Après l’Iran, une autre « bombe islamique » dans le viseur stratégique ? Les regards se tournent vers le Pakistan

Alors que la confrontation entre Israël et l’Iran domine l’actualité sécuritaire, des médias indiens évoquent un scénario prospectif plus large : la possibilité que le Pakistan devienne, à terme, un sujet de préoccupation stratégique majeur pour Jérusalem.

Il ne s’agit pas d’une opération en cours, mais d’une analyse géopolitique fondée sur plusieurs éléments historiques et actuels : prolifération nucléaire passée, rapprochements sécuritaires régionaux et déclarations belliqueuses.

Le Pakistan, seule puissance nucléaire musulmane

Pakistan est aujourd’hui le seul État à majorité musulmane disposant officiellement de l’arme nucléaire. Son arsenal est parfois qualifié, dans certains milieux, de « bombe islamique » — une expression politiquement sensible renvoyant à l’idée d’une dissuasion au bénéfice du monde musulman.

Historiquement, la doctrine nucléaire pakistanaise vise principalement l’Inde. Toutefois, le pays reste l’un des rares États nucléaires à avoir régulièrement évoqué la possibilité d’un usage en cas de conflit majeur.

L’héritage de la prolifération : le réseau A.Q. Khan

Le nom le plus associé à la controverse nucléaire pakistanaise est celui de Abdul Qadeer Khan, architecte du programme atomique du pays.

Au début des années 2000, il a reconnu avoir transféré technologies et plans nucléaires à plusieurs États, notamment l’Iran, la Libye et la Corée du Nord. Les services occidentaux ont décrit ce réseau comme l’un des plus vastes systèmes de prolifération clandestine jamais démantelés.

Cette affaire a durablement affecté la perception internationale du programme pakistanais.

Craintes indiennes : transfert potentiel vers l’Arabie saoudite ?

Selon certaines analyses relayées dans la presse indienne, un scénario théorique inquiète New Delhi : la possibilité que le Pakistan fournisse un jour un « parapluie nucléaire » à Arabie saoudite en échange d’un soutien financier ou stratégique.

Des accords de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad ont récemment été évoqués. Interrogés, des responsables saoudiens ont parlé d’un partenariat défensif global sans confirmer d’élément nucléaire.

Ces spéculations s’inscrivent dans un contexte régional tendu où l’équilibre de la dissuasion est scruté de près.

Déclarations iraniennes et rhétorique d’alliance

L’an dernier, des propos attribués à un haut responsable iranien suggéraient qu’en cas d’attaque nucléaire contre l’Iran, le Pakistan pourrait soutenir Téhéran.

Aucune position officielle pakistanaise n’a confirmé une telle garantie. Toutefois, ces déclarations ont alimenté les débats stratégiques dans la région.

Israël et le précédent historique

Dans les années 1980, des rapports évoquaient un projet israélo-indien visant à frapper le site nucléaire pakistanais de Kahuta, sur le modèle de l’opération contre le réacteur irakien d’Osirak en 1981. Ce plan n’a jamais été exécuté.

Aujourd’hui, les relations entre Israël et Inde sont solides sur le plan stratégique et technologique. Cependant, rien n’indique l’existence d’un projet opérationnel contre le Pakistan.

Menace réelle ou prudence analytique ?

À ce stade, il est essentiel de distinguer :

  • Les faits avérés (arsenal nucléaire pakistanais, antécédents de prolifération).
  • Les hypothèses stratégiques relayées dans certains médias.
  • Les scénarios prospectifs relevant de la spéculation géopolitique.

Le Pakistan demeure officiellement engagé dans une doctrine de dissuasion régionale centrée sur l’Inde. Toute extrapolation vers un affrontement direct avec Israël relève, pour l’instant, de l’analyse stratégique et non d’une dynamique militaire active.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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