Eyal Zamir a dĂ©mis l’officier du renseignement de la division de Gaza au matin du 7 octobre — qui refuse de partir

Le chef d’Ă©tat-major de Tsahal, le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Eyal Zamir, avait tranchĂ© il y a plus d’un an dĂ©jĂ  : le lieutenant-colonel A’, officier du renseignement de la division de Gaza au matin du massacre du 7 octobre, devait ĂŞtre dĂ©mis de ses fonctions. Mais l’officier concernĂ©, lui, refuse toujours de partir — et pour l’instant, il y parvient avec un certain succès.

Cette figure est dĂ©signĂ©e par les enquĂŞtes internes et les commissions d’expertise comme l’un des responsables directs d’un Ă©chec retentissant : celui de n’avoir ni prĂ©parĂ©, ni empĂŞchĂ© la percĂ©e du Hamas sur le territoire israĂ©lien ce matin-lĂ . La commission d’experts dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral de rĂ©serve Sami Tourjeman, chargĂ©e d’examiner les dĂ©faillances de l’armĂ©e, avait conclu sans dĂ©tour que la division de Gaza, sous la couverture renseignement de cet officier, avait Ă©chouĂ© Ă  mener les processus d’analyse en profondeur nĂ©cessaires pour dĂ©tecter les changements de comportement de l’ennemi, et Ă  relever le niveau d’alerte en consĂ©quence. La commission avait recommandĂ© sa dĂ©mission immĂ©diate du service.

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C’est sur cette base que le chef d’Ă©tat-major Zamir avait annoncĂ©, fin novembre 2025, une sĂ©rie de sanctions visant plusieurs officiers supĂ©rieurs ayant exercĂ© des responsabilitĂ©s de commandement au moment du 7 octobre. Contrairement Ă  la plupart des officiers concernĂ©s, qui avaient dĂ©jĂ  quittĂ© l’armĂ©e avant mĂŞme l’annonce des conclusions ou s’y Ă©taient pliĂ©s sans contester, le lieutenant-colonel A’ est restĂ© seul, au sein de l’ensemble du dispositif opĂ©rationnel du 7 octobre, Ă  mener une bataille juridique acharnĂ©e contre son limogeage, refusant d’assumer une responsabilitĂ© de commandement et de se retirer de son plein grĂ©.

Selon les Ă©lĂ©ments qui ont Ă©mergĂ© de cette procĂ©dure, l’officier — fils d’un gĂ©nĂ©ral de rĂ©serve — est un diplĂ´mĂ© du parcours d’Ă©lite « Havatzalot ». EntrĂ© en fonction en mai 2023 en tant que responsable du renseignement de la division de Gaza, il avait Ă©tĂ© exposĂ© au plan d’attaque dĂ©taillĂ© du Hamas, connu sous le nom de « Mur de JĂ©richo ». Il avait pourtant Ă©cartĂ©, dans une sĂ©rie d’e-mails, les avertissements prĂ©cis d’une sous-officière experte de l’unitĂ© 8200, qui alertait sur le fait que l’ennemi s’entraĂ®nait concrètement sur le terrain selon ce plan. Il avait qualifiĂ© le scĂ©nario d’infiltration de « totalement imaginaire ».

Face Ă  la procĂ©dure de renvoi engagĂ©e Ă  son encontre, l’officier a saisi le tribunal des affaires administratives, rĂ©clamant l’accès Ă  l’intĂ©gralitĂ© des enquĂŞtes, informations et documents ayant servi de base Ă  l’avis rendu contre lui — y compris les procès-verbaux, les documents, les enregistrements et les entretiens menĂ©s par les responsables des enquĂŞtes, notamment ceux rĂ©alisĂ©s avec lui-mĂŞme. Il a Ă©galement exigĂ© que l’officier de l’Aman et le chef du renseignement militaire lui communiquent l’ensemble des enquĂŞtes le concernant. Le tribunal a rejetĂ© ces demandes en mĂŞme temps qu’il rejetait sa requĂŞte principale.

Dans son recours, le lieutenant-colonel A’ s’est plaint de ce que le chef d’Ă©tat-major Eyal Zamir ait choisi de le dĂ©mettre du service en donnant, selon ses propres termes, « une couverture juridique Ă  l’exĂ©cution d’un limogeage illĂ©gitime et sans autoritĂ© ». Il a soutenu que ni le chef d’Ă©tat-major ni son adjoint n’avaient l’autoritĂ© pour procĂ©der Ă  une telle destitution, celle-ci relevant selon lui exclusivement du chef de la direction du personnel. Il a Ă©galement mis en doute la lĂ©gitimitĂ© de la commission consultative rĂ©unie pour examiner son limogeage, affirmant que sa convocation n’Ă©tait qu’une façade destinĂ©e Ă  lĂ©gitimer une dĂ©cision dĂ©jĂ  entachĂ©e sur le plan Ă©thique, administratif et professionnel, dont l’issue Ă©tait connue d’avance — pointant notamment le fait que la composition de cette commission ne comptait aucun expert du renseignement.

Le tribunal des affaires administratives a rejetĂ© l’ensemble de ces arguments, permettant Ă  l’armĂ©e de poursuivre immĂ©diatement la procĂ©dure administrative visant Ă  mettre fin Ă  son engagement. Ă€ la demande de Tsahal, le tribunal a Ă©galement levĂ© l’interdiction gĂ©nĂ©rale de publication qui pesait jusque-lĂ  sur cette procĂ©dure judiciaire.

MalgrĂ© ce rejet, l’officier n’a pas renoncĂ©. Sa dernière dĂ©marche en date est un recours dĂ©posĂ© devant la Cour suprĂŞme siĂ©geant en Haute Cour de Justice. Du cĂ´tĂ© de Tsahal, on indique dĂ©sormais qu’une commission doit se rĂ©unir dans les prochaines semaines pour statuer sur la levĂ©e dĂ©finitive de son contrat d’engagement.

Sur le chef d’Ă©tat-major Eyal Zamir et la manière dont l’armĂ©e continue de porter le poids du 7 octobre, notre article sur sa rencontre avec la famille du lieutenant Hadar Goldin illustre cet engagement de mĂ©moire qui accompagne, en parallèle, les sanctions visant les responsables des dĂ©faillances. Pour suivre l’ensemble de notre couverture de l’actualitĂ© sĂ©curitaire israĂ©lienne, retrouvez notre page d’accueil : https://infos-israel.news/