Le juge Solberg critique l’armĂ©e israĂ©lienne : « Vous auriez dĂ» dĂ©molir des maisons sans attendre la Haute Cour »

La Haute Cour de justice a rejetĂ© les requĂŞtes contre la dĂ©molition de bâtiments Ă  JĂ©nine dans le cadre d’une opĂ©ration de sĂ©curitĂ© de Tsahal. Le juge Noam Solberg a estimĂ© que l’armĂ©e n’Ă©tait pas tenue d’attendre la dĂ©cision du tribunal avant de mener l’opĂ©ration.

La Haute Cour de justice a rejetĂ© aujourd’hui (dimanche) trois requĂŞtes dĂ©posĂ©es contre le projet du commandant militaire de dĂ©molir des dizaines de bâtiments dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de JĂ©nine, dans le cadre d’une activitĂ© dĂ©finie par l’État comme prĂ©sentant un « besoin Ă©vident de sĂ©curitĂ© ». Les requĂŞtes, dĂ©posĂ©es par l’Association pour les droits civiques, la municipalitĂ© de JĂ©nine et des rĂ©sidents locaux, portaient sur des violations des droits des rĂ©sidents, des allĂ©gations d’absence de procès Ă©quitable et de non-respect des normes du droit international.

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Le juge conservateur Noam Solberg , qui a donnĂ© raison Ă  l’État, s’est distinguĂ© dans sa dĂ©cision en exprimant ouvertement des rĂ©serves quant Ă  l’idĂ©e que Tsahal aurait dĂ» attendre une rĂ©ponse juridique avant de mener l’opĂ©ration. Selon lui, « Ă©tant donnĂ© qu’aucune ordonnance provisoire n’avait Ă©tĂ© Ă©mise, et compte tenu de la nĂ©cessitĂ© militaire Ă©vidente et immĂ©diate, Tsahal n’aurait pas dĂ» attendre qu’une dĂ©cision soit prise sur les demandes d’ordonnance provisoire. »

Solberg a également mis en garde contre « un contrôle judiciaire en temps réel des activités opérationnelles urgentes », qui, selon lui, pourrait mettre en danger la vie des soldats. Ces éléments reflètent une perception selon laquelle la Cour suprême a également du mal à équilibrer le contrôle judiciaire avec le désir de ne pas faire obstacle aux services de sécurité – même au prix de nuire à la population civile.

La nécessité militaire opérationnelle prime sur l’obligation de préserver l’intégrité des biens.
Solberg, ainsi que la juge Gila Kanfi-Steinitz, qui prĂ©sidait le panel, et la juge Ruth Ronen, ont convenu de rejeter les pĂ©titions, tout en acceptant la position de l’armĂ©e concernant la nĂ©cessitĂ© de l’action. Kanfi-Steinitz a rĂ©itĂ©rĂ© les principes de la Haute Cour selon lesquels « la nĂ©cessitĂ© militaro-opĂ©rationnelle l’emporte sur l’obligation de maintenir l’intĂ©gritĂ© de la propriĂ©tĂ© », et a soulignĂ© que chaque structure est examinĂ©e individuellement.

Avec la publication du verdict, les services de sĂ©curitĂ© ont reçu le feu vert pour procĂ©der aux dĂ©molitions prĂ©vues, qui comprennent la destruction de dizaines de propriĂ©tĂ©s dans le camp de rĂ©fugiĂ©s de JĂ©nine. Bien que le tribunal ait reconnu que cette action avait de graves consĂ©quences pour les habitants de la zone, il s’est abstenu de fixer des limites claires pour l’armĂ©e israĂ©lienne. La question reste ouverte : le tribunal se contentera-t-il Ă  l’avenir d’une confiance fondamentale dans l’armĂ©e, ou devra-t-il procĂ©der Ă  un examen plus approfondi des limites du pouvoir opĂ©rationnel au regard des droits individuels ?