Plus de deux ans après le désastre : Tsahal a détruit le symbole du massacre du Hamas

Plus de deux ans se sont écoulés depuis le massacre du 7 octobre 2023. Pourtant, certaines images de ce matin-là restent gravées dans la mémoire collective israélienne — et au-delà. Parmi elles, celles de terroristes du Hamas s’abattant sur les kibboutzim de l’Otef Aza suspendus à des deltaplanes motorisés, survolant la barrière de sécurité avant de fondre sur des civils sans défense. Ces appareils, devenus malgré eux l’un des symboles visuels les plus marquants de ce jour de terreur, viennent de faire l’objet d’une frappe délibérée et symboliquement chargée de la part de l’armée israélienne.

Au cours des attaques menées par l’armée de l’air israélienne dans la bande de Gaza ces dernières heures, l’un de ces deltaplanes motorisés de type Baqaï a été détruit. Les porte-parole militaires ont précisé que l’engin représentait une menace immédiate pour les forces de Tsahal et pour les localités de l’Otef. Mais l’acte va bien au-delà de la neutralisation d’un danger tactique.

Le symbole avant l’arme

Dans la guerre de l’image et du récit qui accompagne chaque phase du conflit à Gaza, la destruction d’un tel engin prend une résonance particulière. Le deltaplane motorisé de type Baqaï n’est pas seulement un vecteur d’attaque : il est devenu, dans la conscience nationale israélienne, l’emblème de la défaillance du système de sécurité et de la brutalité du Hamas ce matin-là. Le voir encore intact sur le sol gazaoui plus de deux ans après les faits avait quelque chose d’insupportable — une persistance matérielle de l’horreur.

En ciblant cet appareil, l’armée israélienne adresse un message à plusieurs niveaux. D’abord à ses propres forces et à la population : les outils du massacre ne seront pas laissés en l’état, ni utilisés à nouveau. Ensuite au Hamas et aux parties prenantes de tout accord en cours : Israël demeure résolu à mener des opérations actives pour protéger ses soldats, ses frontières, et pour frapper toute réorganisation ou tout regroupement ennemi.

Ce cadrage a été explicitement confirmé par des sources militaires israéliennes : l’activité de Tsahal vise à signifier à toutes les parties impliquées dans les négociations en cours qu’Israël ne se contentera pas d’une posture passive. Chaque menace identifiée sera traitée, y compris celles qui peuvent paraître résiduelles ou symboliques.

Les Toyota blanches, les parapentes, les mêmes images

Ce n’est pas la première fois que les instruments matériels du 7 octobre font retour dans l’actualité. Les Toyota blanches — ces véhicules civils réquisitionnés par le Hamas et utilisés lors des raids sur Sderot, Ofakim ou le festival Nova — avaient déjà alimenté une polémique lors de leur réapparition lors de cérémonies de remise d’otages organisées par le Hamas. Ces mises en scène macabres, avec des combattants armés, du matériel de guerre et ces mêmes véhicules astiqués comme au premier jour, avaient profondément choqué l’opinion publique israélienne.

Le deltaplane s’inscrit dans ce même registre : celui des objets qui concentrent, à eux seuls, la mémoire d’une blessure nationale. Sa destruction n’efface rien — elle n’est pas censée le faire. Elle marque plutôt la volonté de ne pas laisser ces symboles impunément aux mains de ceux qui les ont utilisés pour tuer.

L’opération s’inscrit dans un contexte militaire et diplomatique particulièrement tendu. Alors que les négociations autour d’un accord sur les otages et d’un éventuel cessez-le-feu se poursuivent sous médiation américaine et égyptienne, Tsahal maintient une pression opérationnelle continue sur Gaza. Les éliminations récentes de hauts commandants du Hamas — dont Izz al-Din al-Haddad puis Mohammed Ouda, chef de la branche armée du mouvement — ont démontré que l’armée israélienne n’entend pas suspendre ses frappes au nom de considérations diplomatiques, même sous pression américaine.

Dans ce tableau, la destruction d’un deltaplane motorisé symbolise également quelque chose de plus discret : la continuité. La guerre contre le Hamas n’est pas finie, et les outils qui ont servi à massacrer des civils israéliens ne seront pas conservés comme trophées dans les ruelles de Gaza.


Sur ce sujet, retrouvez notre analyse : L’armée terroriste du Hamas : détruite mais toujours vivante, qui décrit l’état des forces du Hamas après des mois de guerre intensive. À lire également : Le Mossad avant le 7 octobre : l’erreur d’évaluation qui coûte cher, un retour sur les failles de renseignement qui ont rendu possible ce massacre.

 

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