Le piège de l’Occident Ă  Poutine ; Il y a plus d’un coupable dans la guerre en Ukraine

Dans les semaines qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l’invasion russe de l’Ukraine, les mĂ©dias du monde entier ont Ă©tĂ© tĂ©moins d’une quantitĂ© sans prĂ©cĂ©dent d’informations et de fuites prĂ©sumĂ©es des agences de renseignement occidentales au sujet de l’invasion imminente de la Russie en Ukraine. Pendant des semaines, les mĂ©dias ont annoncĂ© qu’une invasion n’est qu’une question de temps. Certains ont mĂŞme augmentĂ© les faits et ont affirmĂ© que l’invasion commencerait dans quelques jours, dont certains ont mĂŞme donnĂ© une date et une heure pour l’Ă©vĂ©nement. Inutile de dire que bon nombre de ces rapports et prĂ©visions se sont avĂ©rĂ©s incorrects, pour une raison ou une autre.

La question se pose : pourquoi les gouvernements occidentaux ont-ils pris soin d’inonder les mĂ©dias de ces rĂ©vĂ©lations et fuites ?

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S’agissait-il d’une guerre hybride visant Ă  contrecarrer les plans russes ou s’apparentait-il Ă  une guerre psychologique destinĂ©e Ă  empĂŞcher la guerre actuelle qui a dĂ©jĂ  fait des milliers de morts et plus d’un million de personnes dĂ©placĂ©es ?

Il existe bien sĂ»r une autre possibilitĂ©, qui inclut un regard critique sur les dĂ©cisions amĂ©ricaines et europĂ©ennes vers la Russie, mais surtout vers l’Ukraine – le mĂŞme pays avec lequel le prĂ©sident Biden et tous les dirigeants europĂ©ens se sont rangĂ©s du mĂŞme cĂ´tĂ©. De la mĂŞme manière, l’Occident a menĂ© une guerre hybride contre la Russie ces derniers mois, non pas dans le but de contrecarrer l’invasion mais plutĂ´t de la faire avancer.

Certains crieront en lisant ces mots. Pourquoi l’Occident, qui se targue d’ĂŞtre un « chercheur de paix » et un « gardien de la stabilitĂ© mondiale », voudrait-il consciemment provoquer une guerre qui conduira inĂ©vitablement Ă  blesser et tuer une population civile innocente ? Pourquoi les États-Unis et l’Europe voudraient-ils potentiellement provoquer une autre crise de rĂ©fugiĂ©s sur le sol europĂ©en ?

La rĂ©ponse simple – afin de frustrer Poutine, de le mettre dans la boue ukrainienne, d’utiliser cela comme une bonne raison d’imposer Ă  Moscou des sanctions Ă©conomiques qui entraĂ®neront l’effondrement de l’Ă©conomie du pays. De cette façon, soit le pays s’effondrera finalement et restera Ă  la merci des puissances mondiales, qui en feront ce qu’elles veulent, soit une rĂ©volution gouvernementale s’y produira et Poutine sera Ă©vincĂ©.

La preuve est que ces dernières semaines, Biden n’a cessĂ© de souligner que si la Russie envahissait son voisin de l’ouest, elle ferait face Ă  « des sanctions destructrices jamais vues auparavant ». Le prĂ©sident amĂ©ricain et les hauts responsables de l’administration ont exprimĂ© leur opposition Ă  Poutine, affirmant que la Russie planifiait une invasion et faisant la guerre, tout en refusant de tenir un vĂ©ritable dialogue, après l’Ă©change de lettres entre Moscou et Washington au cours des dernières mois. Et ses craintes se rĂ©alise de manière visible et claire, aujourd’hui.

De plus, l’Occident dirigĂ© par les États-Unis n’a cessĂ© de faire avancer le discours sur l’adhĂ©sion de l’Ukraine Ă  l’OTAN, une question complexe et sensible connue pour ĂŞtre comme une ligne rouge pour Moscou. En effet, l’Ukraine avait et a toujours le droit de dĂ©terminer son avenir, mais des forces importantes et dirigeantes telles que les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union devaient en comprendre l’ampleur pour la Russie. Cela est d’autant plus vrai qu’en 2014 dĂ©jĂ , Poutine a prouvĂ© que l’Ukraine n’Ă©tait plus « juste un autre voisin » pour lui et que son pays Ă©tait capable d’y agir militairement si nĂ©cessaire.

La guerre froide 2.0
Poutine et de hauts responsables du gouvernement se sont prononcĂ©s sur toutes les scènes possibles, affirmant que Moscou ne voulait pas dĂ©clencher une guerre. Jusqu’aux derniers jours avant l’invasion, la Russie a affirmĂ© qu’elle Ă©tait bien consciente de sa responsabilitĂ© pour la stabilitĂ© mondiale et qu’elle n’entreprendrait aucune action militaire Ă  moins d’y ĂŞtre forcĂ©e. Il est facile de penser que cela faisait partie d’une manipulation destinĂ©e Ă  tromper l’Occident. Dans le mĂŞme temps, compte tenu de l’Ă©tat des relations entre la Russie et l’OTAN ces dernières annĂ©es, qui ont souffert de suspicion et d’hostilitĂ© mutuelle, il ne peut ĂŞtre totalement exclu que les mĂŞmes craintes aient Ă©tĂ© et soient toujours, aux yeux des dirigeants russes, rĂ©elles Ă  tous points de vue.

Quoi qu’il en soit, l’Occident a poursuivi le double jeu jusqu’au point de non-retour et avec les accusations rĂ©pĂ©tĂ©es d’escalade de la Russie. La Russie, pour sa part, a apparemment rĂ©alisĂ© qu’elle avait atteint un point oĂą elle n’avait d’autre choix que d’envahir et est entrĂ©e en guerre, ce qu’elle considère Ă  un certain endroit comme une guerre pour la survie. En consĂ©quence, l’invasion a jouĂ© très confortablement entre les mains des États-Unis, avec leurs propres intĂ©rĂŞts en Russie et dans le système mondial.

Et l’Ukraine ? Eh bien, ce n’est pas la première fois que les États-Unis abandonnent ou utilisent leurs alliĂ©s pour faire avancer leurs intĂ©rĂŞts. Il suffit de voir comment Washington a abandonnĂ© Ă  la mort ses alliĂ©s en Afghanistan et laissĂ© des milliers de personnes sans aucune capacitĂ© Ă  se dĂ©fendre contre l’organisation terroriste talibane qui a pris le contrĂ´le du pays, ceci après les avoir utilisĂ©s Ă  l’Ă©poque et leur avoir promis beaucoup pour leur coopĂ©ration. Il s’avère que l’Ukraine n’est qu’un autre Afghanistan – un simple soldat qui est Ă  l’aise pour se sacrifier, afin d’atteindre un objectif plus grand.

Poutine, pour sa part, n’est pas naĂŻf. Il y a et ne peut y avoir de justification pour les actes horribles que la Russie sous son commandement commet contre la population civile de l’Ukraine et ne le sera jamais. Censure des mĂ©dias, incarcĂ©ration de dissidents et de journalistes, rĂ©pression agressive des manifestations pacifiques et de la gestion de l’armĂ©e russe) Ne laissez aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’un dirigeant criminel autocratique indigne de son peuple et de son État et qu’il est temps de le remplacer.

En mĂŞme temps, après avoir examinĂ© tous les facteurs impliquĂ©s dans la terrible guerre qui se dĂ©roule en Ukraine, il faut se garder de tomber dans une perspective purement occidentale qui ferait de la Russie l’Ă©quivalent de l’Allemagne nazie du XXIe siècle. Le point le plus important et le plus triste est que l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un outil dans le jeu plus vaste du nouvel ordre mondial dont l’Occident, dirigĂ© par les États-Unis, se bat de toutes ses forces pour rester la force gĂ©opolitique la plus puissante du monde, en utilisant tous les moyens et outils Ă  sa disposition mais il faudra faire attention Ă  ne pas devenir « Ukraine 2 » elle-mĂŞme.