Ce dimanche matin, le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat a rapporté qu’Israël a transmis, via plusieurs canaux, des avertissements directs au Hamas et aux autres organisations terroristes palestiniennes : si des accords sur un cessez-le-feu ne sont pas conclus dans un délai proche, Tsahal élargira ses opérations militaires dans la bande de Gaza — y compris par une intensification des éliminations ciblées.
Ces messages auraient été acheminés avant le début du nouveau cycle de discussions entamé samedi entre le Hamas et les médiateurs réunis au Caire. L’horloge diplomatique tourne donc en parallèle d’une pression militaire explicitement formulée — une configuration qui place les négociations sous une tension inédite.
Une menace qualifiée de « générale » par le Hamas
Côté palestinien, la réaction ne s’est pas fait attendre. Un responsable du Hamas et un représentant d’une autre organisation palestinienne ont tous deux confirmé avoir reçu ces messages israéliens, tout en s’empressant d’en minimiser la portée. Selon eux, les avertissements d’Israël étaient « généraux et non détaillés », transmis par « plusieurs parties ». La direction de ce qu’ils appellent la « résistance » a, selon ces mêmes sources, officiellement « rejeté tout ultimatum ou toute négociation menée sous la menace des armes, une méthode qui s’est révélée inutile par le passé ».
Une formule bien rodée — mais qui ne masque pas l’inquiétude que ces mêmes organisations nourrissent à l’égard de la trajectoire actuelle des opérations israéliennes.
L’ombre des éliminations sur les négociations
Car au-delà des mots, c’est la réalité du terrain qui pèse. Les organisations terroristes palestiniennes évalueraient qu’Israël est susceptible d’amplifier sa série d’éliminations contre les responsables du Hamas encore en vie — et pas uniquement ceux directement impliqués dans le massacre du 7 octobre. Selon ces estimations, Israel frapperait toute cible à haute valeur dès que l’opportunité opérationnelle se présente, comme cela a déjà été le cas récemment.
Dans ce contexte, il est rapporté que les organisations palestiniennes entendent conditionner toute avancée au Caire à l’arrêt de ces éliminations. Elles exigeraient également la mise en œuvre complète de l’accord de cessez-le-feu, assortie d’un retrait israélien progressif de Gaza.
Extension de la « ligne jaune » : les zones menacées
Le scénario d’un échec du cycle de négociations actuel est pris très au sérieux à Gaza. Si les pourparlers du Caire n’aboutissent pas, la conviction dominante au sein des organisations terroristes est qu’Israël s’emparera de territoires supplémentaires dans la bande et étendra ce qu’ils appellent la « ligne jaune » — la zone de contrôle israélien consolidé.
Les zones concernées par cette éventuelle extension se situeraient au centre de la bande de Gaza, en face de Deir al-Balah et des camps d’Al-Mughazi et d’Al-Bureij. Des localités qui constituent encore aujourd’hui des zones de présence dense de combattants et de structures du Hamas.
Ce rapport du journal saoudien, perçu comme généralement bien connecté aux cercles diplomatiques du Moyen-Orient, intervient dans un contexte où la pression internationale sur les deux parties s’intensifie. Pour Israël, l’enjeu est double : maintenir la crédibilité de sa menace militaire tout en gardant ouvert le canal d’un accord qui permettrait le retour des otages encore détenus à Gaza. Pour le Hamas, chaque jour de négociation sans résultat concret est aussi un jour de plus où ses dirigeants restants vivent sous la menace d’une frappe.
La table du Caire est donc bien plus qu’un forum diplomatique. C’est l’endroit où se joue, en ce moment, la question de savoir si la prochaine phase de cette guerre sera diplomatique — ou militaire.
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