L’Union européenne de radiodiffusion (UER) a approuvé ce jeudi, lors de sa 96e assemblée générale à Prague, l’élévation du statut de la chaîne publique canadienne CBC au rang de membre à part entière de l’organisation. Cette décision a été prise après l’adoption d’un amendement au règlement permettant à des organismes de radiodiffusion situés hors d’Europe d’accéder à la pleine adhésion, sous réserve du respect des critères d’éligibilité fixés.
La conséquence directe est que le Canada sera éligible pour participer à l’Eurovision à compter de 2027, sans nécessiter d’invitation spéciale — à l’image de ce qui a prévalu jusqu’ici pour l’Australie. Des sources au sein de l’UER précisent toutefois qu’il s’agit d’une éligibilité à participer, et non d’une décision de la CBC de prendre part à la compétition dès l’année prochaine.
Pas de débat sur Israël — une première depuis le début de la guerre
Parallèlement, l’assemblée a procédé au bilan de l’Eurovision 2026. Contrairement aux années précédentes, au cours desquelles des demandes avaient été formulées par certains organismes de radiodiffusion pour débattre de la participation israélienne, aucun débat officiel sur le sujet n’a eu lieu cette fois. Des sources au sein de l’UER ont indiqué à Israel Hayom que les changements mis en œuvre cette année dans la gestion de la compétition et dans les systèmes de supervision ont contribué à réduire les critiques qui s’étaient exprimées ces dernières années autour du traitement réservé à Israël. Elles soulignent néanmoins qu’on ne saurait en déduire quoi que ce soit sur l’avenir, et que des questions politiques pourraient resurgir lors des prochaines éditions.
Parmi les cinq pays qui ont boycotté la compétition cette année — les Pays-Bas, la Slovénie, l’Espagne, l’Islande et l’Irlande — les deux premiers examinent déjà des voies pour y revenir. Les Pays-Bas envisagent de transférer la participation à la compétition à l’organisme public NOS, et la Slovénie, à la faveur d’un changement de gouvernement et de la fin de la ligne anti-israélienne, explore également un retour. En Slovénie, le contrôleur de l’organisme de radiodiffusion public a même indiqué avoir reçu de nombreuses plaintes de la part du public en raison de la décision de boycott. En Irlande et en Espagne, en revanche, les appels à poursuivre le boycott tant qu’Israël participe continuent de se faire entendre.
Vers une réforme plus large de la structure de l’organisation
En parallèle, l’UER examine également une réforme plus large de la structure des adhésions. La directrice générale de l’autorité de radiodiffusion du Kosovo (RTK), Zana Spahiu, a révélé que l’UER envisage de créer un nouveau régime d’adhésion qui permettrait à des pays ne remplissant pas actuellement les conditions d’une adhésion pleine d’obtenir une licence de participation aux compétitions de l’organisation. Ce mécanisme ouvrirait notamment la voie à la participation du Kosovo et du Kazakhstan. Si ce nouveau dispositif est adopté, le Kosovo espère d’abord y participer via l’Eurovision Junior, avant d’accéder à terme à l’Eurovision lui-même.
Derrière ces changements se profile un enjeu financier : le retrait de cinq pays cette année — dont deux significatifs comme l’Espagne et les Pays-Bas — a affecté les recettes issues des droits de participation et a pesé sur l’audimat général. L’élargissement du cercle des pays éligibles à participer vise à augmenter le nombre de concurrents et à renforcer la stabilité budgétaire de la compétition dans les années à venir.
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