Sderot s’apprête à devenir un laboratoire à ciel ouvert pour la gestion des crises. La ville, devenue depuis la guerre déclenchée le 7 octobre un symbole de la capacité à tenir face à l’adversité, sera la première en Israël et dans le monde à se doter d’un simulateur urbain de pointe destiné à former les forces d’urgence et les décideurs locaux.
Le projet est porté conjointement par deux acteurs aux compétences complémentaires. D’un côté, Rafael, le géant israélien spécialisé dans le développement de systèmes d’armement avancés, qui compte également les simulateurs parmi ses domaines d’expertise. De l’autre, la société In3D, dont le cœur de métier est la conception de simulateurs de nouvelle génération combinant les technologies XR, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle.
Une ville entière recréée pour anticiper la prochaine crise
L’objectif affiché du projet est clair : offrir aux autorités locales et aux organismes d’urgence un environnement d’entraînement à la hauteur des défis actuels, capable d’améliorer la préparation opérationnelle, de renforcer la coordination entre tous les intervenants et d’affiner la prise de décision lors d’événements complexes — avant même que ceux-ci ne surviennent.
Concrètement, le dispositif prendra la forme d’un espace d’entraînement structuré autour de quatre zones physiques distinctes, chacune conçue pour reproduire une facette différente de la gestion de crise. Deux de ces zones seront consacrées à l’entraînement par réalité virtuelle. Une troisième fera office de centre de commandement opérationnel, équipé d’ordinateurs, d’écrans, de systèmes de communication ainsi que d’outils de commandement et de contrôle. La quatrième, enfin, sera la pièce maîtresse du dispositif : un dôme LED de pointe culminant à 3,5 mètres de hauteur pour un diamètre de cinq mètres, destiné à offrir une expérience de simulation aussi immersive que réaliste.
Du terrorisme aux cyberattaques : un éventail de scénarios
Ce qui distingue ce système, c’est sa capacité à reproduire n’importe quelle ville générique du monde, et donc à faire tourner une large palette de scénarios de crise. Les équipes pourront s’entraîner face à des attentats terroristes, des situations de guerre, des catastrophes naturelles, des épidémies, des cyberattaques, des fuites de matières dangereuses, des accidents de la route ou encore d’autres types d’événements d’urgence.
L’ensemble des espaces sera relié à un poste de pilotage central, qui permettra de faire collaborer en temps réel les équipes déployées sous le dôme, le commandement installé dans le centre opérationnel et les équipes de secours sur le terrain. Ce poste central pourra également superviser l’exercice en direct, suivre pas à pas les décisions prises par les participants, mesurer leurs performances sous pression, puis conduire un débriefing approfondi à l’issue de chaque session.
Des personnages virtuels pour simuler le facteur humain
Le simulateur ne se contentera pas de recréer des décors et des scénarios matériels. Il intégrera également des personnages générés par intelligence artificielle, conçus pour incarner des victimes en état de traumatisme ou d’anxiété dans des situations d’urgence. L’idée est de permettre aux forces en formation de s’exercer à gérer les dimensions émotionnelles et comportementales propres aux événements de catastrophe, et pas seulement leurs aspects logistiques ou tactiques.
Autre particularité du dispositif : la présence de capteurs capables de mesurer le niveau de stress des personnes en formation. Cette donnée doit permettre de mener, après chaque exercice, un débriefing d’une précision inédite à cette échelle dans le monde.
Une ville numérisée dans ses moindres détails
Le trait le plus singulier de ce simulateur reste sans doute sa capacité à reproduire une ville dans son intégralité, à partir d’un travail de numérisation et de modélisation numérique de l’ensemble de ses rues et de ses bâtiments. Grâce à cette base, le système permettra de simuler un événement d’urgence, d’ajuster les scénarios en fonction d’informations de renseignement actualisées, de modifier la position du personnel, des lieux d’incident, des forces d’urgence ou encore des civils, et de générer des scénarios dynamiques évoluant en temps réel selon les décisions prises par les participants.
L’article original est signé Lior Novik et a été publié le 21 juillet 2026 à 21h44 sur le site de Maariv.
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