L’agence de presse iranienne Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire de la République islamique, a annoncé ce mardi l’exécution d’Amirali Mirjafari, condamné à mort pour avoir incendié la mosquée Kolhak à Téhéran lors des manifestations qui ont secoué l’Iran en janvier 2026. Selon l’accusation officielle, l’homme aurait agi sous la direction d’un réseau lié aux services de renseignement israéliens, et aurait été reconnu coupable d’ »activités anti-sécuritaires » au profit d’une puissance étrangère ennemie.
Cette exécution n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une série d’éliminations judiciaires depuis le début des manifestations de janvier 2026, lesquelles ont été réprimées dans le sang par les forces de sécurité iraniennes. Plusieurs hommes ont été exécutés les 30 et 31 mars 2026 après avoir été condamnés dans des procédures expéditives pour des infractions commises dans le contexte de ces manifestations. Human Rights Watch a documenté des massacres de manifestants par les forces de sécurité iraniennes et signalé que plus de la moitié des exécutions concernaient des infractions passibles de la peine capitale, en violation flagrante du droit international.
La connexion israélienne : un outil rhétorique rodé
L’accusation de « collaboration avec Israël » est l’un des instruments les plus récurrents de la justice iranienne pour discréditer, criminaliser et condamner à mort des opposants ou des manifestants. Elle permet au régime de présenter toute dissidence interne comme une action téléguidée de l’extérieur — effaçant d’un trait la légitimité des revendications populaires et transformant des civils en espions présumés.
La veille, lundi 20 avril, l’Iran avait déjà exécuté deux autres hommes — Mohammad Masoom-shahi et Hamed Validi — condamnés pour leur appartenance à « un réseau d’espionnage lié au Mossad », le service de renseignement israélien. Ces trois exécutions en moins de 24 heures témoignent d’une accélération délibérée de la répression judiciaire dans un contexte de pression maximale, alors que les négociations sur le nucléaire se déroulent à Islamabad et que le cessez-le-feu avec Israël et les États-Unis reste fragile.
Des centaines de condamnés en attente
Les ONG ont averti que des centaines de manifestants détenus risquaient toujours la peine de mort après avoir été inculpés de crimes passibles de la peine capitale pour les manifestations de janvier 2026, réprimées par une vague de répression ayant causé des milliers de morts et entraîné l’arrestation de dizaines de milliers de personnes.
Pour un régime dont le leadership a été décapité par les frappes israélo-américaines de février 2026, ces exécutions revêtent une dimension supplémentaire : elles servent à affirmer que le pouvoir tient encore, que les structures judiciaires fonctionnent, et que l’État islamique est toujours capable de punir ceux qu’il considère comme des traîtres. C’est une démonstration de force autant qu’un acte de répression.
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Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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