InquiĂ©tude en IsraĂ«l : l’organisation qui a fermĂ© les yeux sur la montĂ©e en puissance du Hezbollah pourrait faire son retour

La France et l’Italie ont sollicitĂ© les États-Unis et IsraĂ«l afin de s’intĂ©grer dans la mise en Ĺ“uvre du nouvel accord de comprĂ©hension conclu avec le Liban. Cette dĂ©marche s’ajoute aux tentatives en cours Ă  l’ONU, oĂą l’on cherche Ă  relancer l’activitĂ© de la force de la FINUL sous un autre nom, dans le but officiel de poursuivre la mĂŞme mission.

La proposition des deux pays et de l’ONU concerne principalement l’expĂ©rimentation prĂ©vue dans l’accord entre IsraĂ«l et le Liban. Dans le cadre de cet arrangement, l’armĂ©e libanaise est censĂ©e prendre la responsabilitĂ© de nettoyer deux zones de toute prĂ©sence du Hezbollah et de les maintenir ainsi. Mais compte tenu des expĂ©riences passĂ©es, un doute considĂ©rable subsiste quant Ă  la capacitĂ© rĂ©elle de l’armĂ©e libanaise Ă  mener Ă  bien cette mission. C’est prĂ©cisĂ©ment pour l’ »aider » — du moins en apparence — que la France, l’Italie et l’ONU ont proposĂ© de s’y intĂ©grer.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Une mĂ©fiance israĂ©lienne tenace envers l’ONU et la France

En IsraĂ«l, cette idĂ©e est loin de susciter l’enthousiasme, en particulier s’agissant de l’ONU et de la France. Ces dernières annĂ©es, les États-Unis et IsraĂ«l avaient rĂ©ussi, au prix d’efforts considĂ©rables, Ă  mettre fin au mandat opĂ©rationnel de la force de la FINUL, prĂ©sente dans le sud du Liban depuis 1978. Cette force n’est jamais parvenue Ă  maintenir la paix ni Ă  empĂŞcher les organisations terroristes de s’y implanter durablement. C’est dans ce contexte qu’une dĂ©cision avait Ă©tĂ© adoptĂ©e il y a plusieurs mois au Conseil de sĂ©curitĂ©, censĂ©e mener Ă  la fin dĂ©finitive de son activitĂ©.

C’est la France qui s’Ă©tait opposĂ©e Ă  la fermeture de la FINUL. Paris se considère historiquement comme responsable du Liban, bien qu’aucune contribution concrète significative de sa part Ă  l’amĂ©lioration de la situation dans le pays ne soit vĂ©ritablement perceptible depuis le dĂ©but du millĂ©naire prĂ©cĂ©dent. Ces dernières annĂ©es, les relations entre Paris et JĂ©rusalem se sont par ailleurs nettement dĂ©gradĂ©es, notamment en raison des entraves visĂ©es contre les industries de dĂ©fense israĂ©liennes ainsi que des prises de position anti-israĂ©liennes rĂ©pĂ©tĂ©es du prĂ©sident Emmanuel Macron. C’est pourquoi l’on estime qu’IsraĂ«l s’opposera fermement Ă  toute intĂ©gration de la France dans le dispositif.

Avec l’Italie, une approche diffĂ©rente

Ă€ l’inverse, les relations avec l’Italie sont jugĂ©es bien meilleures, et il existe Ă©galement une possibilitĂ© rĂ©elle de rĂ©parer les liens avec sa Première ministre, Giorgia Meloni. C’est pourquoi il semble que, dans ce cas prĂ©cis, l’approche israĂ©lienne sera nettement plus ouverte qu’envers la France.

Cette divergence d’approche illustre une rĂ©alitĂ© diplomatique simple : pour IsraĂ«l, l’enjeu n’est pas tant la prĂ©sence internationale en elle-mĂŞme que la confiance accordĂ©e aux acteurs concernĂ©s. La crainte sous-jacente, exprimĂ©e Ă  mots couverts par les sources israĂ©liennes, est que la rĂ©intĂ©gration d’un mĂ©canisme international de supervision — quel que soit son nouveau nom — reproduise les mĂŞmes dĂ©faillances structurelles que la FINUL historique : une prĂ©sence sur le terrain incapable, ou peu disposĂ©e, Ă  empĂŞcher concrètement le Hezbollah de reconstituer ses capacitĂ©s militaires.

L’enjeu dĂ©passe donc la simple question bureaucratique du nom de la force ou de sa composition. Il s’agit, pour IsraĂ«l, de savoir si l’expĂ©rience amère de plusieurs dĂ©cennies de prĂ©sence internationale inefficace au Liban va se rĂ©pĂ©ter, ou si cette fois, un mĂ©canisme rĂ©ellement capable d’empĂŞcher le rĂ©armement du Hezbollah pourra voir le jour.

Pour mieux comprendre les tensions historiques entre Israël, le Liban et les forces internationales déployées dans la région, ces articles publiés sur notre site offrent un éclairage complémentaire :

🔗 « Esaü déteste Jacob » — Israël et le Hezbollah : une histoire de haine et de vengeance depuis près de 40 ans

🔗 Le Conseil de sécurité des Nations Unies a refusé de condamner les tunnels du Hezbollah malgré la violation de la résolution 1701