Dans l’état-major israélien, on ne parle plus de jours mais de semaines. Les évaluations militaires diffusées ce mardi indiquent qu’environ un mois supplémentaire de frappes sera nécessaire pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre de l’opération « Shagat HaAri ». L’armée de l’air continue en ce moment même de frapper des cibles dans le ciel de Téhéran — principalement des centres de commandement et de contrôle du régime, des installations des Gardiens de la Révolution et des Bassidji, ainsi que des sites des industries de défense iraniennes, dont certains sont implantés dans des aéroports civils et militaires. La dynamique du conflit est claire : méthodique, progressive, et loin d’être achevée.
Ce qui est moins évident, en revanche, c’est où viendra la décision finale. Selon des sources militaires citées par Maariv, l’armée de l’air estime qu’il faudra encore un mois de campagne contre l’Iran. Mais dans le même temps, des évaluations internes au sein de Tsahal pointent vers le Liban comme le théâtre où pourrait survenir le dénouement stratégique — et ce, plus tôt que prévu. Le front libanais, mis en veille depuis les accords de cessez-le-feu, recèle un potentiel de déstabilisation que les planificateurs israéliens surveillent de près. Une escalade au Liban pourrait modifier radicalement le calendrier global du conflit, voire offrir à Israël un levier diplomatique ou militaire que les frappes sur l’Iran seul ne permettront pas d’obtenir.
Netanyahou, en visite au centre de commandement sanitaire national en compagnie du ministre Haïm Katz, a livré une déclaration qui dépasse largement le cadre tactique. Le Premier ministre a exprimé l’ambition d’amener le peuple iranien à « se libérer du joug de la tyrannie », tout en précisant que cela dépendait in fine de ce peuple lui-même. Il a ajouté qu’Israël « brise des os » à l’Iran, que la main reste tendue, et qu’en cas de succès conjoint avec le peuple iranien, on arriverait à un changement permanent — « et nous apportons déjà un changement considérable au statut d’Israël ». Ces mots ne sonnent pas comme ceux d’un chef de gouvernement qui gère une opération limitée. Ils sonnent comme ceux d’un dirigeant qui croit tenir l’opportunité historique d’une génération.
Le gouvernement devrait par ailleurs prolonger l’état d’urgence à l’arrière, signe que les autorités ne prévoient pas de retour à la normale à court terme. Le cadre légal de la mobilisation et des restrictions civiles sera donc maintenu, ce qui témoigne à la fois de la durée anticipée des hostilités et des incertitudes qui planent sur l’évolution du front iranien. Pendant ce temps, la pression internationale pour un cessez-le-feu s’intensifie, avec les États-Unis jouant un rôle ambigu : partenaire militaire d’un côté, arbitre potentiel de l’autre. Le vrai compte à rebours n’est peut-être pas celui des frappes restantes, mais celui de la fenêtre diplomatique avant que Washington ne ferme le robinet.
Source : Maariv
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢







