Un acte d’accusation devrait être déposé ce lundi devant le tribunal de district de Lod contre Sagi Chaïk, 19 ans, résident de Ness Ziona, et Assaf Chtrit, 21 ans, résident de Beit Oved, tous deux soupçonnés d’avoir agi pour le compte des services de renseignement iraniens. L’affaire a été révélée après une opération conjointe du Shin Bet et de l’unité de police Yamar du district Centre, menée en mars 2026.
Selon les éléments de l’enquête, Sagi Chaïk a entretenu pendant plusieurs mois un contact régulier avec un agent étranger iranien via des canaux numériques. Durant cette période, il a communiqué à l’agent ses informations personnelles ainsi que celles de membres de sa famille — des données exploitables par les services iraniens pour exercer des pressions ou mener des opérations de ciblage. Plus grave encore : le suspect a accepté de suivre un entraînement dans un pays arabe, à la demande de son contact iranien, et avait également reçu pour mission de recruter d’autres personnes pour exécuter des tâches au profit du même réseau.
Des menaces contre la famille — et une coopération qui se poursuit malgré tout
L’un des aspects les plus frappants de cette affaire est la résistance du suspect face aux signaux d’alarme les plus évidents. Pendant la durée de son contact avec l’agent iranien, des membres de la famille de Chaïk ont reçu des communications menaçantes directement de la part de cet agent. Malgré ces intimidations, le jeune homme a continué à entretenir la relation. Ce détail révèle un mécanisme bien documenté dans les affaires de recrutement iranien : l’alternance entre séduction, manipulation et pression sur l’entourage, pour maintenir l’agent recruté dans l’orbite du réseau même lorsqu’il commence à ressentir de l’inquiétude.
C’est dans ce contexte que le second suspect, Assaf Chtrit, a été entraîné dans l’affaire. Lors de sa garde à vue, Chaïk a reconnu avoir eu recours à Chtrit pour accomplir une mission spécifique au profit de l’agent étranger. Chtrit a ensuite été interpellé et placé en garde à vue par le Shin Bet.
Un avertissement renouvelé des services de sécurité
Dans un communiqué commun publié à l’occasion de cette révélation, le Shin Bet et la police israélienne ont replacé cette affaire dans un contexte plus large : « Ce cas s’ajoute à une série d’affaires récentes qui montrent les efforts répétés de groupes terroristes et de services de renseignement hostiles pour recruter des citoyens israéliens afin d’exécuter des missions destinées à porter atteinte à la sécurité de l’État d’Israël et de ses habitants. »
Les deux services ont réitéré leur mise en garde à l’ensemble de la population : tout contact avec des éléments étrangers doit être signalé immédiatement, et quiconque accepte d’exécuter des missions pour leur compte s’expose à des poursuites judiciaires sévères.
Cette affaire illustre une tendance persistante : l’Iran cible prioritairement de jeunes Israéliens, souvent sans antécédents sécuritaires, contactés via les réseaux sociaux et progressivement engagés dans des activités d’espionnage ou de logistique opérationnelle. La jeunesse des deux suspects — 19 et 21 ans — rappelle que la vulnérabilité au recrutement ne dépend pas de l’accès à des informations classifiées, mais simplement de la capacité à être manipulé numériquement.
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