Laser, drones et capacitĂ©s spatiales : le modèle d’aide sĂ©curitaire qui se dessine entre IsraĂ«l et les États-Unis dĂ©voilĂ©

Pendant un an et demi, le ministère de la Défense et la division de planification n’ont pas seulement travaillé à tirer les leçons opérationnelles et militaires de la guerre. Ils les ont aussi examinées à l’échelle de la sécurité nationale, jusqu’à la gestion des stocks et leur capacité de résistance au niveau de l’État, en passant par la question de la dépendance envers des fournisseurs étatiques en cas de situation d’urgence.

Parallèlement, les équipes du ministère de la Défense, dirigées par le directeur général, le général de réserve Amir Baram, œuvrent conformément à la politique du premier ministre Benyamin Netanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz pour transformer le modèle du mémorandum d’entente sur l’aide sécuritaire américaine, en le faisant passer du statut de « soutien » à celui de « partenariat ».

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Un mémorandum historique, mais en fin de course

Le mémorandum d’entente américain est censé garantir à Israël une certitude budgétaire et stratégique. Il fixe à l’avance le montant de l’aide financière annuelle que les États-Unis s’engagent à transférer à Israël pour ses acquisitions sécuritaires, et permet à Tsahal et au système de défense de planifier des achats pluriannuels, comme des projets de long terme portant sur l’achat d’avions, de systèmes de défense antiaérienne, d’intercepteurs, de munitions ou de véhicules.

Le mémorandum actuel, signé en 2016 sous la présidence de Barack Obama, est entré en vigueur en 2019 et doit s’achever le 1er septembre 2028. Il s’agit du plus grand mémorandum de l’histoire des États-Unis avec un pays étranger, avec une aide s’élevant à environ 3,8 milliards de dollars par an.

Cette aide se compose de deux volets : un premier, le FMF (Foreign Military Financing), d’un montant de 33 milliards de dollars sur une décennie, et un second, le BMD (Ballistic Missile Defense), de 3 milliards de dollars destinés au financement partagé des systèmes de la Fronde de David, de la Flèche et du Dôme de fer.

Le mémorandum comporte également un volet sensible permettant de convertir une partie des dollars de l’aide sécuritaire américaine en shekels, utilisés pour des acquisitions de fabrication israélienne, un volet qui, selon des estimations de sources de la division de planification, devrait être totalement supprimé.

Vers un partage technologique plus large

Les discussions préliminaires entre les deux pays ne se sont pas concentrées uniquement sur la réduction du budget, mais aussi sur la transformation du modèle lui-même, de manière à en faire bénéficier les deux pays. Sont notamment examinées des coopérations technologiques, par exemple dans le développement de systèmes laser, de systèmes de défense multicouches contre les drones et d’intelligence artificielle sur le champ de bataille, dans le but de réduire la dépendance aux subventions américaines directes et de renforcer les industries de défense des deux pays.

Les discussions portent également sur l’approvisionnement en situations d’urgence, en contraste avec l’embargo imposé par l’administration de Joe Biden, notamment dans le domaine des munitions et des bulldozers. À l’inverse, Israël sert de « laboratoire en temps réel » pour les technologies américaines sur le champ de bataille, et contribue à leur développement et à leur production.

Walla a appris que la stratégie israélienne, qui prend en compte une baisse progressive de l’ampleur de l’aide sécuritaire américaine, comprendra une demande d’accès technologique privilégié à la sixième génération, la levée des barrières à l’exportation pour les technologies et systèmes développés et fabriqués conjointement avec les États-Unis, ainsi qu’une stabilité pluriannuelle du modèle, afin de permettre une continuité dans la planification de la construction de la force, un point critique pour le système de défense israélien.

Par ailleurs, de hauts responsables du système de défense cherchent à élargir le partenariat global : investissement bilatéral dans des systèmes d’armement, développement et production conjoints aux États-Unis et en Israël, sur le modèle de ce qui existe déjà pour les systèmes de défense antiaérienne. Selon des sources de Tsahal, « si le volet de l’aide diminue, le volet du partenariat augmentera ».

Walla a également appris que dans le cadre des discussions communes entre le ministère de la Défense et Tsahal d’un côté, et leurs homologues américains de l’autre, les parties ont commencé à évoquer un partenariat dans de nouveaux domaines où les États-Unis ont un intérêt manifeste à investir dans le développement et la production.

Sur ce point, les responsables israéliens estiment que les Américains détourneront leurs investissements des lourds systèmes de défense antiaérienne vers de nouveaux domaines où Israël dispose d’un avantage comparatif net et d’ »actifs technologiques », déjà mis en évidence pendant la guerre ou lors d’essais avancés.

Il a également été appris que les Américains ont un intérêt à prendre part au développement et à la production dans ces domaines, non seulement dans divers moyens de combat et le laser, mais aussi dans le domaine du spectre, de la cybersécurité, de l’exploitation des capacités spatiales et d’autres domaines classifiés.

Dans le mois à venir se tiendront de nouvelles réunions d’équipes de travail communes entre les deux parties, afin de déterminer quels seront les principaux domaines sur lesquels se concentrera ce partenariat. En toile de fond figure une proposition soulevée la semaine dernière au Congrès visant à arrêter complètement l’aide sécuritaire actuelle, et non de manière progressive. Selon les évaluations, cette question devrait être abordée lors d’un échange entre le président américain Donald Trump et le premier ministre Benyamin Netanyahou.

Pour prolonger la lecture sur les relations de défense entre Israël et les États-Unis, notre rédaction avait déjà couvert le dossier des F-35 destinés à l’Arabie saoudite et les garanties américaines envers Israël, ainsi qu’une analyse plus ancienne sur les contours souhaitables d’un pacte de défense américano-israélien.