Depuis ce matin, des centaines d’Israéliens ont reçu sur leur téléphone portable des SMS alarmants, envoyés depuis des numéros inconnus, tentant de créer un sentiment de panique. Le standard d’urgence 100 et le centre de renseignement 110 ont enregistré un nombre inhabituel d’appels de citoyens signalant des tentatives de contact présentées comme émanant de sources iraniennes. La police israélienne a publié une mise en garde qualifiée d’ »exceptionnelle », appelant la population à ne pas interagir avec ces messages sous quelque forme que ce soit.
Le message des autorités est univoque : ne cliquez sur aucun lien figurant dans ces SMS, ne téléchargez aucun fichier, bloquez immédiatement le numéro expéditeur et supprimez le message sans y répondre ni le transférer à d’autres personnes. La police précise qu’elle évalue ces envois comme des tentatives de services de renseignement étrangers visant à recruter des citoyens israéliens — en Israël et à l’étranger — pour des activités de collecte d’informations et des actions hostiles contre l’État.
L’alerte de la police est venue quelques minutes après une publication similaire du Cyber National israélien, qui a détaillé le mode opératoire. Selon cet organisme, les messages identifiés au cours des dernières heures s’inscrivent dans un schéma connu de tentatives d’influence dans l’espace numérique : des contenus volontairement anxiogènes, formulés pour provoquer une réaction impulsive chez le destinataire et l’inciter à agir sous l’effet de la peur. Le Cyber National souligne que la réception d’un tel message ne signifie pas nécessairement que l’appareil du destinataire a été compromis ou que son compte a été piraté — dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une diffusion massive dont le seul objectif est de semer la panique.
Ce type de campagne n’est pas nouveau. Depuis le début de la guerre, les acteurs hostiles à Israël — au premier rang desquels l’Iran et ses mandataires — ont intensifié leurs efforts dans le cyberespace et l’espace informationnel, cherchant à compléter les opérations militaires par une guerre psychologique ciblant directement la population civile. La stratégie est connue : saturer les canaux de communication ordinaires — SMS, e-mails, réseaux sociaux — avec des messages destinés à créer de la confusion, à éroder la confiance dans les institutions et à pousser des individus vulnérables à interagir avec des plateformes ou des interlocuteurs malveillants.
La particularité des SMS, contrairement aux e-mails ou aux publications sur les réseaux sociaux, tient à leur caractère directement personnel. Un message qui arrive sur un téléphone portable crée une impression de proximité et d’urgence que d’autres vecteurs ne produisent pas avec la même efficacité. C’est précisément pour cela que ce canal est de plus en plus privilégié par les opérateurs de guerre psychologique : il court-circuite les filtres mentaux habituels du destinataire et le place dans une posture de réaction immédiate, exactement ce que cherchent à provoquer ceux qui ont conçu ces campagnes.
Les consignes des autorités peuvent se résumer en quatre gestes : ne pas cliquer, ne pas télécharger, bloquer le numéro, supprimer le message. Aucune autre action n’est nécessaire. Le Cyber National insiste par ailleurs sur un point souvent négligé : ne pas transférer le message à des proches « pour les prévenir » — ce faisant, le destinataire devient involontairement un relais de la campagne de panique, amplifiant précisément l’effet que cherchent à produire ses initiateurs. En temps de guerre, la prudence numérique est devenue une forme de résilience civile à part entière. Et parfois, ne rien faire est la meilleure des réponses.
Pour mieux comprendre les méthodes de guerre numérique iranienne contre Israël : Israël : le Cyber Directorate déjoue une vague de sites frauduleux imitant des ministères et services de sécurité. Et sur les réseaux clandestins iraniens ciblant des Israéliens : Le Mossad dévoile un vaste réseau terroriste iranien : de Téhéran à Sydney, la traque mondiale des tueurs de la République islamique.






