« Le Hamas ne peut plus en sortir » : un responsable du conseil de la paix détaille la feuille de route à N12

Les informations en bref :

  • Le conseil de la paix a publié hier une feuille de route officielle pour l’avancée du processus de paix dans la bande de Gaza, le Hamas ayant exprimé un accord conditionnel à sa mise en œuvre.
  • Un responsable officiel du conseil de la paix a précisé à N12 qu’Israël ne serait tenu au retrait et à l’arrêt de ses opérations militaires qu’après une série de mesures significatives prises par le Hamas.
  • Le responsable a également précisé que les armes du Hamas seraient stockées à l’intérieur de la bande et surveillées par la force internationale et le comité des technocrates.
  • Le Maroc devrait jouer un rôle central dans la formation de la nouvelle force de police de la bande.

Vingt-quatre heures après que le conseil de la paix a publié sa « feuille de route » pour la mise en œuvre du plan de paix du président Trump à Gaza, de nombreuses zones d’ombre demeuraient. Mais dans un entretien avec N12, un responsable officiel du conseil de la paix dissipe une partie du brouillard : « Le Hamas ne peut plus en sortir — ils ont donné leur accord et l’ont annoncé publiquement, ils peuvent essayer de tourner ça comme ils veulent. Vient maintenant l’étape difficile de la mise en œuvre. »

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Les prochaines étapes pour le Hamas et pour Israël

Selon ce responsable et le texte lui-même publié sur le réseau X, la feuille de route ne comporte aucun nouvel engagement pour Israël. L’engagement israélien de cesser ses opérations militaires et de se retirer — d’abord vers la ligne jaune, puis d’effectuer des retraits supplémentaires — était déjà ancré dans le plan en 20 points de Trump. La feuille de route clarifie en revanche l’ordre des opérations qui obligera Israël à accomplir ces deux étapes.

Le responsable du conseil de la paix explique que, pour faire avancer le processus et aboutir à un retrait israélien, « le Hamas devra prendre une série de mesures très significatives, qui conduiront concrètement à ce que Gaza soit totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Il existe aussi des engagements du côté israélien, mais ils reposent tous sur le fait que le Hamas exécute d’abord, dans une première étape, une longue série de mesures. »

Selon lui, ce n’est qu’une fois le comité de supervision international mis en place, et une fois établi que le Hamas a effectivement cessé son activité militaire — y compris le recrutement de combattants et l’armement — qu’Israël sera à son tour contraint de cesser ses propres opérations militaires. « L’évaluation se fera dans un délai court », précise le responsable.

Stockage des armes plutôt que désarmement complet

La feuille de route établit que le processus de stockage des « armes lourdes » débutera après l’entrée en fonction du comité des technocrates et le déploiement de la force de stabilisation internationale (ISF), tandis que la détention d’armes légères — qui a constitué le principal point de friction dans les négociations entre le Hamas et le conseil de la paix ces derniers mois — sera soumise à la loi palestinienne.

Le responsable officiel du conseil de la paix ayant échangé avec N12 a précisé que le comité des technocrates, et non le Hamas, serait le seul organe disposant d’un contrôle sur les armes, légères comme lourdes. Selon lui, les armes seront stockées sur le territoire de la bande de Gaza et placées sous la supervision constante du comité des technocrates et de la force internationale. Au conseil de la paix, on estime que le processus de stockage des armes du Hamas sera long, et qu’il prendra entre 200 et 350 jours.

Le programme pilote continue d’avancer

Le mois dernier, un programme pilote promu par le conseil de la paix à Gaza avait été révélé, dans le cadre duquel une partie de la population gazaouie pourrait être transférée vers un territoire de la bande situé hors du contrôle du Hamas. Selon ce programme, des dizaines de milliers de Gazaouis seraient déplacés vers ces zones, où des conditions humanitaires améliorées seraient mises en place d’ici l’hiver prochain.

Le responsable ayant échangé avec N12 a précisé que la préparation de ce programme pilote se poursuivait en parallèle des procédures évoquées dans la feuille de route. « Nous avons l’opportunité d’accélérer les choses maintenant, le programme continue d’avancer », a-t-il déclaré. Selon lui, il est possible qu’Israël soit amené à se retirer vers la ligne jaune d’origine, c’est-à-dire des territoires conquis depuis le cessez-le-feu d’octobre, en fonction de l’avancée du programme de stockage des armes : « Ce n’est pas explicitement mentionné dans le plan publié, mais nous parlons d’un retrait progressif, à mesure que certaines zones deviendront exemptes d’armes et d’infrastructures terroristes — nous y verrons un retrait des forces israéliennes. »

La force de police palestinienne

L’article 7 de la « feuille de route » publiée hier détaille la formation d’une nouvelle force de police, qui devra passer par un filtrage sécuritaire complet et travaillera sous l’autorité du comité des technocrates. Le responsable du conseil de la paix révèle que le Maroc devrait jouer un rôle central dans la formation de ces forces de police, et que leur entraînement se déroulera en Égypte. Selon lui, cette force est encore loin d’être prête à prendre une part active au maintien de l’ordre à Gaza.

Liens internes

Sur les précédents développements de l’accord de désarmement du Hamas, retrouvez notre article sur l’annonce de Trump concernant l’accord du conseil de la paix [lien vers l’article publié précédemment dans cette session], ainsi que notre tribune de Nadav Shragai mettant en garde contre un « faux désarmement » du Hamas [lien vers l’article publié précédemment dans cette session].