Tribune d’Amit Segal, commentateur politique Ă Israel Hayom
Ce qui se passe depuis deux semaines autour de Netanyahu et du Likoud a un nom en mĂ©tĂ©orologie : tempĂŞte parfaite. Par chance, elle survient 120 jours avant les Ă©lections — un dĂ©lai que aucune campagne Ă©lectorale du siècle n’a encore eu Ă affronter Ă ce stade.
L’accord de Trump avec l’Iran sape le fondement politique de l’existence de Netanyahu. Le prix payĂ© en sang au Liban, malgrĂ© les coups sĂ©vères que continue d’encaisser le Hezbollah, frappe une arène oĂą une victoire totale avait Ă©tĂ© remportĂ©e l’an dernier. Les blocages des routes par les ultra-orthodoxes et les sessions lĂ©gislatives hebdomadaires Ă la Knesset exposent, semaine après semaine, aux Ă©lecteurs indĂ©cis, le talon d’Achille de tout le bloc. Si c’est dans cet Ă©tat qu’il se trouve le jour des Ă©lections, Netanyahu est en mauvaise posture.
Le moteur secret de la droite
L’une des raisons pour lesquelles la droite rĂ©ussit d’ordinaire mieux dans les urnes que dans les sondages, c’est le vote ultra-orthodoxe. Un taux de participation qui crève le plafond, multipliĂ© par le taux de croissance naturelle le plus Ă©levĂ© du monde occidental, et vous obtenez deux mandats supplĂ©mentaires. Lors des dernières Ă©lections, les partis ultra-orthodoxes avaient obtenu 17,5 mandats, qui sont devenus 18 grâce Ă la loi Bader-Ofer sur le calcul des reliquats. Dans la plupart des sondages actuels, ils n’atteignent que 16 mandats — ce qui laisse thĂ©oriquement encore quatre mandats en rĂ©serve.
Sauf si la surprise joue cette fois dans l’autre sens. Des politiciens, des journalistes et des influenceurs ultra-orthodoxes pointent la possibilitĂ© que le taux de participation s’effondre. Le public haredi est profondĂ©ment déçu de ses Ă©lus — dont la plupart sont prĂ©sents depuis le millĂ©naire prĂ©cĂ©dent. Il leur impute la responsabilitĂ© des sanctions et des arrestations, et estime qu’ils ont lourdement Ă©chouĂ© lors de la lĂ©gislature sortante. La frĂ©nĂ©sie lĂ©gislative dĂ©crite dans la presse gĂ©nĂ©rale comme l’arrogance et l’hubris des ultra-orthodoxes est davantage une course affolĂ©e du Shas et du JudaĂŻsme de la Torah pour prouver Ă leurs Ă©lecteurs qu’ils font quand mĂŞme quelque chose. C’est Ă©galement pourquoi l’Agudat IsraĂ«l institutionnelle a initiĂ© les gigantesques perturbations sur les routes du pays, en collaboration avec la Faction de JĂ©rusalem fanatique.
Le paradoxe de la division
Cette perturbation commune ouvre une possibilitĂ© intĂ©ressante, analysĂ©e par AriĂ© Zisman, rĂ©dacteur au journal « Yated Neeman » : le rapprochement entre Degel HaTorah lituanien et Agudat IsraĂ«l hassidique pourrait en rĂ©alitĂ© rĂ©vĂ©ler une rupture imminente entre les deux courants. Et comment Agudat IsraĂ«l passerait-elle le seuil d’Ă©ligibilitĂ© ? Grâce Ă la Faction de JĂ©rusalem, dont des dizaines de milliers de membres boycottent habituellement les Ă©lections. La haine mutuelle entre les deux factions inciterait tout le monde Ă se rendre aux urnes, dans une rĂ©pĂ©tition des Ă©lections de 1988 — oĂą les deux partis s’Ă©taient alors prĂ©sentĂ©s sĂ©parĂ©ment et avaient obtenu presque le double de voix par rapport Ă leur score combinĂ©, faisant naĂ®tre pour la première fois une force ultra-orthodoxe significative.
Pour approfondir ce sujet, retrouvez sur notre site :
— La campagne Ă©lectorale d’IsraĂ«l a Ă©tĂ© une guerre de religion axĂ©e sur la haine des religieux
— Le parti politique des Haredim ashkénazes rejette Netanyahu et lui demande de laisser sa place à un autre






