Le ministère de l’Intérieur syrien a annoncé ce dimanche le démantèlement d’une cellule armée liée au Hezbollah libanais, qui opérait dans la province de Quneitra, dans le sud du pays. Selon les autorités syriennes, les membres de cette cellule planifiaient de tirer des roquettes depuis le territoire syrien en direction d’Israël, une tentative déjouée in extremis avant que les projectiles ne soient mis à feu.
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est moins la menace elle-même — que les services de sécurité israéliens surveillent depuis des années — que le message inscrit sur certaines des roquettes saisies. En arabe, ces projectiles portaient les mots : « Pour la victoire de nos frères en Palestine et au Liban. » Une signature idéologique qui ne laisse aucun doute quant à l’origine et aux intentions des commanditaires de l’opération.
Le Golan syrien comme base de tir
L’emplacement choisi n’est pas anodin. La province de Quneitra borde directement le Golan, cette zone stratégique qui constitue depuis des décennies l’un des terrains de friction les plus sensibles entre Israël et ses voisins du nord. Utiliser ce couloir comme rampe de lancement permettrait au Hezbollah d’ouvrir un nouveau front contre Israël sans engager directement ses forces depuis le Liban, pays où l’organisation subit encore les séquelles d’une guerre dévastatrice.
La Syrie post-Assad se retrouve ainsi dans une position délicate. Le nouveau pouvoir à Damas, qui cherche à réaffirmer sa souveraineté et à reconstruire l’appareil sécuritaire de l’État, se retrouve confronté à un héritage lourd : celui d’un territoire qui a longtemps servi de terrain de manœuvre aux milices pro-iraniennes, avec la complicité ou l’impuissance du régime précédent. Le démantèlement de cette cellule représente, dans ce contexte, un signal fort envoyé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays : Damas entend reprendre le contrôle et ne pas se laisser entraîner dans un conflit qu’il n’a pas déclenché.
Drones et cellules clandestines : une menace persistante
Ce n’est pas la première fois que les autorités syriennes procèdent à ce type d’arrestation. En février dernier, une autre cellule avait été neutralisée pour avoir mené des opérations dans le quartier d’Al-Mazzeh à Damas et aux abords de l’aéroport militaire de la capitale. Là aussi, la piste du Hezbollah avait été établie à l’issue des interrogatoires. Les perquisitions menées sur les repaires de ce groupe avaient mis au jour un arsenal préoccupant : drones de combat, équipements militaires sophistiqués, et matériel destiné à frapper des cibles stratégiques en plein cœur de la capitale syrienne.
L’utilisation de drones par ces cellules clandestines mérite qu’on s’y attarde. Elle trahit une mutation profonde dans les modes opératoires du Hezbollah. L’époque des simples roquettes artisanales tirées à l’aveugle est révolue — ou du moins complétée par des capacités bien plus précises et difficiles à intercepter. Des engins pilotés à distance, manœuvrables, capables de contourner certains systèmes de défense, peuvent frapper des cibles spécifiques sans exposer directement leurs opérateurs. C’est une doctrine de guerre asymétrique portée à un niveau de technicité que peu d’acteurs non-étatiques atteignaient il y a encore dix ans.
Ce glissement tactique préoccupe les analystes militaires israéliens. Tsahal suit de près les développements en territoire syrien, et la province de Quneitra reste sous surveillance constante. Chaque mouvement de milices pro-iraniennes dans cette zone est considéré comme une menace directe pour les localités du nord d’Israël et du plateau du Golan.
Le Hezbollah, affaibli par ses pertes au Liban et privé de plusieurs de ses commandants, cherche visiblement à reconstituer sa capacité de nuisance par d’autres voies. La Syrie, avec son territoire vaste et ses institutions encore fragiles, offre ce type de marge de manœuvre. Mais cette stratégie comporte des risques — à commencer par celui de se heurter à un gouvernement syrien qui n’a aucun intérêt à devenir le prochain champ de bataille d’une guerre entre l’organisation chiite et l’État hébreu.
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Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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