui. Il a finalement Ă©tĂ© attrapĂ© au troisiĂšme Ă©tage de l’immeuble. Peu de temps avant l’attaque, il publia des articles condamnant les Juifs.

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Le professeur Michael Drescher, directeur du service des urgences de Beilinson, a dĂ©clarĂ© que son pĂšre se rendait Ă  la synagogue ce matin lorsqu’il a entendu des coups de feu et remarquĂ© des personnes fuyant pour sauver leur vie. De cette façon, son pĂšre a Ă©tĂ© sauvĂ©, mais son bon ami, qui priait avec lui dans cette synagogue, a Ă©tĂ© touchĂ© au ventre et gravement blessĂ©. « Mes parents sont bouleversĂ©s par l’Ă©vĂ©nement difficile qu’a connu notre communauté », a-t-il dĂ©clarĂ©. « La synagogue est situĂ©e dans un endroit trĂšs central Ă  Pittsburgh, oĂč de nombreux juifs viennent prier et cette synagogue est au centre de la vie juive de la communautĂ© de Pittsburgh. »

Le professeur Derscher, qui se trouve actuellement aux États-Unis, s’est rendu lui-mĂȘme Ă  la synagogue Etz HaChaim, il y a 40 ans. « L’endroit est gardĂ© et ressemble presque Ă  celui de mon jour d’alyah avec la Torah, et chaque fois que je me rends Ă  Pittsburgh, nous passons devant la synagogue », a-t-il dĂ©clarĂ©.

La famille ne sait toujours pas qui a été tué et blessé dans le massacre. « Il y a un gros gùchis, tout le monde est vraiment contrarié ici, il leur faudra du temps pour digérer ce désastre », a-t-il ajouté.

Synagogue "Arbre de vie" à Pittsburgh, PA (Walla News)

David, un Israélien qui vit dans la rue de la synagogue dans le quartier de Squirrel Hill, a déclaré aux médias israéliens, que le réseau des écoles publiques de la ville a organisé cette semaine une réunion sur le problÚme de la police armée dans les écoles. Selon lui, la décision a été rejetée au motif que tous les incidents de tir  dans les écoles ne se déroulaient pas dans de grandes villes. Maintenant, aprÚs le massacre, il pense que la question sera rediscutée.

La synagogue  » Etz HaChaim » est divisĂ©e en trois communautĂ©s. Michael Eisenberg, qui dirigeait la synagogue, a dĂ©clarĂ© que la police Ă©tait gĂ©nĂ©ralement prĂ©sente Ă  la synagogue pendant les fĂȘtes. « En ce jour comme aujourd’hui, la porte est ouverte, c’est une cĂ©rĂ©monie religieuse, vous pouvez entrer et sortir », a-t-il dĂ©clarĂ©. Selon lui, au moment du massacre, la synagogue contient gĂ©nĂ©ralement des dizaines de personnes, dont certaines sont Ă  la priĂšre du sabbat au sous-sol et d’autres Ă©tudient la Torah.

La police sur les lieux d'une synagogue à Pittsburgh, États-Unis, le 27 octobre 2018 (AP, AP)

« C’est la synagogue de mes parents », a Ă©crit une rĂ©sidente du quartier sur son compte Twitter. « J’Ă©tais lĂ  plusieurs fois, c’est un lieu de priĂšre magnifique, le tireur a commencĂ© au Kiddoush, lorsque les familles se sont rĂ©unies, je suis sans voix. »

Le gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf, a dĂ©clarĂ© que c’Ă©tait une tragĂ©die et que de tels Ă©vĂ©nements ne pouvaient ĂȘtre acceptĂ©s comme normaux. « Ces mesures de violence irrationnelles ne sont pas ce que nous sommes en tant qu’AmĂ©ricains », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Mes pensĂ©es se concentrent sur les victimes, sur leurs familles et sur le fait de veiller Ă  ce que les organismes chargĂ©s de l’application de la loi disposent de tous les moyens nĂ©cessaires ».