Le président français a appelé Israël à renoncer à une offensive d’envergure au Liban et à ouvrir la voie à un règlement diplomatique. Le chef de la droite néerlandaise n’a eu besoin que d’un seul mot pour résumer ce qu’il en pense.
Emmanuel Macron a publié sur X un message en hébreu appelant Israël à la retenue militaire au Liban, à l’heure où des centaines de milliers de personnes fuient les bombardements. Une sortie qui n’a pas tardé à provoquer une réaction cinglante de la part de Geert Wilders, figure de proue de la droite nationaliste néerlandaise, qui a répondu en un seul mot, en hébreu vocalisé : « פַּחְדָן » — lâche.
Ce que Macron a écrit
Dans son message publié sur le réseau social X, le président français a indiqué avoir eu des entretiens avec le président libanais Aoun, le Premier ministre Salam et le président du Parlement Berri. Il a appelé à prendre toutes les mesures possibles pour empêcher le Liban de sombrer dans le chaos. Macron a exigé que le Hezbollah cesse immédiatement « la dangereuse escalade » qu’il conduit — mais a simultanément demandé à Israël de renoncer à une attaque de grande envergure et de mettre fin aux frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements.
Le chef de l’État français a également noté que le gouvernement libanais avait exprimé sa volonté d’engager des discussions directes avec Israël, appelant tous les composants de l’État libanais à y être représentés. Selon lui, Israël doit saisir cette opportunité diplomatique, ouvrir des négociations et parvenir à un cessez-le-feu permettant de trouver une solution durable et d’autoriser les autorités libanaises à tenir leurs engagements en faveur de la souveraineté du pays.
La réponse de Wilders
La riposte de Geert Wilders a été immédiate et sans détour. Sur X, le leader du Parti pour la liberté (PVV) — première force au Parlement néerlandais — s’est contenté d’un seul mot en hébreu, soigneusement vocalisé : פַּחְדָן, lâche. Pas de développement, pas d’argumentation — juste ce mot, choisi dans la langue même dans laquelle Macron s’était adressé à Israël, comme pour souligner l’absurdité de la situation aux yeux de la droite européenne pro-israélienne.
La réaction a rapidement circulé sur les réseaux sociaux et fait l’objet d’une large attention médiatique, dans un contexte de divisions profondes au sein de l’Europe quant à la politique à adopter vis-à-vis d’Israël et du conflit en cours.
Une fracture européenne qui s’élargit
L’échange entre Macron et Wilders illustre une fracture qui ne cesse de s’approfondir au sein de l’espace politique européen face au conflit israélo-libanais. D’un côté, une frange des dirigeants — emmenée par Paris — qui privilégie la voie diplomatique et presse Israël de limiter son action militaire au nom de la protection des civils. De l’autre, une droite nationaliste en pleine ascension dans plusieurs pays européens, qui considère toute pression exercée sur Israël comme une forme de capitulation face au Hezbollah et, au-delà, face à l’Iran.
Macron n’en est pas à sa première tentative de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit. Depuis le début de la crise, il a multiplié les appels téléphoniques, les déplacements et les déclarations publiques. Mais son influence réelle sur le terrain reste limitée — ses mises en garde à Israël ont jusqu’ici rarement été suivies d’effets, et sa capacité à infléchir la stratégie de Tel Aviv est ouvertement contestée, y compris au sein même de l’Union européenne.
L’ironie de la situation n’a pas échappé aux observateurs : c’est dans la langue d’Israël que Macron a choisi de s’adresser directement aux Israéliens, et c’est dans cette même langue que la réponse la plus cinglante lui est venue — non pas de Jérusalem, mais d’Amsterdam.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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