Le nucléaire dedans, les missiles dehors : le projet d’accord entre l’Iran et les États-Unis dévoilé

L’accord se précise. Ce vendredi 12 juin 2026, l’agence de presse iranienne Maher a publié de nouveaux détails sur la mouture en cours de finalisation d’un texte irano-américain en quatorze points, dont l’existence avait été confirmée la veille par Donald Trump lui-même. Un document dont certains contours sonnent, depuis Jérusalem, comme une alarme.

Selon ces informations, qui proviennent de sources iraniennes et de médias arabes — Al-Arabiya et Al-Hadath ayant également révélé des éléments concordants via leurs propres sources —, les États-Unis s’engageraient dans le cadre de cet accord à lever les sanctions économiques frappant l’Iran, à retirer leurs forces des environs immédiats du territoire iranien, à mettre fin au blocus maritime dans un délai de trente jours, à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation et à libérer les avoirs iraniens gelés. Téhéran aurait par ailleurs obtenu que Washington présente un plan de redressement de l’économie iranienne.

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Le point qui retient particulièrement l’attention des analystes : selon la mouture divulguée, les négociations finales entre les deux pays se concentreraient exclusivement sur les dossiers du nucléaire et de l’économie. Le programme balistique iranien — ses missiles — serait explicitement exclu du champ de la discussion. Pour Israël, qui considère ces vecteurs comme l’une des menaces les plus concrètes pesant sur son territoire, l’exclusion du dossier missiles représente un point de friction majeur avec l’approche américaine.

Il convient de souligner que ces informations émanent de sources iraniennes et de médias arabes dont la précision ne peut être vérifiée de façon indépendante. Des responsables des deux camps ont rappelé qu’aucun texte définitif n’a été approuvé et que les tractations se poursuivent.

Côté financement, des sources ont également évoqué le dégel d’actifs iraniens évalués à douze milliards de dollars dans le cadre du volet économique de l’accord. Un chiffre que Téhéran a confirmé pour sa part, tandis que les médiateurs — au premier rang desquels le Qatar — ont joué un rôle central pour trouver une formule acceptable par les deux parties. L’émir du Qatar, le chef d’état-major pakistanais Asim Munir et le président des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed auraient également pesé de tout leur poids pour dissuader Trump de frapper l’Iran jeudi dernier, après que celui-ci avait initialement menacé de lancer une nouvelle série de frappes.

Trump avait d’ailleurs annoncé dès jeudi soir l’annulation des opérations militaires américaines prévues contre l’Iran, ajoutant qu’une signature était désormais imminente — peut-être dès la semaine prochaine.

La question du Liban, elle, s’invite dans la négociation par une porte dérobée. Selon un rapport du journal libanais Al-Akhbar, l’Iran aurait reçu une réponse finale des États-Unis indiquant que le Liban serait inclus dans l’accord de cessez-le-feu global — ce qui impliquerait l’arrêt des opérations militaires israéliennes et un retrait rapide de Tsahal du territoire libanais. Une perspective qui a immédiatement suscité une réaction véhémente de la part d’une organisation de réservistes israéliens, le « Dor HaNetsa’hon » (Génération de la victoire), qui regroupe des dizaines de commandants de combat ayant servi au Liban. Dans une déclaration transmise aux médias, ils ont lancé un appel direct au Premier ministre Netanyahu : « Pendant deux ans, nous nous sommes battus au Liban et avons risqué nos vies, nous avons perdu des amis et des proches. Nous n’avons pas fait cela pour que le Hezbollah revienne à la frontière sur injonction iranienne avec l’accord du président Trump. Nous appelons le Premier ministre à dire clairement à Trump que c’est une ligne rouge. Il n’y aura pas de retrait du sud du Liban. »

Le groupe a également rappelé que des désaccords entre alliés sont légitimes : « Même entre amis, les désaccords sont permis — mais sur cela, le Premier ministre ne peut pas faire de compromis, sous quelque forme que ce soit. »

Si l’accord devait être finalisé dans les termes divulgués, il constituerait la percée diplomatique la plus significative depuis le début de la guerre de mars 2026, un conflit qui a déjà coûté des milliers de vies et provoqué une hausse brutale des prix de l’énergie à l’échelle mondiale. L’extension d’un cessez-le-feu de soixante jours et la réouverture du détroit d’Ormuz figurent parmi les clauses les plus attendues des marchés internationaux.

Pour le contexte de la confrontation avec l’Iran, voir notre article : B-2 et B-1B : comment les bombardiers américains ont détruit le programme balistique iranien en 48 heures. Voir également : KAN : Tsahal approuve le projet d’étendre ses opérations au sud du Liban.

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