Ben Gvir : « La déclaration du Premier ministre ce soir selon laquelle il « a l’intention de former un gouvernement large » est très préoccupante »

Ce soir du 27 juin 2026, Binyamin Netanyahu a prononcé des mots qui ont immédiatement mis le feu aux poudres au sein même de sa coalition : le Premier ministre a déclaré publiquement qu’il « avait l’intention de former un gouvernement national large ». La réaction n’a pas tardé. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a pris la parole dans la foulée pour exprimer une inquiétude qu’il qualifie lui-même de « très grande ».

Un signal d’alarme immédiat

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Dans une déclaration publiée en soirée, Ben Gvir ne mâche pas ses mots. La formule employée par Netanyahu — « former un gouvernement large » — résonne pour lui comme un avertissement que les leçons du passé risquent d’être ignorées. « L’affirmation du Premier ministre ce soir selon laquelle il « a l’intention de former un gouvernement large » est très préoccupante », écrit le ministre, avant d’enchaîner sur ce qu’il considère comme un bilan accablant des expériences similaires passées.

Le ministre dresse un tableau précis de ce que ces coalitions dites « larges » ont coûté à la droite dans l’histoire récente. Il cite deux noms comme autant de contre-exemples cuisants : Tzipi Livni, qui a occupé le poste de ministre de la Justice dans un gouvernement où Netanyahu avait intégré des éléments de gauche, et Benny Gantz, qui a été ministre de la Défense dans les mêmes conditions. Pour Ben Gvir, ces précédents ne sont pas anodins — ils illustrent, selon lui, comment l’intégration de figures de l’opposition dans le cabinet a systématiquement paralysé la capacité du gouvernement à avancer sur une ligne politique résolument à droite.

L’argument de fond est limpide dans sa formulation : chaque fois que Netanyahu a élargi sa base gouvernementale vers le centre ou la gauche, c’est la politique de droite qui en a payé le prix. Les grandes orientations — sécuritaires, territoriales, judiciaires — se retrouvent selon Ben Gvir bloquées ou diluées dès lors que des partenaires idéologiquement incompatibles entrent dans la danse ministérielle.

Le contexte d’une déclaration lourde de sens

La sortie de Netanyahu intervient dans un contexte particulier. Ce samedi 27 juin, le Premier ministre a fait une déclaration saluant ce qu’il a qualifié d’ « exploit historique » — en lien avec un accord sur le Liban — et a affirmé qu’Israël resterait dans le sud du Liban tant que la menace sécuritaire subsisterait. C’est dans ce même discours qu’il a glissé sa volonté de construire un « gouvernement national large ».

Pour Ben Gvir et les partisans d’une ligne droite sans compromis, ce type d’annonce en plein contexte d’accords diplomatiques et sécuritaires sonne comme un signal d’ouverture vers des forces politiques qu’ils considèrent comme des obstacles à une politique ferme. L’équation est simple dans leur lecture : un gouvernement large, c’est nécessairement un gouvernement où la droite radicale perd de son influence au profit d’acteurs du centre ou de la gauche modérée.

Une ligne rouge posée clairement

La position de Ben Gvir est exprimée sans ambiguïté dans sa déclaration : le gouvernement que Netanyahu devrait former est, selon lui, « uniquement un gouvernement de droite à part entière ». Pas de compromis, pas d’ouverture vers d’autres horizons politiques. La formule « ממשלת ימין על מלא » — un gouvernement de droite complet — résume à elle seule toute sa vision de ce que devrait être la prochaine configuration gouvernementale.

Cette prise de position publique et immédiate signale que la tension au sein de la coalition n’est pas près de s’apaiser. Ben Gvir choisit de réagir non pas en coulisses, mais directement dans l’espace public, ce qui traduit à la fois la gravité avec laquelle il perçoit la déclaration de Netanyahu et sa volonté de peser sur l’agenda politique avant que les choses ne se cristallisent.

Le ministre de la Sécurité nationale occupe une position particulièrement exposée dans le paysage politique israélien. Pilier de la droite radicale, fondateur du mouvement Otsma Yehudit, il représente une base électorale qui a voté pour un virage à droite assumé — et qui n’a aucune intention d’accepter que cette orientation soit diluée au nom d’un élargissement gouvernemental jugé inutile, voire dangereux.

La question que pose implicitement sa déclaration de ce soir est celle de la stabilité même de la coalition actuelle si Netanyahu venait à concrétiser cette orientation vers un gouvernement « large ». Car Ben Gvir parle au nom d’une frange du gouvernement qui a déjà montré, par le passé, qu’elle n’hésitait pas à faire pression — voire à mettre en jeu sa participation — lorsqu’elle estimait que ses lignes rouges étaient franchies.

Pour l’heure, Netanyahu n’a pas répondu à cette sortie. Mais le signal est lancé, et la soirée de ce 27 juin marque sans doute le début d’une nouvelle séquence de bras de fer au cœur même de la droite israélienne.


Pour en savoir plus sur les tensions au sein de la coalition israélienne :

 

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