90 ans après sa mort, la France va promouvoir Alfred Dreyfus au grade de général à titre posthume

Dans une dĂ©marche historique visant Ă  corriger une erreur historique, la Commission de la DĂ©fense de l’AssemblĂ©e nationale française a approuvĂ© Ă  l’unanimitĂ© jeudi un projet de loi visant Ă  promouvoir Ă  titre posthume le capitaine Alfred Dreyfus au grade de gĂ©nĂ©ral de brigade .

L’initiative, prĂ©sentĂ©e par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal , sera soumise Ă  un vote parlementaire complet le 2 juin et pourrait ouvrir la voie Ă  un hommage Ă  Dreyfus au PanthĂ©on, le site commĂ©moratif le plus prestigieux du pays.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Dreyfus, officier juif de l’armĂ©e française, fut injustement condamnĂ© pour trahison en 1894, Ă  la suite d’une affaire montĂ©e de toutes pièces et alimentĂ©e par des motivations antisĂ©mites . Il fut condamnĂ© Ă  la prison Ă  vie sur l’Ă®le du Diable , après cinq annĂ©es d’exil et d’humiliations, avant d’ĂŞtre totalement disculpĂ© par la Cour de cassation française en 1906 .

Il reprit son service militaire et servit plus tard pendant la Première Guerre mondiale , mais les cicatrices de l’injustice persistèrent. Il mourut en 1935, et son nom est depuis devenu un symbole mondial de l’antisĂ©mitisme , des fausses condamnations et du combat pour la justice.

Les promoteurs du projet de loi ont soulignĂ© que la peine de cinq ans « a portĂ© un prĂ©judice irrĂ©versible Ă  la carrière militaire de Dreyfus » et que s’il n’avait pas Ă©tĂ© faussement accusĂ©, il aurait probablement atteint un commandement supĂ©rieur.

L’ambassade de France en IsraĂ«l a publiĂ© une dĂ©claration saluant cette initiative :

« Il n’y a pas de place pour l’antisémitisme – passé ou présent – ​​dans la République française. »
Le Panthéon, ensuite ?
L’historien français Philippe Oriol , spĂ©cialiste de l’affaire Dreyfus, a qualifiĂ© cette promotion d’« acte symbolique puissant », tout en soulignant que « l’objectif est d’honorer un homme, et pas seulement un moment de l’histoire ».

Le petit-fils de Dreyfus, Charles Dreyfus , a déclaré que ce geste était attendu depuis longtemps :

C’est douloureux que cela n’ait pas Ă©tĂ© fait de son vivant, mais c’est une dĂ©claration puissante. Elle montre ce que l’antisĂ©mitisme peut dĂ©truire et comment une nation peut tenter d’y remĂ©dier.