Un acte d’accusation fédéral déposé à New York et rapporté ce dimanche par le New York Post révèle les détails d’une organisation terroriste iranienne montée à toute vitesse dans les premières semaines de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran : le groupe « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya », dit HAYA. En quelques semaines d’existence seulement, l’organisation aurait conduit 18 attentats à l’explosif, poignardages et incendies criminels à travers l’Europe, tout en appelant ouvertement à l’assassinat du président Trump — avec une tentative sans précédent d’adresser un message direct aux agents du Service Secret américain.
Son commandant, Mohammed Baqer Saad Daoud Al-Saadi, a été arrêté mercredi dernier en Turquie à la suite d’une opération d’infiltration du FBI, et fait face à une série d’accusations graves : complot en vue de fournir un soutien matériel à des organisations terroristes, et complot en vue de faire exploser des lieux publics.
Né au lendemain du 28 février
Selon les documents judiciaires déposés à New York, l’organisation HAYA est apparue subitement sur la scène sécuritaire en mars 2026, immédiatement après le déclenchement du conflit armé entre les États-Unis/Israël et l’Iran. Sa vitesse de déploiement est frappante : en l’espace de quelques semaines seulement, elle a réussi à activer des cellules en Europe et à conduire 18 opérations.
Le premier attentat répertorié remonte au 9 mars : l’explosion d’un engin explosif dans une synagogue de la ville de Liège, en Belgique. Dans la foulée, Al-Saadi a publié le logo de l’organisation — un poing levé tenant un fusil — sur ses canaux Telegram, et a appelé les « combattants de l’islam » à rejoindre le jihad et à agir « là où l’obscurité se cache ».
La vague terroriste qui a suivi a frappé plusieurs capitales européennes. Elle comprend notamment l’explosion d’un engin explosif dans une agence de la banque « Bank of New York Mellon » à Amsterdam, un incendie délibéré contre les ambulances de la communauté juive à Londres, et un double poignardage visant deux Juifs dans la capitale britannique.
L’appel aux agents du Service Secret
Le volet le plus inédit du dossier concerne un message posté par Al-Saadi le 20 avril sur Snapchat, utilisant le logo officiel de l’organisation HAYA. Le texte appelle explicitement à « tuer le prétentieux et maudit criminel Trump » — mais c’est la cible de cet appel qui stupéfie les enquêteurs : le message est adressé aux « personnes libres d’Amérique, particulièrement aux services de sécurité, au Service Secret, et aux victimes de l’île d’Epstein, là où le sang des familles a coulé et où des vies d’enfants ont été prises ».
Ce passage révèle une stratégie de manipulation sophistiquée : exploiter les théories du complot circulant aux États-Unis autour du dossier Jeffrey Epstein pour tenter de créer des dissensions au sein même des forces chargées de protéger le président, en ciblant spécifiquement les agents du Service Secret comme vecteur potentiel de déstabilisation.
Un modèle opérationnel vieux comme la Force Qods
La création d’organisations de façade nouvelles pour conduire des opérations terroristes tout en maintenant une distance diplomatique plausible est une méthode bien documentée de la Force Qods des Gardiens de la Révolution iraniens et de leurs mandataires, au premier rang desquels Kataïb Hezbollah — les brigades irakiennes chiites. Ce mécanisme permet à l’Iran de nier toute implication directe tout en contournant les radars des services de renseignement occidentaux, particulièrement utile en période de conflit armé ouvert.
Al-Saadi lui-même, décrit comme un cadre supérieur de Kataïb Hezbollah dans l’acte d’accusation, a été photographié par le passé aux côtés de Qassem Soleimani, l’ancien commandant légendaire de la Force Qods éliminé par les États-Unis en janvier 2020. Sa chute est venue du même mécanisme qui avait permis à HAYA d’agir si vite : vouloir étendre ses opérations au sol américain, Al-Saadi a contacté et transféré des fonds à un agent fédéral infiltré du FBI qu’il croyait être un membre d’un cartel mexicain, pour organiser un attentat incendiaire contre une synagogue de New York. Cette erreur d’appréciation lui a été fatale.
Son arrestation en Turquie tranche la chaîne de commandement du réseau européen — mais comme le souligne la conclusion de l’enquête, elle rappelle surtout que la vigilance autour des institutions juives et américaines dans le monde doit rester à son niveau le plus élevé.
Pour approfondir la stratégie terroriste iranienne à l’échelle mondiale :
- Le Mossad dévoile un vaste réseau terroriste iranien : de Téhéran à Sydney, la traque mondiale des tueurs de la République islamique
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