Nouvelle loi en Europe : tout ce que vous devez savoir avant de prendre l’avion

L’été 2026 s’annonce sous haute tension pour les aéroports européens. Le nouveau système d’Entrée/Sortie de l’Union européenne, entré en vigueur en version complète en avril dernier, est en train de transformer des plateformes habituellement fluides en goulets d’étranglement géants. Une enquête menée dans 45 aéroports de 20 pays européens révèle des temps d’attente atteignant trois heures et demie aux heures de pointe — une réalité que les touristes israéliens allant passer leurs vacances en Europe feraient bien de prendre très au sérieux.

Ce système, connu sous l’acronyme EES (Entry/Exit System), remplace les traditionnels tampons dans les passeports par un enregistrement numérique complet. Désormais, tout voyageur ne disposant pas d’un passeport européen — et cela inclut évidemment les Israéliens — est tenu de fournir une série de données biométriques à chaque passage de frontière : scan complet des dix empreintes digitales, photographie et scan facial numérique, et saisie intégrale des informations du passeport dans une base de données centrale. La mesure s’applique dans 29 pays, couvrant la quasi-totalité des États membres de l’Union européenne ainsi que des pays hors UE mais membres de l’espace Schengen, comme l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein et la Suisse. Seules Chypre et l’Irlande en sont exemptées.

L’objectif affiché est clair : mieux identifier les voyageurs, traquer les dépassements de durée de séjour et renforcer la sécurité des frontières extérieures de l’espace européen. Julian Cahill, directeur général du moteur de recherche Points Path, résume bien la portée réelle du système : il ne modifie ni les règles de visa, ni la durée de séjour autorisée — il se contente d’enregistrer numériquement le moment d’entrée et de sortie de chaque voyageur.

Transportation Security Administration Checkpoint at John Glenn Columbus International Airport

Le grand mensonge de la « minute d’enregistrement »

Ce qui devait être une procédure rapide est devenu, dans les faits, un désastre opérationnel. Et la cause principale ne vient pas des agents d’immigration humains : elle vient des bornes en libre-service, censées accélérer le traitement des passagers. Agata Lisnik, porte-parole du Conseil international des aéroports, n’a pas mâché ses mots pour décrire l’ampleur du problème technique. Selon elle, une partie des bornes n’ont tout simplement jamais été connectées au réseau dans certains aéroports, en raison de difficultés d’intégration entre le logiciel EES et le matériel des machines. Et dans les aéroports où elles fonctionnent, les pannes sont fréquentes : l’accumulation de sueur, de graisse et de poussière sur les surfaces de scan des empreintes les rend rapidement inopérantes, nécessitant un nettoyage systématique entre chaque passager — une procédure que les agents ne suivent pratiquement jamais.

Des voyageurs ayant vécu l’expérience rapportent avoir tenté de scanner leurs empreintes à de nombreuses reprises avant que la machine parvienne à les lire correctement. La promesse de l’Union européenne d’un « enregistrement en une minute » est, dans ces conditions, une plaisanterie théorique. Les grands hubs internationaux — Charles de Gaulle à Paris et Schiphol à Amsterdam — sont les plus touchés, absorbant des flux de centaines de passagers simultanés pour lesquels aucune infrastructure suffisante n’a été déployée.

Le ministère de l’Intérieur espagnol fait exception : ses aéroports déclarent que le système fonctionne de manière satisfaisante depuis son déploiement. Mais cette exception confirme la règle d’un bilan général très mitigé.

Attention aux correspondances : le piège à éviter absolument

La situation devient particulièrement critique pour les voyageurs israéliens qui transitent par un hub européen avant de rejoindre une autre destination dans l’espace Schengen. Cahill formule un avertissement sans équivoque : si la correspondance implique un passage par le contrôle des passeports avant de reprendre un vol à l’intérieur de l’espace Schengen, le voyageur sera soumis à la procédure d’enregistrement biométrique complète durant son temps de connexion. À Paris-CDG ou Amsterdam, où les temps d’attente peuvent dépasser trois heures, un transit prévu de deux heures peut se transformer en cauchemar. La règle est désormais simple : sur ces routes, prévoir des temps de correspondance nettement plus longs que d’habitude.

Une application officielle baptisée Travel to Europe permet en théorie de s’enregistrer à l’avance depuis chez soi, ce qui éviterait la file à l’aéroport. Mais elle n’est accessible, à ce stade, qu’aux voyageurs entrant par la Suède ou le Portugal — ce qui la rend sans intérêt pour l’immense majorité des passagers au départ d’Israël.

Pour en savoir plus sur les voyages et les démarches administratives en Europe, vous pouvez consulter nos articles sur les nouvelles règles de conduite en Israël ainsi que les actualités pratiques pour les voyageurs israéliens.

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