Après les éliminations successives d’Izz al-Din al-Haddad et de Mohammad Oudah, les deux derniers chefs des Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas se retrouve une nouvelle fois à devoir désigner un successeur à la tête de son commandement militaire. Selon un rapport publié ce dimanche par le quotidien saoudien Al-Charq Al-Awsat, plusieurs noms circulent déjà dans les cercles internes de l’organisation.
Le premier d’entre eux est Imad Akl. Décrit par des sources internes au Hamas dans la bande de Gaza comme l’une des dernières figures encore en vie au sein de l’actuel conseil militaire de l’organisation, Akl est présenté comme un commandant de premier rang. Israël aurait tenté de l’éliminer à au moins deux reprises depuis le début de la guerre — sans succès. Lors de l’une de ces tentatives, il a été blessé. Fait notable : son fils a été tué après avoir participé au massacre du 7 octobre, ce qui donne la mesure de l’implication de toute la famille dans l’appareil terroriste.
Trois autres noms de commandants de brigade sont également mentionnés par le journal saoudien : Mohanad Rajab, commandant de la brigade de Gaza-ville ; Izz al-Din al-Bayyak, commandant de la brigade Nord ; et Mohammad al-Barim, commandant de la brigade de Khan Younès. Ces trois officiers commandent des unités qui ont subi des pertes considérables au cours des mois de combats avec Tsahal, mais qui demeurent opérationnelles.
La révélation la plus intrigante du rapport est sans doute celle concernant une cinquième figure, que l’une des sources du journal a évoquée sans jamais en donner le nom. Cette source a évoqué « une personnalité mystérieuse dotée d’un statut historique dans l’organisation » — un homme que Tsahal aurait, lui aussi, tenté d’éliminer à plusieurs reprises pendant la guerre, sans y parvenir. La source a refusé catégoriquement de le nommer, se contentant de décrire sa valeur : « Il n’est pas blessé, il possède une expérience sécuritaire et militaire significative, et il est considéré comme l’une des figures les plus vétérans de l’appareil militaire et sécuritaire des Brigades al-Qassam. »
Cette description — un homme que Tsahal n’a pas réussi à atteindre, qui a survécu à la guerre, doté d’un profil historique dans l’organisation — suffit à en faire une cible de premier ordre pour les services de renseignement israéliens, même si son identité reste pour l’heure soigneusement protégée.
Sur le terrain, Tsahal poursuit par ailleurs l’extension progressive de son emprise territoriale dans la bande de Gaza. Selon des sources sécuritaires israéliennes, la superficie sous contrôle de l’armée est passée de 49 % à 59 % du territoire de la bande au cours des derniers mois. Cette progression s’est accompagnée d’un travail de délimitation physique du périmètre de sécurité — matérialisé par des barils jaunes et des panneaux — courant de Rafah au sud jusqu’aux quartiers nord de la ville de Gaza. Au fur et à mesure, les commandants de terrain ont élargi les zones de sécurité pour mieux protéger les forces opérant le long de ce périmètre. Le commandement Sud de Tsahal se prépare également à une reprise potentielle des combats à grande échelle contre le Hamas.
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