Les vidĂ©os dĂ©chirantes d’Argamani emmenĂ©e Ă moto Ă Gaza par des monstres humains ont Ă©tĂ© gravĂ©es dans la mĂ©moire de nous tous, et la voir aujourd’hui libre, libĂ©rĂ©e, souriante et dansante, Ă©voque en nous des sentiments de satisfaction et d’Ă©motion qui s’ajoutera, quand tous les autres otages seront Ă©galement libĂ©rĂ©s et nous redonnera le sourire et l’espoir.
Les dĂ©tracteurs, qui ne se sont mĂŞme pas cachĂ©s sous une fausse identitĂ© sur les rĂ©seaux, l’ont attaquĂ©e en affirmant qu’elle et son père Ă©taient un couple parfait pour le Likoud, en se moquant de « la kippa du père, devant le string de la fille, qui crie vraiment, emmène-moi Ă la Likudiada ».
Ou l’ont insultĂ© avec des mots directs comme : « C’est quoi ce string devant les camĂ©ras ? Ce n’est pas appropriĂ©. Faire la fĂŞte avec son père mais pas avec ce maillot de bain. L’essentiel c’est que la couleur est jaune. » Quelqu’un d’autre a Ă©crit : « Je me sentais mal Ă l’aise qu’elle fasse la fĂŞte et danse alors qu’il y a tant de personnes enlevĂ©es Ă Gaza et qu’elle a vĂ©cu une tragĂ©die personnelle il y a environ un mois et en string Ă cĂ´tĂ© de son père. »
Je me demande qui vous ĂŞtes, ces gens qui se permettent de juger une jeune fille qui vient de sortir des griffes du mal et qui a traversĂ© une souffrance indescriptible qui l’accompagnera pour le reste de sa vie, et aujourd’hui elle veut se libĂ©rer un peu de tension et se dĂ©barrasser pendant quelques petits instants des souvenirs difficiles lors d’une fĂŞte avec des amis proches. De quel droit osez vous juger une jeune femme dont le seul pĂ©chĂ© Ă©tait de sortir un beau jour pour passer du temps avec son partenaire lors d’une fĂŞte, et sa vie est instantanĂ©ment devenue un enfer sur terre.
Qui êtes vous pour juger et critiquer après l’épreuve qu’elle a traversée ? Les familles des personnes enlevées n’osent pas se lamenter et se plaindre, et vous ? Au nom de qui dirigez-vous vos critiques injustes ? Certainement pas au nom de la liberté d’expression, car cela ressemble à une liberté de calomnie et d’humiliation pour quelqu’un qui, après tout, voulait gérer sa douleur à sa manière.
Je n’oserais mĂŞme pas la juger si elle demandait qu’on Ă©pargne les habitants de Gaza qui traversent eux aussi des moments difficiles. Je ne me permettrais pas non plus de la juger si, Ă©trangement et inhabituellement, elle Ă©tait atteinte du syndrome de Stockholm, phĂ©nomène dans lequel un captif montre une certaine affection pour son ennemi, s’il la traitait avec un certain degrĂ© d’humanitĂ©.
N’oublions pas que Noa Argamani n’est qu’une personne privĂ©e, qu’elle n’est pas un reprĂ©sentante publique, qu’elle n’est la propriĂ©tĂ© de personne et qu’elle n’a pas choisi une vie publique, mais est devenue Ă contrecĹ“ur l’un des symboles du 7 octobre en IsraĂ«l et du monde, l’histoire tragique de sa famille est devenue connue dans le monde entier, et non par choix, elle a donc le droit de faire ce qu’elle veut.
MĂŞme si la façon dont elle a choisi de cĂ©lĂ©brer la libertĂ©, avec des bikinis ou des tongs ou des plumes de danseuses , est inappropriĂ©e aux yeux de certaines personnes, vous devriez vous taire et garder vos opinions pour vous. Après toutes les souffrances endurĂ©es par Noa , qui sommes-nous pour la juger ? Son droit d’ĂŞtre heureuse ou triste comme elle le souhaite.
Le string qu’elle portait n’indique pas ce qui se passe dans son cĹ“ur et les cauchemars qui la hantent la nuit au lit, lorsqu’elle doit affronter des souvenirs douloureux. Elle n’a de compte Ă rendre Ă personne et elle n’a pas Ă©tĂ© condamnĂ©e dès son jeune âge Ă faire son deuil toute sa vie. Il y a aussi la vie au-delĂ de la douleur, il y a un temps pour ĂŞtre heureux et il y a aussi un temps pour pleurer et si vous ne pouvez pas vous mettre Ă sa place pour sympathiser avec elle ou ĂŞtre heureuse pour elle, il vaut mieux que vous vous taisiez.





