Arsen Ostrovsky, blessĂ© lors de l’attentat terroriste de Hanoukka sur la plage de Bondi Ă Sydney, a tĂ©moignĂ© ce lundi devant la Commission royale australienne sur l’antisĂ©mitisme et la cohĂ©sion sociale. Son tĂ©moignage a mis en lumière la violence de la haine en ligne qui l’a ciblĂ©, au moment mĂŞme oĂą il se trouvait au bloc opĂ©ratoire.
La commission a ouvert ce matin son troisième cycle d’auditions, centrĂ© sur la propagation de discours haineux sur les rĂ©seaux sociaux et dans les mĂ©dias traditionnels. Elle a Ă©tĂ© créée Ă la suite du massacre de Hanoukka, au cours duquel 15 personnes ont Ă©tĂ© assassinĂ©es lors d’une attaque terroriste sur la plage de Bondi.
Ostrovsky a expliquĂ© devant la commission qu’une photographie de ses blessures, publiĂ©e sur le rĂ©seau X environ deux heures après la fusillade, avait immĂ©diatement dĂ©clenchĂ© un flot de rĂ©actions haineuses et la crĂ©ation de fausses images gĂ©nĂ©rĂ©es par intelligence artificielle. Parmi ces manipulations : une image le montrant assis sur le sol en train de rire pendant qu’une autre personne peignait son visage en rouge. Sur d’autres visuels truquĂ©s, on le voyait tenant un Oscar, couvert de sang. Des commentaires sur les rĂ©seaux prĂ©tendaient que le sang visible sur sa photo originale n’Ă©tait en rĂ©alitĂ© que du ketchup ou de la peinture.
Des utilisateurs l’ont qualifiĂ© de « touriste traumatique » et d’ « acteur dans un attentat sous fausse bannière ». Une vidĂ©o sur YouTube, toujours en ligne selon Ostrovsky, l’accuse d’ĂŞtre un « acteur de crise » et un « agent d’une agence de renseignement ». « Tout cela s’est passĂ© pendant qu’on me prĂ©parait pour entrer en salle d’opĂ©ration », a-t-il confiĂ© Ă la commission. « Je tente de m’en abstraire autant que possible… mais c’est impossible. Cela essaie d’effacer complètement mon expĂ©rience et le traumatisme que j’ai vĂ©cu. »
Une mère anonyme, une fille ciblée
La commission a Ă©galement entendu le tĂ©moignage d’une mère juive de Sydney qui a souhaitĂ© rester anonyme. Cette femme de 47 ans a racontĂ© comment sa fille, alors en classe de cinquième, avait Ă©tĂ© la cible d’antisĂ©mitisme Ă l’Ă©cole en juin 2024, avant que la haine ne migre sur les rĂ©seaux. Un compte TikTok avait publiĂ© une vidĂ©o incluant une photo de la jeune fille accompagnĂ©e d’un texte offensant utilisant des substitutions de caractères pour contourner les filtres automatiques de la plateforme — une formule appelant Ă la gager. La police de la Nouvelle-Galles du Sud a Ă©tabli que la vidĂ©o avait Ă©tĂ© publiĂ©e depuis un compte créé par l’une des propres amies de la jeune fille.
Plusieurs grandes plateformes numĂ©riques ont Ă©tĂ© autorisĂ©es Ă comparaĂ®tre devant la commission : Google, Meta, TikTok et LinkedIn. L’avocat assistant la commission a prĂ©cisĂ© que certaines d’entre elles avaient coopĂ©rĂ© plus que d’autres aux demandes d’informations. La plateforme Gab Social a, selon lui, Ă©tĂ© « ouvertement hostile » dans ses Ă©changes avec la commission.
Pour en savoir plus sur l’antisĂ©mitisme en Australie et dans le monde :
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