Premier sauvetage de ce genre : comment les pilotes de l’hélicoptère américain ont été secourus par une méthode innovante

Les deux pilotes de l’Apache n’avaient qu’une chose pour eux : ils avaient eu le temps de sauter dans l’eau avant que l’appareil ne s’écrase. L’hélicoptère de combat appartenant à la 82e division aéroportée des forces américaines a été abattu mardi au large des côtes d’Oman, vraisemblablement touché par un drone-kamikaze iranien lors d’une mission de surveillance dans la zone.

Deux heures de dérive dans l’obscurité du golfe d’Oman ont suivi. Pendant ce temps, une vaste opération de recherche s’est mise en place, sous couverture de chasseurs et de drones MQ-9. Et c’est là que l’histoire devient inédite : les deux membres d’équipage ont finalement été secourus non pas par un hélicoptère de sauvetage ou un navire de surface classique, mais par un bateau entièrement télécommandé — une première dans l’histoire des opérations de sauvetage en mer de la marine américaine.

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Le Coursair et la Task Force 59

Le bâtiment qui a effectué le sauvetage est un engin de type « Corsair » fabriqué par la société Saronics, d’une longueur d’environ sept mètres et d’un rayon d’action dépassant 1 600 kilomètres. Ce bateau sans équipage a transporté les deux pilotes jusqu’à un point sûr, d’où ils ont pu être hélitreuillés à bord d’un appareil de sauvetage. Il appartient à la « Task Force 59 », la première unité de vaisseaux autonomes et d’intelligence artificielle de la marine américaine, créée en 2021.

Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du CENTCOM, a décrit le moment où les pilotes s’étaient extirpés de l’appareil en perdition comme « un moment de providence divine ». L’opération a été conduite sans qu’aucun navire ni aucun marin américain supplémentaire ne soit exposé au danger — une démonstration opérationnelle de ce que les drones maritimes peuvent apporter dans des environnements contestés.

Le prix cumulatif de la guerre

L’abattage de cet Apache s’inscrit dans une série de pertes aériennes américaines depuis le début de la guerre contre l’Iran fin février. Le rapport du service de recherche du Congrès de mai dernier dénombrait 42 aéronefs perdus ou endommagés, dont des drones. Parmi les incidents notables : quatre F-15E perdus, dont trois abattus par erreur par des forces américaines au-dessus du Koweït ; un avion A-10 écrasé lors d’une mission de sauvetage ; deux avions ravitailleurs KC-135 entrés en collision en Irak en mars, faisant six victimes parmi les membres d’équipage.

Le coût total des opérations militaires a été évalué à environ 29 milliards de dollars devant le Congrès le mois dernier. Les États-Unis maintiennent par ailleurs un blocus naval des ports iraniens, que Trump a décrit cette semaine comme un étau qui rend l’Iran « très pauvre ».

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