500 policiers, sécurité renforcée pour les Juifs : le plan de la Grande-Bretagne pour lutter contre l’antisémitisme

Sur fond de flambée de l’antisémitisme en Grande-Bretagne, les communautés juives du pays vont bénéficier d’un renforcement majeur de leurs dispositifs de sécurité. Le gouvernement britannique a annoncé un investissement de plus de 250 millions de livres sterling (environ un milliard de shekels) sur les trois prochaines années pour renforcer la protection des institutions et communautés juives.

Ce budget permettra de déployer 500 policiers supplémentaires à travers l’Angleterre et le Pays de Galles, qui viendront renforcer la présence policière dans les quartiers juifs et assureront la sécurité des écoles, synagogues et centres communautaires. Une partie des fonds sera également consacrée au renforcement des capacités nationales britanniques et à l’amélioration de la lutte antiterroriste, dans le but qu’aucune communauté religieuse ne se sente menacée.

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Sur les 500 nouveaux policiers, 300 seront déployés à Londres

Cette somme financera également la poursuite du projet « Shomrim », qui place des experts et des policiers en civil au sein même de la communauté, formés pour repérer toute activité suspecte et identifier les personnes se préparant à commettre des crimes graves.

Cet investissement d’un montant record va se traduire par une hausse de la présence policière dans les zones clés. Le plan prévoit notamment 300 policiers supplémentaires qui seront présents dans les communautés juives de Londres — qui abrite 54 % de la population juive d’Angleterre et du Pays de Galles — ainsi qu’environ 80 policiers de plus dans la région du Grand Manchester, en plus de 43 millions de livres sterling (environ 173 millions de shekels) destinés aux forces de police d’autres zones comptant des populations juives significatives.

« Un financement record pour aider à protéger les Juifs »

À la suite d’une série d’attaques incendiaires à Londres et du relèvement du niveau de menace terroriste national de « substantiel » à « grave », les efforts pour protéger les communautés juives se sont intensifiés dans l’ensemble du gouvernement britannique, non seulement pour protéger ces communautés, mais aussi pour s’attaquer aux racines de l’antisémitisme.

La ministre britannique chargée de la Police et de la Lutte contre la criminalité, Sarah Jones, a déclaré : « Après une série d’attaques choquantes contre les communautés juives, la décision difficile a été prise de relever le niveau de menace à « grave ». Mes pensées vont toujours aux victimes de ces attaques abjectes. Aujourd’hui, nous allons de l’avant et accordons un financement record pour aider à assurer la sécurité des Juifs de Grande-Bretagne, pour soutenir une présence policière visible et une protection autour des synagogues, écoles et centres communautaires. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour débarrasser notre société du fléau malveillant de l’antisémitisme. »

Plus tôt cette année, le ministère britannique du Logement, des Communautés et des Collectivités locales avait annoncé l’ajout d’un million de livres sterling supplémentaire (environ 4 millions de shekels) pour élargir le programme communautaire commun de soutien aux communautés à risque d’antisémitisme, ainsi qu’un demi-million de livres sterling supplémentaire pour le conseil du district de Barnet, à la suite de sa demande de soutien gouvernemental après l’attentat terroriste survenu à Golders Green.

Le gouvernement a également investi environ 7 millions de livres sterling (environ 28 millions de shekels) dans la lutte contre l’antisémitisme dans les écoles et l’enseignement supérieur, tandis que la loi sur la sécurité en ligne oblige désormais les entreprises technologiques à retirer de leurs plateformes tout contenu illégal, y compris le contenu antisémite.

Les services de santé nationaux et le ministère de l’Éducation britanniques ont également lancé des contrôles d’urgence sur l’antisémitisme dans les écoles et le système de santé, qui ont eux aussi souffert de cette vague.

La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a déclaré : « Il n’y a pas de place dans notre pays pour le poison de l’antisémitisme, et nous nous tenons aux côtés de nos communautés juives. Cet argent permettra d’avoir plus de policiers dans les rues et une protection plus solide dans les zones communautaires, afin de garantir à leurs membres la protection dont ils ont besoin pour vivre en paix. »

Cette annonce s’ajoute à des annonces précédentes du gouvernement britannique, plus tôt cette année, concernant l’allocation de 25 millions de livres sterling (environ 100 millions de shekels) pour le financement immédiat de la protection des communautés juives. Grâce à cet engagement à plus long terme, les forces de police pourront assurer davantage de patrouilles à forte présence et un engagement communautaire renforcé dans les zones comptant des communautés juives importantes, notamment autour des synagogues et des écoles, au cours des trois prochaines années.

Les patrouilles seront renforcées lors des périodes de vulnérabilité accrue de la communauté, et offriront une sécurité visible ainsi qu’une aide à la prévention des crimes de haine et des incidents antisémites. Les policiers pourront également travailler plus étroitement avec les communautés juives grâce à une présence permanente dans les communautés à travers le pays, en renforçant les liens avec les représentants des groupes et des lieux de culte.

La hausse de l’antisémitisme en Grande-Bretagne se traduit par des niveaux historiques d’incidents anti-juifs, plus de la moitié des cas étant directement liés aux événements au Moyen-Orient. L’atmosphère tendue dans le royaume entraîne un sentiment d’insécurité généralisé au sein de la communauté juive locale.

L’organisme de sécurité de la communauté juive britannique, le CST, avait recensé environ 3 700 incidents antisémites en 2005 — l’une des années les plus difficiles jamais documentées dans le royaume. Plus de 50 % de l’ensemble des incidents comportaient l’usage d’un langage antisémite, des insultes, ou des intentions liées à Israël, à la Palestine ou à la guerre. L’année écoulée s’est caractérisée par un nombre sans précédent de cas de violence extrême, aux côtés d’attaques incendiaires visant directement des biens de la communauté juive, notamment des synagogues.

Selon des rapports officiels, l’antisémitisme est devenu plus répandu et plus ancré dans différentes strates de la société britannique, y compris au sein des classes moyennes et des systèmes éducatifs.

Sur ce sujet, notre rédaction avait déjà couvert l’attentat antisémite de Manchester survenu à Yom Kippour, ainsi que l’incendie criminel visant des ambulances de la communauté juive à Londres.