
La confrontation verbale entre Washington et TĂ©hĂ©ran a franchi ce mardi un nouveau palier de gravitĂ©. Ali Larijani, secrĂ©taire du Conseil suprĂŞme iranien, a rĂ©pondu aux menaces du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump par une mise en garde directe et sans prĂ©cĂ©dent : si les États-Unis mettent leurs menaces Ă exĂ©cution, c’est Trump lui-mĂŞme qui disparaĂ®tra. Une formulation qui, dans le contexte d’un conflit militaire en cours, prend une dimension particulièrement explosive.
Tout a commencĂ© par un message de Trump sur son rĂ©seau Truth Social, dans lequel il a averti l’Iran de ne pas tenter de bloquer le passage du pĂ©trole dans le dĂ©troit d’Ormuz. Le ton du prĂ©sident amĂ©ricain Ă©tait sans Ă©quivoque : si l’Iran osait perturber la circulation pĂ©trolière dans ce dĂ©troit stratĂ©gique par lequel transite une part considĂ©rable de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, les États-Unis riposteraient avec une force vingt fois supĂ©rieure Ă ce que l’Iran a dĂ©jĂ subi jusqu’Ă prĂ©sent. Trump a Ă©galement prĂ©cisĂ© que des cibles faciles Ă dĂ©truire seraient visĂ©es, rendant selon lui quasiment impossible toute reconstruction de l’Iran en tant que nation. Il a conclu par une formule apocalyptique — mort, feu et fureur — tout en affirmant espĂ©rer et prier pour que ce scĂ©nario n’advienne jamais. Il a Ă©galement prĂ©sentĂ© cette retenue comme un cadeau aux pays, dont la Chine, qui dĂ©pendent massivement du dĂ©troit d’Ormuz pour leurs approvisionnements Ă©nergĂ©tiques.
Larijani a rĂ©pliquĂ© en s’adressant directement Ă Trump sur un registre Ă la fois idĂ©ologique et menaçant. Invoquant le peuple iranien d’Achoura — rĂ©fĂ©rence Ă la tradition du martyre et de la rĂ©sistance dans la culture chiite — il a affirmĂ© que l’Iran ne craint pas les menaces creuses, rappelant que des ennemis bien plus puissants avaient tentĂ© d’effacer ce peuple et avaient Ă©chouĂ©. Puis il a lancĂ© l’avertissement le plus direct : prenez garde Ă ne pas ĂŞtre vous-mĂŞmes ceux qui disparaĂ®tront. Une formulation qui, dans le contexte d’une menace contre un prĂ©sident amĂ©ricain en exercice pendant un conflit armĂ©, dĂ©passe le simple registre rhĂ©torique.
Cette escalade verbale intervient dans un moment charnière du conflit. D’un cĂ´tĂ©, Tsahal continue ses frappes sur les infrastructures militaires iraniennes, avec un rythme que des sources israĂ©liennes justifient prĂ©cisĂ©ment par la nĂ©cessitĂ© d’infliger un maximum de dĂ©gâts avant que Trump ne mette fin aux hostilitĂ©s. De l’autre, Trump lui-mĂŞme multiplie les signaux contradictoires — menaçant d’une part d’une destruction totale, laissant entendre d’autre part que la guerre est presque terminĂ©e et que l’Iran a cherchĂ© Ă engager des nĂ©gociations. Le dĂ©troit d’Ormuz cristallise une dimension supplĂ©mentaire du conflit : une fermeture, mĂŞme partielle, de ce verrou maritime dĂ©clencherait une crise Ă©conomique mondiale immĂ©diate, ce qui explique la violence des termes employĂ©s par Washington pour en dissuader TĂ©hĂ©ran.
La menace iranienne contre la personne du prĂ©sident amĂ©ricain soulève par ailleurs des questions sur la capacitĂ© du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran Ă maintenir une ligne diplomatique cohĂ©rente Ă l’heure oĂą ses infrastructures militaires sont mĂ©thodiquement dĂ©gradĂ©es et oĂą sa direction est affaiblie par des semaines de frappes. Qu’un responsable de premier plan comme Larijani — gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme une figure pragmatique du système iranien — recoure Ă une rhĂ©torique aussi radicale peut signifier deux choses opposĂ©es : soit un rĂ©gime qui, acculĂ©, perd le contrĂ´le de sa communication, soit une tentative calculĂ©e d’adresser un message de fermetĂ© Ă la population iranienne et aux alliĂ©s rĂ©gionaux du rĂ©gime, pour signifier que la rĂ©sistance continue malgrĂ© les coups encaissĂ©s.
Source : Kipa
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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