Nous étions en 1992, Ari Fuld et moi avons été enrôlés dans l’armée israélienne en tant que soldats isolés, et moi, avec mon hébreu moche, je me suis retrouvé choqué par la culture et submergé par cette expérience.
Au centre d’intronisation, l’armĂ©e a empilĂ© du matĂ©riel, des sacs et des papiers sur nous, nous avertissant de ne rien perdre car ils nous ont conduits de salle en salle pour des interviews, des injections et tout le reste sous le soleil.
Ă€ un moment donnĂ©, j’ai rĂ©alisĂ© qu’il manquait l’un des petits sacs d’Ă©quipement que l’armĂ©e venait de me remettre. Je me souviens d’être si Ă©nervĂ©, mais un des nouveaux gars, voyant ma dĂ©tresse, s’est approchĂ© et m’a demandĂ© quel Ă©tait le problème. Il m’a ensuite dit de tenir bon et une minute ou deux plus tard, il est revenu avec un sac de rechange avec tout le matĂ©riel manquant, et il me l’a donnĂ©.
Des annĂ©es plus tard, j’ai rĂ©alisĂ© qu’il m’avait donnĂ© son propre sac, puis il est parti et a remplacĂ© ses propres objets disparus.
C’Ă©tait Yehoshua Friedberg, toujours Ă la recherche de tous les autres.
En mars 1993, juste quelques jours après que je l’eus vu pour la dernière fois Ă JĂ©rusalem en congĂ© de fin de semaine, Yehoshua fut kidnappĂ© et brutalement assassinĂ© par des terroristes arabes.
Ari Ă©tait très proche de Yehoshua et chaque annĂ©e qui suivait, Ari participait Ă l’organisation des arrangements pour son Yahrzeit. Chaque annĂ©e, le jour de la commĂ©moration israĂ©lienne Ă Yom Hazikaron, Ari parlait de Yehoshua aux Ă©tudiants, organisait une visite Ă la tombe de Yehoshua situĂ©e au cimetière militaire de Har Herzl et rĂ©digeait des articles pour prĂ©server son souvenir.
L’annĂ©e dernière, Ari a lui-mĂŞme Ă©tĂ© assassinĂ© par un terroriste. Une fois encore, je me trouve Ă©garĂ© et submergĂ©. Je me demande qui va Ă©crire et parler de Yehoshua.
Au cours des 28 dernières annĂ©es, Ari a contribuĂ©, de diffĂ©rentes manières, Ă interprĂ©ter le monde pour moi. Ari a mis les choses en perspective, les a mises Ă leur place. Il a intĂ©grĂ© nos expĂ©riences dans la vision du monde de la Torah. Il Ă©tait Ă la fois mon professeur et mon co-conspirateur dans la dĂ©fense d’IsraĂ«l et du peuple juif.
J’Ă©tais constamment impressionnĂ© par son attitude extravertie, sa confiance en soi et ses compĂ©tences, que ce soit pour enseigner le judaĂŻsme et IsraĂ«l, pour s’occuper d’individus, pour dĂ©fendre oralement IsraĂ«l contre ses ennemis, ou pour mener physiquement et sans peur l’accusation dans notre unitĂ© antiterroriste.
Ari était un rocher inébranlable sur lequel vous pouviez toujours compter.
Je me sentais comme une Yehoshua bin-Nun auprès de Moshe Rabbeinou, et quand Ari a été assassiné, je me sentais comme si Yehoshua avait dû le ressentir à la mort de Moshe.
Les histoires folles et Ă©tonnantes que j’ai sur Ari sont sans fin. L’annĂ©e dernière, des gens sont venus me rappeler encore plus d’histoires incroyables sur Ari que j’avais complètement oubliĂ©es.
Ari Ă©tait un hĂ©ros dans la vie. Il a apprĂ©ciĂ© la vie. Il a essayĂ© de tirer le meilleur parti de son temps sur Terre – et a appris aux autres Ă faire de mĂŞme. Comme tous ceux qui ont dĂ©jĂ rencontrĂ© Ari vous le diraient, quand vous avez parlĂ© Ă Ari, Ari a accrochĂ© chaque mot que vous avez dit, et vous saviez qu’il vous accordait toute son attention et qu’il se souciait de vous.
Je l’ai dĂ©jĂ dit, Ari avait une âme unique. Le Rav Aharon Bina, notre Rosh Yeshiva, a dĂ©clarĂ© qu’il faudrait des dizaines de personnes pour commencer Ă accomplir ce que Ari a accompli seul en une courte vie.
Maintenant, l’Ă©pouse de Ari, Miriam, des membres de la famille, des amis proches, Rav Bina et moi avons créé une organisation Ă but non lucratif en IsraĂ«l et aux États-Unis pour aider Ă prĂ©server la mĂ©moire de Ari, pour continuer son hĂ©ritage et pour faire progresser ses enseignements et son activisme.
Nous l’avons nommĂ© le projet ARI FULD.www.AriFuld.org
Rav Bina avait raison. C’est une entreprise massive. Nous allons transcrire les vidĂ©os de Ari pour crĂ©er des feuilles hebdomadaires de Parasha et publier des livres de pensĂ©es non publiĂ©es de la Torah d’Ari, compilĂ©s dans des tas de cahiers.
Nous espĂ©rons non seulement faire connaĂ®tre ses enseignements, mais aussi enseigner aux juifs Ă devenir des activistes au nom d’IsraĂ«l et de la nation juive. Nous voulons que l’esprit d’Ari reste vivant et qu’il enseigne aux Ă©lèves juifs l’hĂ©ritage d’Ari, afin qu’ils deviennent eux aussi des Juifs de la Torah actifs, Ă©duquĂ©s et fiers, comme l’a enseignĂ© Ari tout au long de sa vie.
En nous souvenant de la vie d’Ari Ă Yom Hazikaron, nous comprenons notre obligation de poursuivre sa mission. La vie d’Ari a Ă©tĂ© Ă©courtĂ©e, mais la prĂ©servation et la diffusion de son  hĂ©ritage ne font que commencer.
Des magnifiques collines de JudĂ©e, en IsraĂ«l – Am Yisrael Chai.
Par Stephen Leavitt






