Il ne s’agit pas d’une menace de plus dans la longue série de déclarations qui jalonnent le conflit israélo-iranien. Ce qui se dessine cette semaine à Jérusalem et à Tel Aviv, c’est une décision stratégique concrète, coordonnée au plus haut niveau avec Washington, et qui pourrait déboucher sur une reprise des opérations militaires d’une ampleur inédite. L’armée de l’air israélienne se prépare à un coup décisif contre l’Iran — en attendant le feu vert américain.
Un opération jugée trop courte
Le point de départ de toute cette dynamique est une évaluation interne israélienne qui fait mal : l’opération « Rugissement du lion » s’est terminée prématurément. Ce n’est pas une fuite anonyme, c’est une position assumée par un haut responsable sécuritaire. La campagne militaire contre l’Iran a cessé avant d’avoir atteint ses objectifs réels sur les dossiers qui comptent le plus pour Israël : le nucléaire et les missiles balistiques. Le régime de Téhéran n’a pas subi une pression suffisante pour le contraindre à des concessions sur ces deux fronts.
Cette lecture est au cœur des discussions en cours au sein de l’establishment sécuritaire israélien. Elle ouvre la voie à une logique d’action : si l’opération s’est arrêtée trop tôt, la question n’est pas de savoir s’il faut reprendre — mais quand, et dans quelles conditions.
Tout dépend de Trump
La réponse à cette question ne se trouve pas uniquement à Jérusalem. Selon un haut responsable israélien, la décision de reprendre les opérations dépend dans une large mesure de la position du président américain Donald Trump. Israël attend un feu vert américain avant d’agir. Ce n’est pas une posture de façade : les deux armées se préparent conjointement à l’éventualité d’une reprise des combats, avec un renforcement des forces américaines au Moyen-Orient et un approfondissement de la coordination bilatérale aux plus hauts échelons.
Dans ce cadre, le commandant du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, est attendu en visite en Israël. Sa venue se concentrera sur la poursuite de la coopération sécuritaire et la préparation régionale — autant de signaux qui indiquent que les deux alliés balisent activement le terrain d’une action coordonnée.
Frapper l’économie pour obtenir des concessions nucléaires
Si l’autorisation américaine est donnée, Israël envisage d’élargir significativement le périmètre des frappes. L’objectif ne serait plus seulement militaire au sens classique du terme : il s’agirait de s’en prendre aux infrastructures nationales et aux réserves énergétiques iraniennes, dans le but d’exercer une pression économique sur le régime et de l’amener à céder sur la question nucléaire. Priver l’Iran de ses capacités de production et d’exportation énergétique constituerait un levier de pression d’une nature différente — plus lente, plus profonde, potentiellement plus durable.
C’est une doctrine d’escalade qui vise à toucher l’Iran là où il est le plus vulnérable : pas seulement ses installations militaires, mais la mécanique économique qui fait tenir le régime.
Le détroit d’Ormuz, nouveau point d’ignition
En toile de fond, la situation dans le détroit d’Ormuz ajoute une couche supplémentaire de tension. Israël anticipe qu’un blocus maritime américain dans le détroit, avec la participation de la Grande-Bretagne et d’autres États du Golfe, pourrait conduire à une escalade et à une réaction iranienne. La veille de la publication de cet article, les Gardiens de la Révolution avaient d’ailleurs lancé des drones en direction d’un navire américain traversant le détroit — signal que Téhéran n’a pas abandonné sa capacité de nuisance dans cette zone névralgique.
Les négociations : un fil ténu
Sur le front diplomatique, l’image n’est pas plus rassurante. En Israël, on croit qu’il reste encore une fenêtre de temps pour les négociations et que « tout peut arriver » — de la prolongation du cessez-le-feu à son effondrement total. Les États-Unis avaient proposé à l’Iran de travailler conjointement à l’exportation de l’uranium enrichi hors du territoire iranien, une proposition qu’Israël considère comme particulièrement importante. Mais le vice-président américain JD Vance a confirmé qu’aucun accord n’avait été conclu et qu’Iran n’avait fourni aucun engagement clair à renoncer à l’acquisition d’armes nucléaires.
Le Premier ministre Netanyahu et les hauts responsables de l’establishment sécuritaire devaient tenir dans la journée une réunion restreinte consacrée aux derniers développements concernant l’Iran et le Liban. Une réunion dont les conclusions pourraient, selon l’évolution des prochains jours, déterminer si la région entre dans une nouvelle phase de guerre ouverte.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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