Parce que ce Chabbat chargé de guerre mérite aussi un moment de respiration, voici un sujet différent — un de ces sujets qui rappellent que la région existe aussi en dehors des missiles et des négociations. Hier, l’Égypte a vu arriver le Hamsin, ce vent de sable chaud et chargé de poussière qui balaie le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au printemps. Et ce mot — Hamsin — est l’occasion de rappeler une histoire linguistique que peu de gens connaissent, même parmi ceux qui l’utilisent quotidiennement en hébreu.
Le mot Hamsin vient de l’arabe — et il signifie littéralement « cinquante ». Cinquante, parce que ce vent du désert dure traditionnellement cinquante jours, accompagné de pluies intermittentes, apportant du sable et une chaleur sèche qui rend les journées lourdes et les nuits étouffantes. Le mot a voyagé de l’arabe à l’hébreu, s’est installé dans la langue du quotidien israélien, et y est resté — un de ces emprunts linguistiques qui témoignent d’une proximité géographique et d’une histoire partagée que la politique contemporaine tend parfois à effacer.
L’hébreu moderne est plein de ces mots arabes naturalisés. Pas des emprunts savants ou des calques culturels forcés — des mots qui sont entrés dans la langue parce qu’ils désignaient des réalités de la vie au Levant que l’hébreu biblique n’avait pas besoin de nommer. Le Hamsin en fait partie, avec ses images de ciel jauni, d’air irrespirable, de lunettes de soleil et de fenêtres fermées malgré la chaleur. Chaque printemps, quand le vent de sable souffle depuis le désert du Sahara ou de la péninsule arabique vers Israël et l’Égypte, c’est ce mot arabe — cinquante — que tout le monde prononce naturellement en hébreu.
Cette année, le Hamsin arrive sur une Égypte sous pression. Le pays du Caire fait face aux retombées économiques de la guerre dans la région — l’envolée des prix du gaz, la perturbation du canal de Suez, l’afflux de réfugiés des zones de conflit. Le vent de sable qui voile le ciel du Caire n’arrange rien à l’atmosphère déjà pesante. Mais les images qui circulent sur les réseaux sociaux de ce ciel égyptien teinté d’ocre et de rouge au lever du soleil ont quelque chose de saisissant — la nature qui rappelle, indifférente aux guerres des hommes, qu’elle suit son propre calendrier depuis bien plus longtemps que tous les généraux et tous les diplomates réunis.
Ce Chabbat Tsav, entre les sirènes de Tel Aviv et les négociations à Islamabad, le Hamsin souffle sur l’Égypte. Cinquante jours de vent. Le temps que la guerre, peut-être, trouve une issue. Ou pas. Le vent, lui, ne négocie pas.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢









