Malahi Malul, 15 ans : une mort qui pose la question du manque d’attention aux appels au suicide en ligne

Il avait 15 ans. Il s’appelait Malahi Malul, il habitait Ofakim, et dans les jours qui ont prĂ©cĂ©dĂ© sa mort, il avait laissĂ© des traces. Sur TikTok, il publiait des vidĂ©os repostees qui ne laissaient aucun doute sur son Ă©tat intĂ©rieur : « Je veux me suicider », « j’en ai marre de tout. » Des appels Ă  l’aide publics, visibles, qui n’ont pas suffi Ă  dĂ©clencher l’intervention qu’il aurait fallu. Et dans la nuit de la fĂŞte, tout a basculĂ©.

Selon les Ă©lĂ©ments disponibles, Malahi avait consommĂ© de l’alcool ce soir-lĂ . Ă€ un moment de la nuit, une jeune fille de son âge se trouvait en communication avec lui. C’est lĂ  que le rĂ©cit prend une dimension qui dĂ©passe le drame personnel pour devenir une question collective : selon le soupçon actuellement examinĂ© par la famille et la police, cette jeune fille l’aurait encouragĂ© Ă  passer Ă  l’acte. Malakai a alors pris l’arme lĂ©gale de son père. Et il a fait ce qu’il avait annoncĂ©.

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TikTok comme journal intime public

Ce que rĂ©vèle cette affaire en premier lieu, c’est l’usage que font certains adolescents des rĂ©seaux sociaux comme espace d’expression d’une dĂ©tresse que les canaux traditionnels — famille, Ă©cole, entourage — ne captent pas ou ne captent plus. Malahi ne cachait pas sa souffrance. Il la diffusait. « Je veux me suicider » postĂ© sur TikTok, c’est Ă  la fois un cri et une question : est-ce que quelqu’un regarde ? Est-ce que quelqu’un va rĂ©agir ?

La rĂ©ponse, dans son cas, a Ă©tĂ© insuffisante. Les algorithmes de TikTok ne sont pas conçus pour dĂ©tecter et signaler ce type de contenu en temps rĂ©el de manière systĂ©matique. Les proches qui auraient pu voir ces vidĂ©os ne sont pas nĂ©cessairement Ă©quipĂ©s pour mesurer le niveau de danger rĂ©el derrière une publication. Et les services de santĂ© mentale destinĂ©s aux adolescents, en IsraĂ«l comme ailleurs, sont structurellement sous-dimensionnĂ©s face Ă  l’ampleur de la demande.

La question de l’incitation

Le second Ă©lĂ©ment de cette affaire — l’encouragement prĂ©sumĂ© au suicide par une personne en communication avec Malahi — ouvre un terrain juridique et moral particulièrement complexe. En droit israĂ©lien, comme dans la plupart des systèmes juridiques occidentaux, l’incitation au suicide est une infraction pĂ©nale. Mais Ă©tablir la preuve d’une telle incitation dans le cadre d’une conversation privĂ©e, Ă©valuer l’intention rĂ©elle, mesurer le lien de causalitĂ© entre les mots Ă©changĂ©s et l’acte commis — tout cela relève d’une enquĂŞte minutieuse que la police conduit actuellement.

La famille de Malahi, elle, avance. Elle a lancĂ© une campagne de financement participatif en sa mĂ©moire. Son frère a exprimĂ© l’espoir qu’ils puissent, si la collecte rĂ©ussit, acquĂ©rir un rouleau de Torah. Un geste de continuitĂ©, de mĂ©moire, dans le langage de leur communautĂ©.

Un signal que la société doit entendre

Au-delĂ  du cas de Malahi, cette affaire est un miroir tendu Ă  une sociĂ©tĂ© qui peine encore Ă  articuler une rĂ©ponse collective cohĂ©rente face Ă  la dĂ©tresse psychologique des adolescents Ă  l’ère des rĂ©seaux sociaux. Les signaux Ă©taient lĂ , visibles, publics. La question n’est pas seulement de savoir ce qui s’est passĂ© cette nuit-lĂ  Ă  Ofakim. Elle est de savoir pourquoi personne — ni les plateformes, ni l’entourage, ni les institutions — n’a pu transformer ces appels en aide concrète avant qu’il ne soit trop tard.

Si vous traversez une pĂ©riode difficile ou connaissez quelqu’un en dĂ©tresse, des lignes d’Ă©coute sont disponibles. En IsraĂ«l : ERAN au 1201, disponible 24h/24.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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