Trump sur Netanyahou — comme on n’avait jamais entendu : « Il faut le garder sain d’esprit »

Dans une interview accordée en exclusivité au site Axios, dont la publication intégrale est attendue ce vendredi, le président américain Donald Trump lève pour la première fois le voile sur les coulisses de la guerre contre l’Iran. Et il ne mâche pas ses mots — ni à l’égard de ses adversaires, ni à l’égard de ses alliés.

Interrogé sur ses relations avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou, Trump a répondu que « Bibi est bien », avant d’ajouter une formule qui a immédiatement retenu l’attention : « Il fallait le garder sain d’esprit. » Selon le journaliste Mark Caputo qui a conduit l’entretien, le sous-entendu des propos présidentiels est que Netanyahou aurait quelque peu perdu ses repères dans le contexte des négociations et des discussions autour de l’Iran.

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Trump, maître des manœuvres

Sur la capacité américaine à contrôler les actions militaires israéliennes, Trump n’a affiché aucune retenue. Il a affirmé avoir agi pour empêcher Israël de frapper le Liban, et lorsqu’on lui a demandé comment il comptait s’y prendre pour faire respecter cela, sa réponse a été catégorique : les Israéliens feront ce qu’il leur dira, parce qu’ »Israël m’aime ». Dans ce même contexte, l’interview a abordé la « doctrine de la mosaïque » iranienne — un dispositif de préparation militaire et de renseignement conçu par Téhéran pour répondre à une éventuelle décapitation de son commandement par les États-Unis et Israël, et dans le cadre duquel l’Iran aurait constitué un réseau de dirigeants de substitution.

Sur le bilan de la guerre elle-même, Trump a refusé d’admettre la moindre limite à sa puissance. Alors que le conflit s’est terminé sur un simple mémorandum d’entente — loin de la capitulation sans conditions qu’il avait exigée au départ —, le président a affirmé à Mark Caputo n’avoir « toujours pas appris cette leçon » sur les limites du pouvoir américain, déclarant que ces limites n’existent pas. Il a insisté sur le fait que les États-Unis avaient « complètement vaincu » l’Iran sur le plan militaire grâce à un blocus naval hermétique, et a soutenu que le mémorandum d’entente équivaut dans les faits à une capitulation sans conditions.

Trump a également reconnu dans cet entretien que la raison principale qui l’a poussé à arrêter les combats était économique. Selon lui, poursuivre les bombardements deux à trois semaines supplémentaires aurait conduit à la fermeture du détroit d’Ormuz, interrompu les livraisons de pétrole pendant de longs mois et risqué de précipiter le monde entier dans une « dépression économique ».

Enfin, dans des propos relayés également sur CNN, Trump a avancé que l’Iran avait connu un changement de régime. Confronté à la réalité — les mêmes dirigeants des Gardiens de la Révolution sont toujours en place — le président a justifié sa position en soulignant que le fils de Khamenei a remplacé son père, assassiné lors d’une frappe israélo-américaine en début de guerre, et que ce sont donc selon lui « des gens différents ». Des experts du monde entier ont rapidement réfuté cette affirmation : l’idéologie et la structure du pouvoir de la République islamique n’ont pas changé.


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