Le commandant de l’armée de l’air n’a pas fait preuve de leadership — il a mis en danger la sécurité d’Israël

La révélation que le général Tomer Bar, commandant de l’armée de l’air israélienne, a personnellement participé à des missions de frappe au-dessus de l’Iran a suscité admiration dans l’opinion publique. Dans cette tribune publiée par Maariv, Moshe Nestelbaum défend la thèse inverse : cette décision n’était pas un acte de leadership, c’était une faute stratégique grave.

L’argument central est simple. Le commandant de l’armée de l’air n’est pas un pilote de chasse — ou du moins, il ne doit plus l’être. Il est l’architecte d’une campagne militaire multi-théâtres, le pivot entre l’échelon opérationnel et l’échelon stratégique. Quand il ferme la verrière de son cockpit en direction de Téhéran, il cesse d’être commandant de l’armée de l’air et devient « numéro 2 » ou « chef de formation. » Le commandement passe alors à son adjoint.

Le scénario catastrophe

La question n’est pas de savoir si Bar est encore capable de piloter. Elle est : que se passe-t-il s’il est fait prisonnier ? Une panne technique, un tir de missile au bon moment, un oiseau dans le réacteur — et le commandant de l’armée de l’air israélienne se retrouve en territoire iranien, vivant ou mort. Si vivant : c’est un atout stratégique pour Téhéran d’une valeur inestimable. Un homme qui connaît les plans opérationnels les plus classifiés, les capacités technologiques secrètes, les coopérations internationales. Sa capture paralyserait immédiatement les opérations israéliennes, mobiliserait toute l’appareil de sécurité vers une tentative de sauvetage, et donnerait à l’Iran un levier de négociation sans précédent dans les annales de l’État hébreu.

Le niveau politique aurait dû opposer son veto à une telle décision, écrit Nestelbaum. La mission de Tomer Bar est de ramener ses pilotes sains et saufs depuis son poste de commandement — pas de devenir lui-même un fardeau pour le système qu’il est censé diriger.

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Ben Gvir et Maï Golan : deux autres dérives

La tribune s’étend également sur deux autres sujets. Le premier : le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui refuse d’obtempérer à un arrêt de la Cour suprême lui ordonnant de signer la promotion d’une officière de police, la surintendante Rinat Saban. Nestelbaum y voit une anarchie gouvernementale dans laquelle le responsable chargé de faire appliquer la loi est le premier à la violer. La Cour dispose d’outils de contrainte — amendes personnelles, mise en vigueur de la décision indépendamment de la signature — et doit les utiliser sans hésitation.

Le second : la ministre Maï Golan, qui aurait effectué un voyage aux États-Unis avec cinq assistants, aux frais du contribuable, dans une période de guerre. Nestelbaum décrit ce comportement comme le symptôme d’une culture du privilège institutionnalisée dans son bureau, et qualifie le discours qu’elle comptait prononcer à l’ONU de « farce » — au moment où les personnes dont elle a la charge avaient besoin d’elle au pays.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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