Nécessité, pas faiblesse : en Israël, on estime qu’il n’existe pas de solution militaire aux tirs de roquettes au nord

Alors que les appareils de sécurité et une large partie du public israélien expriment leur frustration face au cessez-le-feu proclamé par Trump avec le Hezbollah, un haut responsable israélien affirme que c’est pourtant la seule voie possible pour mettre fin aux tirs de missiles sur le nord du pays. Une analyse qui tranche avec le discours ambiant — et qui mérite d’être lue attentivement.

Le responsable précise d’emblée que, contrairement à ce qui a été rapporté dans divers médias, le cabinet de sécurité n’a jamais chargé Tsahal de détruire la puissance militaire du Hezbollah. Démanteler l’organisation est certes l’objectif global — mais il n’a jamais été défini comme devant être atteint exclusivement par la voie militaire.

Pourquoi il n’existe pas de solution militaire aux tirs

Le cœur de l’argument est à la fois simple et dérangeant : il n’existe pas de capacité militaire permettant de neutraliser totalement les tirs de missiles et de roquettes du Hezbollah. Les éliminations ciblées et les autres plans d’action proposés par Tsahal affaiblissent l’organisation — mais ils ne peuvent pas paralyser complètement ses capacités de tir. Pour atteindre ce résultat par la seule voie militaire, il faudrait une offensive d’une tout autre envergure, nécessitant un apport massif de forces humaines que l’armée israélienne ne peut pas se permettre dans sa situation actuelle.

Tsahal est déjà poussé au-delà de ses limites sur une série de missions et de fronts simultanés. Les mêmes réservistes sont rappelés sous les drapeaux encore et encore. Dans ce contexte, la trêve ne s’oppose pas à l’intérêt israélien — elle y correspond. Le cessez-le-feu et la voie diplomatique sont le moyen de rendre le calme aux localités du nord, à un moment où le Hezbollah n’a pas été totalement démantelé mais a été considérablement affaibli.

Le haut responsable insiste : contrairement à ce que les médias laissent entendre, le Hezbollah n’est plus du tout dans la même situation qu’avant. Tsahal a obtenu des résultats très significatifs contre lui. Au cours des 50 jours d’affrontement avant le cessez-le-feu, les pertes infligées à nos forces ont été relativement limitées et dramatiquement inférieures à celles du début de la guerre. Tsahal a également écarté le danger d’une invasion terrestre des localités du nord et occupe désormais sécuritairement le territoire jusqu’au Litani — et même au-delà en certains points.

Les dommages diplomatiques, un facteur décisif

Une autre considération pèse lourd dans l’équation : les dommages diplomatiques et d’image considérables subis par Israël lors du dernier cycle de combats. La destruction de la statue du Christ par quelques soldats dans le sud du Liban s’est répandue dans le monde entier et a gravement nui à l’image d’Israël sous de nombreux aspects. Des vidéos montrant des personnes sautant de bâtiments bombardés — presque pas diffusées en Israël — ont connu une large résonance internationale.

À la suite du renforcement de l’image d’Israël comme État provocateur de guerre, des tentatives renouvelées de réviser les accords bilatéraux ont émergé au sein de l’Union européenne. Dans le même temps, la semaine dernière, 80% des sénateurs démocrates américains ont voté en faveur de l’arrêt des ventes d’armes à Israël. « Le bénéfice militaire est douteux et les coûts diplomatiques sont colossaux », explique le haut responsable. « Il ne faut pas s’accoutumer à l’usage de la force. »

Trois semaines — et pas un mois

Israel Hayom révèle également un détail diplomatique jusqu’ici inconnu : le Liban avait demandé que le cessez-le-feu avec le Hezbollah dure un mois. Israël n’a accepté que trois semaines. C’est pourquoi Trump a annoncé jeudi une prolongation de cette durée précise — ni plus, ni moins.

Cette nuance n’est pas anodine. Elle indique qu’Israël maintient une pression temporelle délibérée sur le processus, refusant de s’engager sur une durée qui pourrait laisser le Hezbollah se réorganiser et réarmer sans contrainte de temps. La fenêtre de trois semaines est à la fois suffisante pour des négociations et assez courte pour maintenir l’épée de Damoclès diplomatique.


Pour approfondir sur infos-israel.news :

Sur le seuil de l’embrasement : le compte à rebours a commencé — et Tsahal attend la décision — l’analyse stratégique du front nord et des enjeux politico-militaires.

Trump prolonge le cessez-le-feu Israël-Liban de trois semaines — le contexte diplomatique autour de la trêve au Liban.


 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b