Trump notifie le Congrès : des moteurs à réaction seront vendus à la Turquie — « Nous ne pouvons pas récompenser le gouvernement Erdogan »

L’administration Trump a officiellement informĂ© le Congrès amĂ©ricain de son intention d’autoriser la vente de moteurs Ă  rĂ©action Ă  la Turquie pour une valeur dĂ©passant les 700 millions de dollars. La notification, datĂ©e du 24 juin, a Ă©tĂ© transmise tard mercredi au Congrès par le DĂ©partement d’État. Dans ce document, il est prĂ©cisĂ© : « Le gouvernement amĂ©ricain est prĂŞt Ă  accorder une licence d’exportation pour ces articles après avoir examinĂ© des considĂ©rations d’ordre politique, militaire, Ă©conomique, des droits de l’homme et de contrĂ´le des armements. »

La notification prĂ©cise Ă©galement que le Congrès dispose de 15 jours pour dĂ©poser une rĂ©solution d’opposition conjointe s’il souhaite bloquer la transaction. Une telle rĂ©solution devrait ĂŞtre adoptĂ©e par les deux chambres du Congrès, et pourrait ĂŞtre soumise au veto de Trump.

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Une fronde au Congrès — et une réponse sibylline de Trump

La dĂ©marche n’a pas tardĂ© Ă  susciter des rĂ©actions. Le sĂ©nateur Mixes a critiquĂ© ce qu’il a qualifiĂ© d’Ă©chec de l’administration Ă  effectuer un briefing « de bonne foi » sur les implications de la transaction pour les relations bilatĂ©rales et sur la dĂ©tention par la Turquie des systèmes S-400 russes. « Ces articles ne seront pas livrĂ©s avant des annĂ©es, et l’administration a continuellement ignorĂ© les demandes rĂ©pĂ©tĂ©es d’informations et de clarifications sur des aspects clĂ©s de la politique amĂ©ricaine », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Interrogé mercredi sur les moteurs à réaction, le programme F-35 et ses projets de sommet à Ankara, Trump a répondu : « Je ferai probablement quelque chose qui les rendra très satisfaits. »

Un contentieux qui remonte Ă  2019

Ce dossier s’inscrit dans un long feuilleton diplomatique. En 2019, l’achat par la Turquie du système de dĂ©fense aĂ©rienne russe S-400 avait gravement endommagĂ© ses relations avec les États-Unis et affaibli le soutien Ă  Ankara au sein du Congrès. En rĂ©ponse, Washington avait imposĂ© des sanctions et exclu la Turquie du programme de l’avion de combat F-35. Le Congrès avait mĂŞme adoptĂ© une loi interdisant toute vente de F-35 Ă  la Turquie tant qu’Ankara conserverait les S-400, faisant valoir que ces systèmes russes constituent un risque sĂ©curitaire pour les chasseurs amĂ©ricains.

Depuis lors, le dossier est restĂ© un point de friction majeur entre les deux pays, mĂŞme si la Turquie bĂ©nĂ©ficie de relations plus chaleureuses avec Washington sous la prĂ©sidence Trump. Des sources turques reconnaissent qu’il faudra des annĂ©es avant que l’avion de combat national turc, le Kaan, ne puisse remplacer les F-16 amĂ©ricains qui constituent la colonne vertĂ©brale de l’armĂ©e de l’air turque — ce qui explique l’intĂ©rĂŞt persistant d’Ankara pour tout rapprochement avec Washington dans le domaine de la dĂ©fense aĂ©rienne.

Cette vente de moteurs, si elle n’est pas bloquĂ©e par le Congrès, constituerait un signal supplĂ©mentaire de dĂ©gel dans des relations amĂ©ricano-turques qui ont traversĂ© de nombreuses turbulences depuis l’affaire des S-400. Elle intervient alors que Trump Ă©voque une possible rencontre au sommet avec Erdogan Ă  Ankara — un dĂ©placement qui confirmerait l’importance que l’administration accorde Ă  la prĂ©servation de l’alliance avec ce membre clĂ© de l’OTAN, malgrĂ© les contentieux persistants.

Pour approfondir ce sujet, retrouvez sur notre site : — Le Pentagone a lancĂ© Ă  la Turquie un ultimatum : ce sera les S-400 ou les F-35 ! — Les États-Unis se prĂ©parent Ă  priver la Turquie d’une arme puissante