« Le terrorisme ne nous a pas brisés » : des rescapés de l’attentat contre l’ambassade d’Israël en Argentine ont visité le pays

Une délégation de rescapés argentins de l’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires a effectué une visite émouvante en Israël, à l’invitation du ministère des Affaires étrangères. Les douze membres de la délégation sont tous d’anciens employés locaux de l’ambassade qui ont survécu à l’attaque terroriste du 17 mars 1992 — une attaque perpétrée par l’Iran et le Hezbollah, au cours de laquelle 29 personnes ont été assassinées et des centaines d’autres blessées, dont des diplomates israéliens, des employés locaux et des passants.

Certains des membres de la délégation ont été eux-mêmes blessés lors de l’explosion. Tous ont perdu des collègues et des amis. Le trauma de cet attentat les accompagne encore aujourd’hui. Les visiteurs ont été reçus à la résidence du président de l’État, à la Knesset, et ont rencontré le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, qui leur a remis des attestations d’honneur et de reconnaissance pour leur contribution de longue date à l’État d’Israël. Le ministre les a remerciés pour leurs années de service, pour la reconstruction du travail de l’ambassade après la catastrophe, et pour avoir préservé la mémoire de l’attentat et des victimes tout au long des décennies.

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Des décennies d’impunité qui touchent peut-être à leur fin

L’un des sujets abordés lors des briefings reçus par les rescapés a été précisément la question de la responsabilité directe de l’Iran et du Hezbollah, établie par l’enquête, et les démarches judiciaires en cours pour que les auteurs soient enfin traduits en justice. Pendant des années, les responsables n’ont pas été poursuivis. L’arrivée au pouvoir du président argentin Javier Milei a constitué un tournant : la lutte contre le terrorisme iranien est devenue l’un des axes centraux de la politique étrangère de son gouvernement. En 2025, le Congrès argentin a modifié le code pénal afin de permettre la tenue de procès par contumace — une législation adoptée en consensus transpartisan. Une avancée cruciale avait eu lieu dès avril 2024, lorsque la cour d’appel fédérale avait officiellement qualifié l’attentat de crime contre l’humanité non soumis à prescription, et établi que l’Iran était l’État terroriste qui avait donné l’ordre opérationnel. Cette décision a permis à la justice d’ouvrir à nouveau les dossiers et d’entamer des procédures d’inculpation contre des hauts responsables iraniens et des militants du Hezbollah.

Des voix qui portent le poids de trente ans

Martin Goldberg, qui était un jeune agent de sécurité à l’ambassade au moment de l’attentat et qui est aujourd’hui homme d’affaires, a exprimé la signification profonde de ce voyage : pour lui, il s’agit d’une visite de clôture d’un cycle personnel pour l’âme, après tant d’années. Il a ajouté qu’il continuerait à être ambassadeur d’Israël dans le monde entier.

Lea Kovenski, ancienne assistante de l’attaché militaire de Tsahal, a livré un message chargé d’émotion : le terrorisme n’est pas en mesure de les anéantir, l’État d’Israël continue d’être présent en Argentine, et de façon plus forte. Pour elle, l’engagement de transmettre leur histoire jusqu’à ce qu’elle ne soit plus jamais oubliée est absolu.

Victor Nossembaum, un autre membre de la délégation, qui était agent de sécurité à l’époque et est aujourd’hui homme d’affaires, a conclu avec une phrase forte : la bombe voulait les détruire, mais elle a au contraire produit unité, amitié, amour inconditionnel pour Israël et fraternité entre Argentins et Israéliens, juifs et non-juifs.

L’initiateur de la visite est Danny Carmon, ancien consul à l’ambassade de Buenos Aires, qui a perdu son épouse Eliora Carmon, employée de l’ambassade, dans l’attentat. Lui-même ancien ambassadeur d’Israël en Inde, il a indiqué que cette visite constitue une forme de clôture de cercle pour chacun des participants, tout en soulignant l’obligation de l’État d’Israël de reconnaître et d’honorer ceux qui se sont tenus à ses côtés dans les jours les plus douloureux.

Pour approfondir le sujet des attentats iraniens en Argentine et de la lutte contre le terrorisme de Téhéran :
👉 Révélation : « Le chef de l’unité secrète du Hezbollah était à Téhéran lorsque l’attaque contre l’ambassade s’est produite »
👉 Argentine : le service de renseignement arrête deux suspects terroristes iraniens munis de faux passeports israéliens