En raison de l’escalade : les Houthis ont déclaré un « blocus total » sur Israël en mer Rouge

Les milices houthies du Yémen ont franchi un nouveau cap ce lundi matin : en réponse à l’escalade entre Israël, le Hezbollah et l’Iran, elles ont déclaré un « blocus maritime total » sur Israël en mer Rouge. La déclaration, publiée depuis Sanaa, annonce explicitement que toute nouvelle escalade israélienne sera suivie d’une escalade correspondante de leur côté.

La proclamation houthie est formulée dans une rhétorique idéologique dense. Le mouvement affirme agir dans le cadre de l’affrontement avec ce qu’il appelle l’« agression américaine et sioniste » contre l’axe de la résistance en Iran, Palestine, Liban, Irak et Yémen. Les milices rejettent explicitement le « projet sioniste » qui chercherait, selon elles, à établir ce qu’elles désignent par les termes de « Grand Israël » sous couvert d’un Nouveau Moyen-Orient. Elles affirment vouloir briser le « siège injuste » imposé par l’ennemi américain sur leur peuple et sur les peuples alliés au Liban, à Gaza et en Iran, en s’appuyant sur le principe d’unité des fronts.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Cette déclaration de blocus fait suite au tir d’au moins un missile balistique depuis le territoire yéménite vers Israël dans la matinée du lundi 8 juin. Les Houthis ont revendiqué ce tir dans un communiqué. Depuis la capitale Sanaa, les dirigeants du mouvement avaient d’ailleurs clairement prévenu, même pendant la période de cessez-le-feu précédente, qu’ils n’hésiteraient pas à entrer en combat et à soutenir l’Iran si les hostilités reprenaient.

Le positionnement des Houthis en gardiens de la mer Rouge n’est pas nouveau. Depuis l’automne 2023, le mouvement avait multiplié les attaques contre des navires commerciaux dans le détroit de Bab-el-Mandeb et ses abords, paralysant une partie importante du trafic maritime international et obligeant de nombreuses compagnies à contourner l’Afrique. Cette campagne avait conduit les États-Unis et plusieurs pays alliés à lancer des opérations militaires contre des cibles houthies au Yémen. La déclaration de ce lundi renoue avec cette logique, mais en l’élevant au rang de « blocus total » officiel, dans un contexte d’escalade régionale bien plus large.

Pour Israël, un blocus houthi en mer Rouge touche directement au port d’Eilat et aux routes commerciales qui relient Israël à l’Asie et à l’Afrique orientale. Lors de la précédente campagne houthie, le port d’Eilat avait vu son activité chuter de manière dramatique, forçant les autorités israéliennes à chercher des routes de substitution. La déclaration de blocus de ce matin ravive donc une vulnérabilité économique et stratégique que la guerre avait déjà mise à nu.

La menace houthie s’inscrit dans la doctrine d’unité des fronts que l’axe iranien cherche à imposer : chaque action israélienne sur un théâtre d’opérations doit désormais être évaluée à l’aune de ses répercussions potentielles sur l’ensemble des fronts, du Yémen au Liban en passant par l’Iran et Gaza. C’est précisément cette logique de solidarité forcée que le gouvernement israélien s’emploie à désamorcer, en affirmant que les zônes d’opérations restent distinctes.

Pour aller plus loin :

Banniere Israel Hai