Après 30 jours d’Ă©chec et d’hĂ©roĂŻsme, l’armĂ©e israĂ©lienne commence Ă tirer des conclusions sur l’avenir de l’armĂ©e : augmenter les effectifs des forces rĂ©gulières et de rĂ©serve et arrĂŞter la fuite des cerveaux grâce Ă une rĂ©compense appropriĂ©e qui rĂ©soudra la « crise ». Si avant le 7 octobre on envisageait de rĂ©duire les escadrons d’hĂ©licoptères de combat, on parle dĂ©jĂ aujourd’hui d’augmenter la flotte.
La guerre des Ă©pĂ©es de fer s’est ouverte de la manière la plus horrible imaginable, si l’on pouvait mĂŞme imaginer un telle situation. L’Ă©chec militaire a Ă©tĂ© colossal : depuis les renseignements qui n’ont pas fourni d’avertissement stratĂ©gique pour la guerre ni d’avertissement tactique clair, en passant par les forces du Commandement Sud et de la Division de Gaza qui ont Ă©chouĂ©, jusqu’Ă la conception de Tsahal au fil des annĂ©es – comme si le Hamas voulais gouverner et non dĂ©truire IsraĂ«l.
Cependant, dès le premier jour, il a Ă©tĂ© possible de comprendre pourquoi Tsahal est bien plus que des armes de dernière gĂ©nĂ©ration et des moyens informatiques sophistiquĂ©s. Les combats en bordure de Gaza ce lsamedi noir, ont Ă©tĂ© parmi les plus hĂ©roĂŻques de l’histoire de la nation.
MĂŞme après cela, sous des vagues de choc et d’anxiĂ©tĂ©, l’armĂ©e israĂ©lienne s’est prĂ©parĂ©e Ă son opĂ©ration la plus Ă©tendue de cette dernière gĂ©nĂ©ration.
Premièrement, l’armĂ©e de l’air a prouvĂ© que, qu’elle Ă©tait une machine de guerre bien huilĂ©e, contre Yahya Sinwar qui a donnĂ© les ordres de ses propres mains et attaquer des civils.
Entre-temps, commençaient les prĂ©paratifs pour la manĹ“uvre terrestre Ă Gaza, que ces derniers qui ont tentĂ© d’empĂŞcher sous prĂ©texte que l’armĂ©e n’Ă©tait pas prĂŞte. Mais trois divisions se sont organisĂ©es, sont parties et depuis dix jours elles se battent dans la zone la plus densĂ©ment peuplĂ©e du monde contre un ennemi entrĂ© dans la clandestinitĂ© et qui l’aide Ă moyens de combat et technologie fournis par les Iraniens.
Par conséquent, outre l’obligation d’enquêter sur les racines de l’échec et d’exiger des responsabilités pratiques de la part des officiers les plus hauts gradés, nous devons honnêtement dire : Tsahal est debout dans un événement aux multiples aspects, dans lequel Gaza concentre la majeure partie de ses forces.
Attention, le Hezbollah passe la vitesse supĂ©rieure (30 tirs hier, un record depuis le dĂ©but des combats ) et le livre n’est pas encore fermĂ© sur l’option d’une guerre Ă grande Ă©chelle sur les deux fronts.
Il ne faut pas oubliĂ© non plus, et bien sĂ»r, la JudĂ©e et la Samarie qui n’est pas devenue la Scandinavie : l’armĂ©e israĂ©lienne y a abaissĂ© le niveau du terrorisme jusqu’à l’époque d’avant l’opĂ©ration H’omot, et cela mĂ©rite Ă©galement une remise en question, puisque cela aurait pu ĂŞtre fait bien plus tĂ´t.
Il s’agit d’un Ă©norme dĂ©fi pour une armĂ©e qui s’est lancĂ©e dans la campagne dĂ©chirĂ©e et courbĂ©e suite Ă la crise politique, mais qui a depuis lors pris de nombreuses mesures appropriĂ©es pour restaurer la confiance : de la performance du porte-parole de Tsahal Ă la pression pour une action sur le terrain contre les sceptiques. En outre, une raison majeure de la rĂ©silience de Tsahal rĂ©side dans ses liens Ă©troits avec les États-Unis, notre alliĂ© le plus important, et plusieurs fonctionnaires et parties prenantes nous ont fait penser qu’il n’y avait pas de vĂ©ritable ami Ă la Maison Blanche.
Avec le soutien absolu du prĂ©sident Joe Biden, y compris une visite historique pendant la guerre, il s’avère que le transfert de Tsahal au CENTCOM (le commandement central de l’armĂ©e amĂ©ricaine) il y a environ deux ans a grandement contribuĂ© Ă la coopĂ©ration, dont la plupart ne peuvent pas ĂŞtre Ă©tendues. Le train aĂ©rien – tout comme la mer – a une ampleur dramatique. « Ce qui a Ă©tĂ© imposĂ© Ă Gaza en un mois est plus grand que ce que nous avons imposĂ© pendant toutes les annĂ©es de combats en Afghanistan », a dĂ©clarĂ© un gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain Ă son interlocuteur israĂ©lien. Avec deux porte-avions, un sous-marin nuclĂ©aire et ce que le prĂ©sident Biden a lancĂ© contre le Hezbollah, il est Ă©vident qu’ils sont sur la mĂŞme longueur d’onde que nous.
Cela ne veut pas dire que Hassan Nasrallah a complètement pliĂ©, et hier le nombre de frictions contre le Hezbollah sur la ligne de contact Ă©tait supĂ©rieur au nombre d’incidents sur le territoire israĂ©lien contre Gaza : Ă partir de lĂ , comme l’opinion publique a dĂ» le constater, le nombre de lancements diminue Ă mesure que Tsahal augmente la pression. La mĂŞme pression a Ă©tĂ© marquĂ©e par les attaques d’hier autour de l’hĂ´pital Shifa. Tsahal ferme le centre sensible, dans le but d’Ă©loigner les civils et de crĂ©er autant de lĂ©gitimitĂ© que possible pour le dĂ©placement des infrastructures du Hamas qui se trouvent sous les lits d’hĂ´pitaux. Dans ce contexte, il convient de noter que le plaidoyer israĂ©lien doit s’intensifier de toute urgence. MalgrĂ© tout, nous approchons d’un point de bascule en termes d’opinion publique mondiale, et les images que le Hamas publiera ne nous aideront pas.
Dans le mĂŞme temps, l’armĂ©e israĂ©lienne ne parvient pas Ă Ă©liminer les hauts responsables au sommet de l’organisation. N’en dĂ©plaise Ă l’annonce quotidienne de l’Ă©limination de l’un ou l’autre « commandant de formation » (les estimations parlent d’environ 15 commandants de bataillon ont Ă©tĂ© tuĂ©s sur environ 3 000 terroristes, sans compter ceux enterrĂ©s sous les Ă©normes destructions dans la bande de Gaza), il sera difficile de faire connaĂ®tre au public israĂ©lien les coĂ»ts de la guerre (en corps, en âme et en argent) sans la fin des chefs des chefs de l’empire du mal, tels que Sinwar, Muhammad Daf et Marwan Issa, Khaled Meshaal, Ismail Haniyeh et Saleh al-Aaruri.
De plus, les habitants en bordure de Gaza n’ont pas encore reçu de rĂ©ponse Ă la question de savoir quoi sera considĂ©rĂ©e comme une situation sĂ»re dans laquelle ils pourront retourner dans leurs maisons dĂ©truites. Évidemment, pour l’instant – ce n’est pas encore le cas. L’armĂ©e israĂ©lienne doit Ă©galement dĂ©cider bientĂ´t comment faire face Ă la menace de la force Radwan dans le nord, qui peut Ă©galement transformer la ligne frontaliere en une zone fantĂ´me.
Mais l’armĂ©e sait anticiper lorsqu’il s’agit de la reconstruction de la force, selon les constatations faites au cours de ces 30 jours : les hauts responsables parlent d’une armĂ©e plus grande en rĂ©gulier et en rĂ©serve, annulant le raccourcissement du service et annulant Ă©galement le modification de l’âge d’exonĂ©ration dans la rĂ©serve.
Si avant le 7 octobre on envisageait de supprimer certains escadrons d’hĂ©licoptères de combat, on parle aujourd’hui d’augmenter la flotte. Et peut-ĂŞtre le plus important de tous : ils devront enfin trouver une solution au modèle de service permanent, qui sera accompagnĂ©e d’une compensation appropriĂ©e.
Avec tous les autres problèmes, l’armĂ©e israĂ©lienne est entrĂ©e dans la guerre au plus fort de la « crise de l’Axe » – la fuite des cerveaux qui a laissĂ© les officiers du grade de major et au-dessus avec des dĂ©ficiences dramatiques dans les postes technologiques. La motivation pour le service au combat a Ă©galement diminuĂ©, mĂŞme si une guerre sans choix comme celle dans laquelle nous nous trouvons a tendance Ă amĂ©liorer la courbe. Pour tout le reste, un profond changement mental et culturel est nĂ©cessaire sur toute la voie : au sein du gouvernement (y compris les partis ultra-orthodoxes), dans l’armĂ©e et dans la sociĂ©tĂ©. Le mois dernier nous a obligĂ©s Ă nous mettre devant le miroir et Ă poser les questions les plus difficiles.





