Nétanyahou rend hommage aux quatre combattants de la Sayeret Nahal tombés au Liban — quatre noms, une nation en deuil

Ils s’appellaient Noam Madmoni, Ben Cohen, Maxim Antis et Gilad Harel. Quatre sous-officiers de la Sayeret Nahal. Quatre jeunes hommes tombés dans la même nuit, sur le même front libanais que le monde a presque cessé de regarder depuis que les missiles iraniens s’abattent sur le centre d’Israël. Ce mardi 31 mars 2026, à quelques heures du seder de Pessah, leurs noms ont été levés par la censure militaire. Et le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a pris la parole.

Le Bureau du Premier ministre a publié un message de condoléances au nom de Nétanyahou pour les quatre combattants tombés au combat dans le sud du Liban. « Le cœur de toute la nation est en deuil pour la chute de ces quatre héros de la Sayeret Nahal », a annoncé le Premier ministre, citant nommément chacun d’entre eux. « Ma femme et moi, avec tous les citoyens d’Israël, adressons nos profondes condoléances aux familles chères et prions pour le prompt rétablissement des blessés. » srugim

Nétanyahou a promis que le sacrifice des soldats ne serait pas vain, et que le Hezbollah serait frappé durement : « Nos courageux soldats sont tombés pour défendre notre pays après avoir combattu avec vaillance et dévouement contre l’organisation terroriste Hezbollah. Nous continuerons à frapper nos ennemis avec force pour garantir la sécurité des habitants du nord et de tous les citoyens d’Israël. » srugim

Ces mots ont une forme convenue. Ils ont aussi un poids réel. Nétanyahou ne parle pas depuis un bureau lointain — il parle depuis la tête d’un pays en guerre sur plusieurs fronts simultanément, depuis la position d’un chef de gouvernement qui doit en même temps gérer les missiles iraniens sur le centre du pays, les pressions américaines, les tensions avec les alliés européens et les pertes humaines au Liban. La formule « le sacrifice ne sera pas vain » n’est pas une rhétorique creuse quand elle est prononcée le même jour que les funérailles.

Ce qui mérite d’être dit, c’est la nature de ce front libanais que l’on oublie dans le bruit médiatique de la guerre contre l’Iran. La Sayeret Nahal n’est pas une unité de maintenance. C’est une unité d’infanterie d’élite qui mène des opérations de nuit dans des environnements hostiles, souvent contre des combattants du Hezbollah qui connaissent le terrain mètre par mètre. Quatre morts en une nuit, c’est l’une des plus lourdes pertes enregistrées sur ce front depuis des mois. Et pourtant, l’information arrive entre deux alertes aux missiles et deux communiqués sur les frappes à Téhéran.

Il y a quelque chose de structurellement injuste dans la hiérarchie de l’attention médiatique en temps de guerre. Les missiles sur Bnei Brak font la une pendant des heures. Les soldats qui tombent au Liban obtiennent un communiqué de quelques lignes et un hommage du Premier ministre que la plupart des lecteurs ne liront qu’en diagonale. La mort ne se hiérarchise pas. Elle mérite la même attention quel que soit le front sur lequel elle survient.

Noam Madmoni. Ben Cohen. Maxim Antis. Gilad Harel. Ce sont des noms, pas des statistiques. Ce sont des familles qui n’auront pas de table complète ce soir pour le seder. Ce sont des mères qui ont appris la nouvelle ce matin dans les formes que l’armée israélienne a codifiées pour rendre l’insupportable un peu moins brutal — sans y parvenir vraiment.

Le Premier ministre a conclu son hommage par une formule qui traverse le temps dans le deuil juif : « Que la mémoire de nos héros soit bénie et gravée dans nos cœurs pour toujours. » srugim Cette nuit de Pessah, qui commémore une libération vieille de millénaires, sera aussi la nuit où quatre familles israéliennes commenceront à apprendre à vivre avec une chaise vide.


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