Le visage de l’homme avait été capté par les caméras de surveillance de la police israélienne. Ses gestes aussi — précis, délibérés, sans la moindre hésitation. On le voit suivre la nonne, puis la projeter violemment au sol. Elle s’effondre. Il s’éloigne. Puis il revient, et lui assène un coup de pied alors qu’elle est encore à terre. Un passant s’interpose pour le repousser. Ces images, diffusées dans le monde entier depuis le 28 avril, ont provoqué une onde de choc internationale. Ce dimanche 3 mai, la police israélienne a mis un nom et un prénom sur le suspect : Yona Schreiber, 36 ans, résident de Jérusalem.
Une déclaration de poursuites a été déposée ce dimanche, annonçant l’intention du parquet de présenter un acte d’accusation. La police a également demandé que Schreiber reste en détention jusqu’au terme de la procédure judiciaire.
Les faits : une attaque sans provocation, motivée par l’identité religieuse de la victime
L’agression s’est produite dans l’une des zones les plus chargées de symboles de Jérusalem : les abords du complexe du tombeau de David, sur le mont Sion, à quelques dizaines de mètres des murailles de la Vieille Ville. La victime est une religieuse française, chercheuse à l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem — institution fondée au XIXe siècle, qui fait figure d’autorité mondiale dans les études scripturaires et archéologiques liées à la Terre Sainte.
Selon les éléments de l’enquête menée par le district de Jérusalem, l’attaque a été déclenchée après que Schreiber a identifié la religieuse comme chrétienne — à travers son habit. Aucune parole échangée. Aucune provocation. Une agression gratuite, commise à raison de la confession de la victime. La nonne a été blessée à la tête, a souffert d’un saignement, et a dû être prise en charge médicalement. L’arrestation a eu lieu deux heures après les faits.
La réaction internationale : de Paris à Jérusalem
Le directeur de l’École Biblique, le père Olivier Foquin, a été l’un des premiers à réagir publiquement. Il a indiqué que la victime est une membre de son institution, et a exprimé son attente d’une réponse « ferme et résolue » des autorités israéliennes. « Elle a été victime d’une agression sans aucun acte de provocation de sa part. Nous condamnons avec la plus grande vigueur cet acte de violence sectaire, et nous attendons des autorités qu’elles agissent rapidement et avec détermination. »
La consulate générale de France à Jérusalem a publié sur X une déclaration appelant à ce que « l’auteur de cet acte d’agression soit traduit en justice. » L’utilisation du mot « agression » — et non « violence » ou « incident » — ainsi que la mention explicite de la nécessité d’une traduction en justice, donne à ce communiqué un caractère plus ferme que la formulation diplomatique habituelle.
Un phénomène documenté, une justice à deux vitesses dénoncée
L’affaire s’inscrit dans un contexte que les communautés chrétiennes de Jérusalem dénoncent depuis des années. Des incidents similaires — crachats en direction de religieux, graffitis sur des lieux de culte, intimidations en milieu chrétien — se produisent régulièrement, souvent sans faire l’objet de poursuites judiciaires sérieuses. Le directeur de l’Institut Catholique de Paris, présent à Jérusalem, a rappelé que les agressions contre des chrétiens dans la ville y sont devenues une « tendance à la hausse » — et que la rapidité de réaction des autorités dans ce cas précis s’explique largement par le fait que l’agression a été filmée.
Ce dernier point dit quelque chose d’essentiel : sans les caméras, l’affaire aurait peut-être suivi la même trajectoire que tant d’autres incidents similaires — classée, minimisée, oubliée. La visibilité planétaire du clip a enclenché une mécanique judiciaire et diplomatique qui, autrement, n’aurait probablement pas eu lieu avec cette rapidité. La demande de maintien en détention de Schreiber jusqu’à la fin de la procédure judiciaire signale que le parquet traite cette affaire avec une gravité conforme à son retentissement international — reste à savoir si la peine qui sera prononcée en fera autant.
Notre site a documenté la première vague de réactions internationales dès le lendemain de l’agression : L’agression effroyable de la nonne à Jérusalem a déclenché une nouvelle tempête internationale. Sur les violences à caractère sectaire à Jérusalem et la question de leur traitement judiciaire, lire également : Harcèlement dans les quartiers hassidiques : des cas répétés envers de jeunes filles juives par des ouvriers arabes.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢






